Lu dans un site voisin : « Attends, Kings of Leon, ils sont huge en Angleterre ». Au delà de la fantaisie linguistique, on ne peut qu’admettre la véracité de ce propos : les Kings Of Leon sont même fucking huge en Angleterre et ce depuis l’album précédent ‘Because of the times‘. Pourtant pour beaucoup, les Kings Of Leon sont des affreux vendus depuis cet album qui les a vu opérer un virage rock mainstream voire MOR pour stades, justement. Les amateurs de rock sudiste (genre qu’il faut bien avouer facilement détestable pour peu que ‘Sweet home Alabama‘ vous file de l’urticaire ) des deux premiers albums ont regretté cette approche disons plus -attention roulement de tambour on s’apprête à lâcher le mot qui tue…- commerciale.

Et ce n’est pas ce ‘Only by the night‘ qui va changer la donne. La mutation des ploucs en icônes de mode pour Glamour et FHM se ressent dans leur musique. Le disque est ambitieux, assez sombre, on lit ici et là le terme cold new wave. L’ouverture ‘Closer‘ confirme, lente mise en jambe atmosphérique très réussie à la The Cure, tout comme la suite ‘Crawl‘ à la basse limite indus autour de laquelle se colle et se décolle un mur de guitares saturées rappelant le A Perfect Circle du second album. Bonnes impressions jusqu’au moment où débute le single ‘Sex on fire‘. Le moment M, le tube actuel, moite… et totalement guimauve, bande son idéale d’une pub pour capote, ou pour chewing-gum. Ce single racole comme du U2 et fait mouiller la bande FM. A peine cette horrible pensée nous a-t-elle atteinte que U2 fait son entrée chez les Kings of Leon. ‘Use Somebody‘, probable prochain single dans l’axe du Mal Coldplay/U2 au gimmick vocal désolant et horripilant, le tout dans un inévitable écho et une ambiance pub L’Oréal, cheveux aux vent. A partir de ce moment, l’album varie entre inutilités de bonne aloi et horreurs. Un ou deux morceaux de lover qui souffre (‘Manhattan‘), beaucoup de chansons pour filles (‘17‘ va faire mouiller de la groupie), des morceaux généralement pop aux mélodies facilement mémorisables, voire obsédantes (à ce titre le single ‘Sex On Fire‘ est un poison dangereux) mais le plus souvent fades. ‘I want you‘ tente bien de faire renaître les Pixies mais reste trop appliqué, limite parodique.

On l’aura compris, ils sont donc loin les barbus qui puaient la bière tiède, on a maintenant un groupe à la barbe taillée avec précision et qui sent le Calvin Klein en récitant l’évangile selon U2. Album certifié carton, ‘Only by the night‘ ravira les lecteurs de FHM et les programmateurs radio mais laissera sur le carreau l’auditeur plus exigeant. Kings Of Leon, bientôt dans dans Closer au bras d’actrices quelconques.