Les Londoniens n’avaient pas la tache facile pour s’atteler au successeur de ‘Silent Alarm‘. Mais Kele Okereke et ses confrères ne sont pas tombés dans les travers du second album.

Des samples, des arrangements orchestraux, et le rythme militaire sur ‘The Prayer‘, premier single, sont des noveautés qui surprendront autant les fans que les détracteurs. La recette Bloc Party ne se perd pas pour autant : des refrains à la limite de la perfection qui dépoloient les troubles de l’âme humaine, des roulements que l’on redemande, des guitares toujours incisives mais néanmoins subtiles voire poétiques, force est de constater le génie du groupe. Bloc Party s’inscrit dans la lignée des grands groupes qui perdurent.

Bloc Party a évolué, Bloc Party a muri. Oui Bloc Party s’est un peu calmé en fait : on s’éloigne des tubes dont les radios se régalent mais cela n’en reste pas moins jouissif. Ceux qui avaient eu le plaisir de les voir en Live avaient déjà pu goûter aux morceaux planants. Les plus observateurs auraient donc pu prévoir cette mutation. Le groupe allie aujourd’hui n’écrit pas de balades, mais de réels voyages intergalactiques qui nous déposent sur terre, allégés de nombre de nos frustrations.

Kele Okereke se met également à nu sur cet album. En plus de faire partager ses inquiétudes le plus profondes quant à la jeunesse londonienne du East End, il dévoile aussi son homosexualité notamment sur le titre ‘Kreuzberg‘. On se voit hâpé dans les méandres pessimistes de l’esprit de Kere et chacun ne peut que ressentir la sincérité du chanteur.

Un peu comme The Arcade Fire en sortant l’excellent album Funeral, Bloc Party se détache de la scène indie un peu sperficielle pour devenir un groupe phare de toute une génération.

Il serait possible de discourir des heures de la qualité de cet album, mais les superlatifs viendraient à manquer. Une véritable bombe atomique qui va inspirer des centaines d’imitateurs (Fotos en Allemagne pour exemple). Bloc Partyn’est déjà plus un groupe, c’est déjà un véritable style.