Prévenez les autorités de Providence (dans le Rhode Island) : on a retrouvé les 5 fugitifs évadés de l’asile, section ‘dangereux détraqués semant le chaos’. S’étant réunis tout d’abord au sein d’un groupe plutôt bon de Math – Metal, ces originaires de la même ville que les barrés de Arab On Radar – et ce n’est donc sûrement pas un hasard – s’adonnent désormais sous le nom trompeur de Daughters à du ‘ultra brutal grind influenced screaming chaos‘ comme le qualifie leur bio; et encore, c’est peu dire. Pour bien faire, il faudrait imaginer The Dillinger Escape Plan, accompagné d’Aphex Twin et guidé par The Locust tourner une suite à Cannibal Holocaust encore plus crue que l’original.

Si leur son est indescriptible, il crée en tout cas une violente dépendance. Et on sent que les Daughters s’y connaissent en dépendances de toutes sortes. En entendant à quoi ressemble leur rock n’ roll, on n’ose à peine imaginer ce quoi doivent donner les deux autres éléments de la trilogie sex, drugs and rock n’ roll… Nos cinglés doivent se taper des dizaines de filles par soir, les narines pleines de coke, l’estomac rempli à craquer d’acides et d’amphêts et l’alcool coulant à flots sur les corps en lutte (‘The Ghost With The Most‘). L’espace de 14 titres (les 4 derniers, un poil plus calmes proviennent d’un 7’ éponyme sorti auparavant) éructés aux tympans en un peu plus de 15 minutes (un vrai disque de grind quoi), les ambiances se succèdent, de plus en plus oppressantes, parfois adoucies par des samples électroniques de quoi juste reprendre son souffle pour ensuite replonger. Replonger dans une succession de riffs hypnotisants, de blasts déflagrants et de cris à mi-chemin entre l’hurlement et l’orgasme, scandant des phrases abracadabrantesques ou assez poétiques, c’est selon…(‘If every woman was a continent, I would be Napoleon‘.) Et si on pourrait croire que l’on a droit à un vrai bordel, il n’en est rien. Au contraire, le tout reste extraordinairement cohérent, souvent groovy à la manière de The Blood Brothers (‘Nurse, Would You Please Prep The Patient For Sexual Doctor‘), et donc terriblement addictive.

S’il ne risque de plaire qu’aux fans de The Locust, An Albatross et autres Some Girls, ‘Canada Songs‘ permet aux Daughters de s’afficher comme groupe référence en la matière aussi bien sur disque que sur scène, leurs deux prestations dernièrement données en France ayant pleinement convaincu du potentiel de nos chers détraqués.