Après Darkness Dynamite, un second blockbuster MySpace de metalcore frais et français débarque sur le webzine tout rouge : il s’agit d’Admirals Arms. Egalement parisiens, les cinq garçons, au look beaucoup moins putassier que leur potes premièrement cités, comptent bien faire parler d’eux en dehors du cercle myspacien avec ‘Cords & Colts‘, premier EP trois titres. Et pour ma part, c’était l’occasion de mieux connaître les auteurs de la ‘gentille’ musique d’accueil (a.k.a ‘Cords And Colts‘) du cliniquement mort bleedingheros (alors les gars, à quand la nouvelle monture du webzine ?).

Commençons par un élément qui est en passe de devenir une agréable habitude en France : la production est énorme. Nous n’avons plus rien, mais alors plus rien à envier aux américains et autres scandinaves. T’as vu ? Enregistré au Studio Saint-Marthe (AqME, Zuul Fx, Ed-Äke…), ce ‘Cords & Colts‘ expose un rendu sonore irréprochable. Tant mieux, cela rend les morceaux plus attractifs… Et permet à l’auditeur de tenir bon dans cette courte -mais très intense- avalanche de brutalité, qui à tendance à naviguer dans des eaux trop communes. En effet, la violence est archi-présente tout au long de ce petit quart d’heure.

L’amiral Hendrick vomit ses paroles de façons quasi-monocorde. Pas de cris porcins ni d’envolées chantées pseudo-héroïques, mais des paroles hurlées, proches du registre guttural, qui n’opèrent malheureusement que peu de variations. Mais malgré cette prestation nerveuse, on ne perçoit pas les thèmes clés de l’univers maritime : la tristesse quant à la mort de Jack Dawson dans Titanic, le choix d’Andy Serkis pour incarner le Capitaine Haddock dans l’ambitieuse adaptation cinématographique de Tintin par Spielberg, ou encore la cruciale réflexion sur une éventuelle homosexualité d’Olivier de Kersauson. Hum, passons.

Niveau riffs, c’est à l’image du chant : lourd, défonce-cervicale (l’immense et vacillante séquence du refrain de ‘Sepia‘) et maîtrisé, mais trop linéaire. Certes, sur trois titres, on ne peut pas forcément voir la capacité du groupe à sortir de ces schémas exclusivement nerveux, même s’il propose des plans bien plus barrés que le sempiternel couplet-refrain – ‘The Cavalier‘ est là pour le prouver. Mais sans tomber dans les travers pathétiques du metalcore | deathcore actuel -déchets vocaux dignes d’égorgements de truies, mosh-parts à outrance, insupportables parties plus ’emo’, et pose myspacienne- les jeunes amiraux semblent déjà mener leur barque de façon bien déterminée et extrêmement efficace. Reste à savoir si lors de leur prochain effort studio, les Admirals Arms persisteront dans cette veine et finiront par se noyer dans des flots d’écrasements sonores sans originalités, ou arriveront à introduire dans leur compositions l’étincelle qui leur permettront de jeter l’ancre dans cette mer métallique française en pleine ébullition…