Settle The Score est un groupe allemand dont la création remonte à 1999. En ce mois de mai 2005, ils nous proposent leur deuxième album chez Alveran Records, et en toute logique, ce disque devrait leur apporter gloire et fortune (je sais, je m’emballe…).

La musique de STS est assez facile à catégoriser : ce groupe est clairement inspiré par le hardcore métal de Hatebreed, et la plupart des morceaux de ‘Five Knuckle Philosophy‘ auraient pu figurer (du moins musicalement) sur ‘The Rise of Brutality‘. Les compos sont assez brèves (2 minutes 20 en moyenne), et vont directement à l’essentiel, ce qui exclut donc la présence de tout solo. Si la voix éraillée et poussive de Matthias Nauen pourra en rebuter plus d’un, les riffs de guitare d’Andre Löpers devraient séduire un paquet de monde chez les amateurs de métal in your face. Malgré un style limité et des gimmicks répétés à outrance, Andre nous propose des riffs en palm mute qu’on écoute et réécoute sans jamais se lasser : rapides et généralement simples, ces derniers n’en sont pas moins d’une efficacité redoutable… Allez savoir pourquoi, Settle The Score a beau se répéter sur les 12 premiers titres, ça le fait vachement, et on en redemande tellement le disque est énergique et bien ficelé.

Pour une fois, la batterie n’en fait pas des tonnes et se contente de battre le rythme, sans abuser de la double pédale. Le rythme est donc rapide mais pas trop, toujours dans la veine de ce que nous propose Hatebreed. La production de Cuny (… non, pas de jeu de mots…) est l’un des points forts de ce disque : avec son gros son de guitare bien sale, elle me rappelle fortement ‘God Hates Us All‘ de Slayer (une référence en ce qui me concerne).

Finalement, pendant un peu plus de 31 minutes, le groupe enchaîne les morceaux de manière fluide, et les riffs se ressemblent tellement d’un morceau à l’autre qu’on peine parfois à différencier les chansons. Jamais de ma vie je ne pense avoir écouté un disque où tout était si uniforme et similaire… Le summum est atteint avec ‘Tears‘ et ‘Revenge‘, deux titres successifs qui possèdent exactement le même air de guitare ! A la limite, on s’en fout vu que ces deux morceaux comptent parmi les meilleurs du disque, avec leurs mosh parts absolument démentes. Car oui, des mosh parts super heavy sont évidemment de la partie, et ce dans chacun des 12 premiers morceaux : Settle The Score applique bêtement une formule qui marche, mais ça le fait vraiment, croyez-moi…

En fait, la seule bizarrerie du disque nous provient du treizième et dernier titre : ‘Down For The Count‘ me fait ainsi penser à du Eric Serra période Léon, auquel on aurait ajouté les claviers malsains de Cradle of Filth… Cet instrumental est une véritable réussite qui nous faire dire après coup ‘bah pourquoi ils ont pas été aussi créatifs et ambitieux sur le reste du disque ?

Settle The Score compte donc désormais parmi les ténors du hardcore métal européen. Ce disque, malgré sa simplicité évidente, fait assurément partie de mes meilleures surprises de ce premier semestre 2005. Vous pouvez donc vous jeter dessus, mais attention tout de même à la voix du chanteur, qui est tellement atypique qu’elle pourrait vite vous agacer.