Chère Science,

S’il est vraisemblablement un peu tôt pour juger des répercutions qu’aura le nouvel album de Tv on the Radio, c’est avec joie que nous annonçons ici, aujourd’hui, que ce disque est fantastique. Pour la petite histoire, les précédents efforts du groupe n’étaient guère convaincants, un peu trop fait d’une étoffe laissant les coutures trop apparentes, trop m’as-tu vu. Il n’en va pas de même avec celui-ci. Tv on the Radio a eu la bonne idée de composer de superbes chansons à la fois ambiantes, electro, funk, comme des escaliers montant vers un apogée émotionnel rappelant le Radiohead de la grande époque… Tu sais, Radiohead, ce groupe qui nous emmerde profondément aujourd’hui. Mais surtout tes grandes chansons sont directes car la première écoute hypnotise et les suivantes prolongent la fascination. Pourtant la Science… Des formules compliquées en général. Non, toi, tu es une Science quasi parfaite, une démonstration qui touche à l’artistique.

Science, chère science, on ne pourra jamais assez te remercier pour un morceau comme ‘Halfway Home‘, prenant et parano (et accessoirement ‘DLZ‘, comme si les Dust Brothers avaient composés des chansons pour Fight Club à la place de leur techno froide épate gamins), pour ces ballades carrément bouleversantes (‘Stork and owl‘ comme du Elbow, le formidable ‘Family Tree‘), les morceaux funky qui sonnent comme Beck dans ses moments les plus inspirés (‘Crying‘, ‘Golden Age‘) et ce morceau mélancolique comme du Air, ‘Love dog‘… Toutes les chansons que tu offres pourraient être décortiquées en détails, tu t’adaptes à toutes les situations : la soirée bobo chic, la déprime nocturne, la sortie en milieu urbain, idéal pour emballer, bande son de baston… Quand on pense que certains s’emmerdent encore avec Bjork, Cocorosie ou Unkle et autres saloperies du genre alors que tu es là, toi et tes chansons, tes refrains célestes, ta mirifique production de Dave Sitek qui était déjà le héros dans l’ombre de l’album de Scarlet Johansson… Ici sa production n’a rien du plein sonore de ce dernier, non, ici il y a de l’air. Ce doit être pour cela qu’on s’envole vers de plus hautes sphères.

Pour tout cela, merci, nous tâcherons de ne pas t’oublier pour les classements de fin d’année car c’est pantois qu’on retourne, encore, écouter tes petits miracles…