Il est toujours amusant de traîner sur les sites de fans. On y lit plein de trucs marrants. A croire que fan signifie oeillères, tout particulièrement lorsque sort un nouvel album précédé par un single un tant soit peu différent. C’est ce qui s’est plus ou moins produit avec dEUS et « The architect ». Des réactions à chaud amusantes voire touchantes parce que finalement si spontanées…

Vantage Point, cinquième album, montre et démontre une fois de plus la capacité de dEUS à se renouveler, ce qui relève du tour de force pour un groupe au statut aussi culte (c’est marrant comme bon nombre de groupes soi-disant cultes sont adeptes du surplace…). Que les apeurés de « The Architect » cessent de trembler, ce premier extrait n’est pas représentatif du disque en général. Cette livraison est résolument rock et pop, un peu dans la veine de Pocket Revolution. Tom Barman prend son temps pour poser un décor, souvent à l’aide de mélodies de basses accrocheuses comme du Peter HookFavourite game »), funky (« When she comes down ») ou mystérieuses (« Slow »), avant d’imposer des refrains souvent imparables quand ils ne sont pas violents (« Oh your god »). dEUS cultive une culture du refrain assez impressionnante sur Vantage Point, ils semblent venir de nulle part, un peu dégoulinant de synthés, mais arrivent toujours au bon moment, comme du Depeche Mode sur « Slow », sexy comme du QOTSA sur « Is a Robot », bouleversant sur les morceaux calmes. Les belges signent quelques titres plus pop très hauts dont un « Eternal woman » épelé comme « Gloria », « Velouria » ou « Friction », la marque des grands, d’ailleurs, d’une manière générale, Barman fait parti de ces songwriters qui offrent sa tournée à la santé de Marquee Moon depuis le début de sa carrière. La fin du disque est moins directement rock, plus pop (superbe « Smoker reflect » tout en apesanteur) mais qui coince parfois lorsqu’il tente trop gros, sur le final « Popular culture » par exemple, populiste envolée vers les étoiles qui se prend un peu les pieds dans le tapis rouge. Bizarrement, le seul vrai hic de Vantage Point est sa longueur, son problème étant que souvent, sur la première moitié du disque surtout, dEUS grille souvent toutes ses cartouches dans les deux premières minutes de ses chansons, d’où un sentiment, on hésite à sortir le mot tant il semble exagéré, d’ennuie sur tout ce qui dépasse les quatre minutes. Malgré cela, ces quatre minutes suffisent souvent largement à sauver le monde, Madonna et sa chanson de dégénérée mentale ne nous contredira pas sur ce coup-là.

Sans signer une grande oeuvre dEUS offre un opus plus qu’honorable, assez léger, qui ne marquera peut être pas autant que certaines gloires passées mais qui rassure : il y a toujours des groupes pour qui un refrain soigné et une mélodie travaillée resteront les seules obsessions. Ce qui force le respect.