Bon, ici pas de concept, pas de chichi ni fioriture, Konk est un mauvais disque. Parce que pauvre mélodiquement, parce que les Kooks se placent en leader des gendres parfaits du rock, parce qu’il y a des balades insipides, des paroles pas très subtiles, le seul moment un peu musclé est pompier comme pas deux, la panoplie complète.
On pourrait presque stopper la chronique à ces impressions, voire au seul mot insipide. On rêve de pouvoir chroniquer comme dans le film Profs avec Bruel lors de cette magnifique scène où le prof de math possède trois tampons qui lui servent à faire ses appréciations : Bien, moyen, nul.

Ici ce serait nul.

Le premier Kooks était, oui on s’en doutait un poil, un coup pour rien. Comme le premier Razorlight, il exprimait une sorte d’urgence rock et de culture qui pouvait laisser espérer un avenir radieux. Comme ces derniers les Kooks ont choisi la facilité. Les Kooks ont pris 15 ans en deux ans. Ils sont assez roublards pour sortir un pourtant très bon single « Always where I need to be ». Mais se lancent ensuite dans une coquetterie anglaise qu’ils imaginent sûrement kinksienne période Village Green Mr Maker ») mais qui se révèle rapidement sans saveur et pourvue d’autant de personnalité qu’un distributeur de papier toilette. « Do you wanna » est d’une subtilité étonnante et propose un riff pompier ridicule comme on en trouve à foison dans les derniers Stereophonics, le tout saupoudré de paroles qui ne font pas non plus dans la métaphore cristalline… Sur « Gap », les jeunes gens de Brighton tentent le frisson à la Libertines accouplé à un refrain qui se crashe avant même le décollage. Il y a presque quelque chose de touchant là dedans, on pense à ce nageur à Eric Moussambani aux J.O de Sidney… « Love it all » est le gros morceau, la balade qui tue comme Oasis en sort de temps à autres mais sans magie et surtout, il faut expliquer à Luke Pritchard qu’il ne suffit pas de répéter 43 fois un refrain pour qu’il marque les esprits. On pourrait faire tout l’album comme ça mais on se contentera de signaler d’autres balades putrides (« Sway », « Shine on », le folk « One last time » presque toute la deuxième partie du disque !) et quelques vaines tentatives de rock qui feraient passer Cameron Diaz pour Katharine Hepburn.

Konk déçoit, montre un groupe pauvre en moyens, voire un pauvre groupe, qui n’offre même pas de lots de consolation, pas d’éventuel tube putassier ou de balades larmoyantes qu’on écouterait en cachette. Non, tout ici est insipide et insignifiant.