Vous ne le saviez peut-être pas mais concernant ce ‘Black And White Album‘, The Hives ont eu un mal de chien à le boucler ! Cherchant l’inspiration aux quatre coins du monde, le groupe est allé chercher l’inspiration de Miami à Stockholm en passant par Londres, allant même jusqu’à squatter 7-8 studios différents. On était donc en droit de se demander ce qu’allait donner ce nouvel album alors que le groupe fricotait avec le producteur Timbaland le temps d’un titre et qu’il annonçait la participation du super producteur de rap Pharrell Williams sur ce nouvel album.

Je l’avoue, je me voyais déjà reprocher au groupe une éventuelle redite musicale. Attention, ne vous y méprenez pas, j’adore The Hives, par contre, je me demandais s’ils allaient nous lâcher un disque uniquement composé de titres garage dont le rythme à tout casser n’aurait pu éviter la sensation de répétition stylistique. Et bien, pour la peine, le groupe me prend franchement à contre-pied !
Ho, je vous rassure, on n’échappe pas pour autant aux imparables et énergiques titres du groupe tel que le single ‘Tick Tick Boom‘, ‘Hey Little World‘, ‘Return the Favour‘, ‘You Got It All Wrong‘ ou encore ‘Bigger Hole To Fill‘ sur lesquels je ne reviendrai pas car c’est du 100% pur jus du groupe ! Les musiciens allant même jusqu’à agrémenter de choeurs certaines de leurs compos pour accentuer le côté péchu de ces compos. Discrets sur ‘Square One Here I Come‘, ‘Try It Again‘ vous donnera à coup sûr l’envie de saisir le balai de votre mère pour faire de l’air guitar avec ses choeurs féminins alors que ‘You Dress Up For Armageddon‘ prend des allures de titre enregistré dans un pub anglais.
Mais là où le groupe surprend, c’est sur le reste des titres. Ainsi, il sera même question de rythmes funk sur le titre ‘T.H.E.H.I.V.E.S.‘ produit par Pharell ‘Da Producer’ Williams. Même si le titre est intéressant dans l’idée de renouveler leur son, on a parfois l’impression d’écouter un remix du groupe, les instrus sont pourtant sympas, c’est même très caractéristique du producteur mais il manque ce petit quelque chose qui selon moi, aurait pu faire de ce titre un incontournable. Á titre purement personnel, il ne m’a pas marqué plus que ça et ce, malgré les nombreux éléments de qualité réunis, comme quoi… Autre titre produit par Pharrell, ‘Well All Right !‘ qui est cette fois plus en adéquation avec le registre suranné du groupe (seul me fait tiquer, et à chaque fois, le passage slow tempo en milieu de morceau).
Le groupe n’hésite donc devant rien, allant même jusqu’à claquer un titre tout instru (‘A Stroll Through Hive Manor Corridors‘) servi par une batterie franchement léthargique et un orgue hérité de l’époque des Beatles (oui, si on doit faire un rapprochement avec le titre de ce nouvel album, c’est bien avec eux). Surprenant aussi, le titre franchement électro ‘Giddy Up !‘, qui souffre d’une franche répétition. Entendre Giddy Up ! toutes les 2 secondes pouvant quelque peu fatiguer ! Ça m’a d’ailleurs fait penser à la récente et mauvaise électro des Bloodhound Gang… en un peu mieux, mais à peine. Ça, c’est un peu tout ce qui concerne les côtés négatifs de cet album, maintenant certains pourraient sérieusement tiquer à l’idée que le groupe propose autre chose que leur rock mené à 200 à l’heure alors que d’autres pourraient apprécier ces écarts de conduite.
Ceci dit et noté, on évite assurément une certaine lassitude d’écoute assez inhérente au reste des albums. Là, le groupe expérimente parfois de façon maladroite, parfois de façon plus surprenante et réussie. Citons le titre ‘Like A Puppet On A String‘ sans guitare ! Oui, oui vous avez bien lu, sans gratte. Juste un piano et ce qui semble être un xylophone pour les percus. Le titre semble pour le coup tout droit échappé d’un nouveau film d’animation de Tim Burton, déconcertant et pourtant pas dépourvu de charme. ‘Won’t Be Long‘ m’a aussi agréablement surpris avec ses accents musicaux quasi-japonais pour un titre très très dansant !

Vous l’aurez compris, ce nouvel album de The Hives va en contenter certains là où il va en décevoir d’autres. Pas forcément l’album que l’on attendait, pouvant parfois donner la sensation d’un manque de cohérence, il reste néanmoins le plaisir de retrouver les suédois les plus rock n’roll du moment avec une envie de surprendre assez rafraichissante, pas toujours juste, pour un album qui célèbre au passage les 10 années d’existence du groupe.