Adema. Voilà un groupe que l’on prend un malin plaisir à critiquer à chacune de leurs sorties d’albums. Pour beaucoup, leur succès n’était du qu’au lien de sang unissant Jon Davis et Mark Chavez. Mais Voilà, Marky est parti, et son remplaçant est un gros inconnu qui n’a de lien avec aucune star du showbiz. Après un deuxième album aseptisé, on était en droit de se demander ce qu’Adema était parti faire chez Earache Records, un label underground réputé pour son intégrité. Et bien une fois n’est pas coutume, j’ai été surpris en bien, alors que je m’apprêtais à casser joyeusement ce CD…

Avant d’écouter ce disque, il convient d’oublier tous vos à priori sur Adema. Le groupe a effectué un virage à 180°, et le néo-métal ultra-soft entrevu sur ‘Unstable‘ n’est plus d’actualité. Adema a fait table rase du passé en optant pour un son bien plus rock que néo. Luke Caraccioli, le nouveau chanteur, ne possède certes pas le timbre si particulier de Mark Chavez, mais il compense par un registre bien plus large et une voix plus douce.

Evidemment, il ne s’agit pas de l’album du siècle, mais après le ratage de 2003, Adema est parvenu à se racheter une crédibilité avec quelques titres de haute volée. ‘Shoot The Arrows‘ et ‘Chel‘ figurent certainement parmi les plus réussis avec leur rock à la fois dur et entraînant. ‘Enter The Cage‘ et ‘Sevenfold‘, avec leurs intros de basse tooliennes, nous font quant à eux découvrir un Adema ambitieux et mystique, loin, mais alors très loin du style d’antan.

Rise Above‘ constitue la sempiternelle ballade acoustique, et si l’on peut lui reprocher un côté un peu trop soft, on ne peut que s’incliner devant la force du refrain… Ce morceau a d’ailleurs failli être le premier single de l’album, en lieu et place de ‘Barricades In Time‘, et je suis prêt à parier que ça aurait cassé la baraque sur les ondes US. Certains morceaux comme ‘Until Now‘, ‘Refusing Consciousness‘ ou ‘Better Living Through Chemistry‘ font par contre un peu tâche à côté de ceux que je vous ai cités plus haut, et la fin du CD en pâtit nettement.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les thèmes abordés par Luke ne sont pas toujours des plus réjouissants : dans ‘Tornado‘, il explique ainsi comment sa copine l’a trompée avec son meilleur ami, alors que dans ‘Remember‘, il rend hommage à la mère du bassiste Dave DeRoo qui est morte récemment.

Adema revient donc de loin, et rien que pour avoir réussi à survivre au départ de Marky Chavez, on peut les féliciter. ‘Planets‘ est un bon disque de rock, loin du côté mielleux de ‘Unstable‘. On pourra lui reprocher son côté parfois trop formaté et la présence de 2 ou 3 morceaux franchement dispensables, mais bon, Adema a quand même eu le courage de se remettre en question, et rien que pour ça, je leur tire mon chapeau. Tout n’est pas encore parfait, mais le groupe est clairement sur la bonne voie…