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Pour ceux qui ne seraient pas au courant, Jack Johnson est actuellement en tournée dans l’hémisphère sud. Il en profite donc pour faire un petit détour par la Nouvelle-Zélande, pays pas bien grand il faut l´admettre.

Avant de vous parler du concert en lui-même je pense qu’il est important de décrire la culture musicale Néo-Zélandaise. Ici 90% des radios diffusent du rock, bien sûr il y a beaucoup de pop mais bon… il faut bien se faire un peu d’argent. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir que Jack Johnson est un phénomène sur l’île des Kiwis. Il est tout aussi connu que Ben Harper, si ce n’est plus, et pendant les trois semaines qui ont précédées ses concerts à Auckland, Wellington et Christchurch, on a pu le voir presque tous les jours à la télé et l’entendre deux, trois fois par heure (non là j’exagère) à la radio.

19h00 heure locale, c’est l’automne depuis un mois mais tout le monde se ballade en t-shirt et en tongue. Le soleil plonge dans l’océan qui fait face à la salle de concert, le décor est planté. J’arrive donc devant cette salle, le Town Hall Auditorium, muni de ma plus belle chemise à fleur (sur les conseils de Jye) et de mon appareil photo. Je découvre alors que le public Néo-Zélandais est très discipliné. En effet, là où les français auraient formé un énorme tas devant la porte pour essayer de rentrer en premier, les kiwis eux forment une longue queue qui serpente jusque sur les quais de Wellington. Environ 2,000 personnes s’étaient procurées les fameux tickets pour le concert.

19h15, je rentre donc dans ce petit théâtre, impatient de découvrir les deux groupes qui ouvrent le concert de Jack Johnson. Un quart d’heure plus tard, un petit blondinet apparaît, il a des allures de Kurt Cobain avec ses cheveux long et sa barbe. Il s’assied et on découvre avec la lumière un dispositif sur scène impressionnant, comportant trois didjéridoos, une grosse caisse, un djembe, une percu Aztèque, une stomp box et sur ses genoux, une Weissenborn, la guitare emblêmatique de Ben Harper. Un homme orchestre à l’australienne auquel il faut encore ajouter une guitare à douze corde, une guitare électro/acoustique à 6 cordes, un harmonica, un banjo, des maracas, des petites clochettes aux chevilles et sa voie bien entendu. Je m’attendais à voir arriver les autres membres du groupes mais il commence à jouer seul et là c’est une étonnante bombe qui explose et qui fait bouger le public. L’homme est petit et assis mais il dégage une énergie incroyable. C’est un mélange de reggae, drum and bass et de musique aborigène, sa voie est fantastique, claire et grave à la fois, une voie un peu black, inspirée de chanteurs reggae sans aucun doute…Son nom est Xavier Rudd et il est vraiment étonnant. Il profite du concert pour nous apprendre qu’il se bat pour les droits des aborigènes (c’est tout à son honneur) et qu’il a pour habitude de jouer pendant des heures planqué derrière ses instruments. Il faut savoir qu’il a sorti 4 albums dont deux live, le dernier en date, “Solace” est autoproduit (la vie d’artiste est dure) mais déjà disque de platine au pays des kangourous. Universal qui passait par là a décidé de lui signer un contrat, on devrait par conséquent le retrouver en Europe dans un avenir très proche. Un artiste à découvrir absolument donc…seul petit bémol parce qu’il en faut toujours un, sa musique peut parfois sembler un peu répétitive, même si les variantes sont bien là. Le public a apprécié et ovationne le jeune artiste australien qui à son tour nous salue sous les couleurs du drapeau aborigène.

Après cette révélation, c’est au tour de G-love and Special Sauce d’entrer sur scène, G-love (Garett Dutton de son vrai nom) a rencontré Jack Johnson lors de l’enregistrement de son premier album. Il a notament écrit la chanson “Rodeo Clown” pour ce dernier. Le groupe est américain (Philadelphie) et bien entendu un peu hors normes. Si le style vestimentaire du groupe est étonnant, un peu punk, un peu rétro, un peu classe, le style musical est…inattendu. J´appellerai ça du rap’n’roll, un peu comme le fait Java mais avec des influences plus old school, comme Buddy Holly ou Elvis. C’est étonnant et sympathique et je pense que les groupes d´aujourd´hui devraient s’inspirer d’eux et surtout se rappeler que dans Rock’n’Roll il y a “roll”…Là encore, le public est ravi et acclame le groupe, je suis surpris de voir que le public Néo-Zélandais donne autant d’importance aux premières parties et j’ai même un peu peur pour Jack Johnson

Pas pour longtemps, car quand les lumières s’éteignent, et avant même son entrée sur scène, le public devient hystérique (comme à la plus belle heure de Patrick Bruel), j’ai même vu des mecs pleurer à la fin du concert…Bref, le parquet tremble et les fans hurlent, Jack a l’air un peu gêné, il prend sa guitare et enchaîne directement sur une chanson de son dernier album, “Never know“, s’ensuivra un très long concert – environ 2H30, sachant que ses album durent en moyenne 45 minutes – durant lequel il jouera à peu près tous ses morceaux, jonglant avec ses albums et alternant morceaux funky (“Staple It“, “Mud Football“…) et des morceaux plus calmes (“Dreams be dreams“, “Constellations“, “Sexi Plexi” à laquelle il rajoutera un couplet où il parle d’une certaine Rosie…). Il fera briller son clavier, qui d’ailleurs, jouera de l’accordéon sur “Belle“. Jack traduira même les paroles de cette chanson ce qui aura le mérite de faire rire le public. Il jouera aussi avec un yukulele electro-acoustic (oui, oui), histoire de rappeler qu’il est né à Hawaï. On découvre un homme simple et humble, qui ne se prend pas la tête mais qui à un charisme à en faire pâlir les plus grandes gueules du Rock, il est le reflet exact de sa musique, cool. Pour le bouquet final, il nous a préparé une petite surprise en faisant monter sur scène un petit jeune qui vient de Philadelphie (le monde est petit) et qui va interpréter “Bubble Toes” avec Jack. La chanson dure et on se rend compte que le jeune américain est en fait un…rappeur, surprenant. Il rap, il joue de l’harmonica, de la guitare, et c’est même lui qui va présenter les membres du groupe (en rappant s’il vous plaît).Le groupe quitte la scène et bien entendu Jack a le droit à son rappel, le parquet ne tremble plus, il semble s’écrouler, tout le monde hurle et applaudit, incroyable, et dire que ce mec est à peine connu en France. Enfin, il revient et interprète 4 chansons dont la superbe News à laquelle, là encore, il rajoute un couplet qui semble être improvisé. Le public averti apprécie, “On and on“, “Symbols on my driveway” et enfin une chanson de son dernier album, “Better Together“.

Le concert est fini, Jack saute dans le public, remonte sur scène puis disparaît… La magie aura opérée, à vrai dire j’avais un peu peur de m’ennuyer pendant le concert et en fait j’ai découvert un nouvelle facette de l’artiste qui le rend encore plus attachant. Il nous a fait voyager sur sa petite île natale avec ses mélodies à la fois langoureuses et énergiques, ses sons qui vous font entendre les vagues sur les plages de sable fin, il m’a étonné par sa technique musicale et son sens du rythme, il nous à fait rire et frissonner. J’ai dit que j’avais eu peur pour lui parce que les deux groupes précédents étaient très bons mais il a une présence sur scène, une certaine assurance qui font la différence entre une star et un musicien quelconque. Non, cette fois il n’y a rien à dire M. Johnson je vous tire mon chapeau de paille.

Un grand merci à Michael pour cette review de concert made in New Zealand.
Plus d´infos Néo-Zélandaises sur son très réussi blog.