Après quelques petits reports de date (mais quel groupe n’en fait pas?), Still Remains nous revient avec leur deuxième opus ‘The Serpent‘. Après un accueil plutôt remarqué avec ‘Of Love And Lunacy‘ qui leur a valu de bonnes séries de tournées avec des groupes comme Shadows Fall, Suffocation, Bullet For My Valentine, Poison The Well, les six trublions sont de nouveau rentrés en studio, ce coup-ci avec Steve Evetts (Hatebreed, The Cure) à la réalisation et Logan Mader (ex-Machine Head, ex-Soulfly) au mix (inutile de dire que la production est relativement béton).
La collaboration avec Evetts a été apparemment fort profitable au groupe puisqu’il les a poussés à se vider les tripes jusqu’à en être pleinement satisfait. Résultat des courses, on sent les gaillards plus sûr d’eux et plus accomplis. Ils ont clairement gagné en maturité et en agressivité. Le rythme général de l’album n’est pas franchement débridé mais suffisamment rentre dedans pour vous faire passer un bon moment. Malgré des passages très couillus et convaincants, d’autres passages plus calmes ont tendance à déservir l’ensemble car trop convenus et un peu ennuyants. Il est vrai que le mélange des deux styles n’est guère évident, ce que propose le groupe est relativement novateur : une juxtaposition d’éléments très métal/hardcore avec des choses plus légères, plus punk et ce petit côté pop apporté par les synthés. En gros, des fois ça marche, d’autre pas.
Le premier titre éponyme est une introduction instrumentale qui commence tout gentiment au synthé pour faire monter la pression avec les guitares et la batterie (Adrian Green vient souvent booster l’affaire grâce à sa double pédale, certes pas des plus rapides mais tout à fait implacable). On est tout de suite dans leur son particulièrement reconnaissable avec l’effet du synthé que je qualifierais de psychédélique et qui me rappelle quelque part du Muse. On rentre plus dans le vif du sujet avec ‘The Wax Walls Of An Empty Room‘ qui démontre bien cette alliance des genres : tout commence par un rythme assez engageant mais l’ambiance reste assez légère avec le clavier et la voix.
T.J. Miller se situe ici plus dans un registre émo/punk mais sait durcir son chant puis alterner les deux pour arriver à un break particulièrement jubilatoire au riff néo où il hurle ce Show me your scars! de la plus belle manière. Dans le même style accrocheur, ‘The River Song‘ avec son Calm down! n’est pas mal non plus. Malgré un départ un peu mollasson, le chant qui s’énerve redonne de la pêche (même si c’est pour se rendormir un petit peu avec le refrain); le rythme s’appuie de plus en plus avec la batterie et le chant hurlé pour finir le morceau de manière à la fois très pesante et catchy où les guitares viennent filer un coup de main à la batterie en soutien de ce fameux Calm down!.
Bon, même si je préfère ce qui est bourrin, je ne retiens pas que ça. ‘Anemia In Your Sheets‘ allie encore une fois une brutalité fort sympathique avec un refrain en voix claire et ce I’m your worst nightmare entêtant, le tout bien tenu par le synthé aux variations encore plus bizarres que d’habitude. Le solo à deux guitares est plutôt sympa car il change des solos habituels, corrects mais pas époustouflants. ‘Dropped From The Cherry Tree‘ est également de la même trempe, beaucoup de lourdeur, un rythme imparable à la double grosse caisse avec un refrain plus léger mais qui reste probant.
Stay Captive‘ quant à elle vient alléger le début de l’album avec un rythme plus punk californien, les guitares sont limite électro ce qui est peu courant pour du métal mais qui le fait tout de même.
On est moins à la fête quand la légèreté s’accroit, on arrive à des morceaux mous du genou qui parfois essayent de s’énerver comme ‘Maria‘ ou ce ‘Sleepless Nights Alone‘ à la guimauve. Avec ‘Dancing With The Enemy‘ et son refrain Dance With Me, je ne sais que trop dire. De but en blanc, ça peut paraître sympa mais il faut croire qu’ils ont pris de le mot dance au pied de la lettre pour nous balancer un rythme méga pop approchant le disco!
La fin de l’album est nettement meilleure avec ‘An Undesired Reunion‘. Après une petite intro tranquille à la guitare, le titre se révèle très intense, pas brutal mais avec la batterie et les guitares qui graduellement montent en puissance et des petites variations de voix fredonnables. Autre solo remarquable de l’album car inventif et plus recherché. La fin du titre à un je ne sais quoi de Nonpoint que je ne renierais pas.
Le dernier titre n’est pas le moindre, ‘Avalanche‘ est la preuve qu’en terme de couilles les gus ont des références. Le morceau arrache tout simplement, la voix est on ne peut plus rugueuse, bestiale, la ryhtmique vraiment engageante. Ici on rompt avec la tradition du ‘gentil’ morceau de fin, et c’est tant mieux. Si c’est ce qu’on est en droit d’attendre du prochain album, il se pourrait bien que je leur accorde plus de faveurs…