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C’est lors de la première tournée du groupe en France que Visual Music a sauté sur l’occasion de pouvoir rencontrer les Blood Brothers, portés aux nues depuis la sortie de “Burn, Piano Island, Burn” véritable chef d’oeuvre en matière de post-hardcore. C’est Cody Votolato, guitariste du quintet, qui répond à nos questions et nous confirme tout le bien que l’on pensait déjà des Blood Bros.

Vous venez ici pour promouvoir le prochain album ou le dernier en date, “Burn, Piano Island, Burn“?
Les deux en quelque sorte. On joue surtout de nouveaux morceaux, mais aussi des anciens donc…

Quelle est la réaction des gens quand ils écoutent vos nouvelles compos?
Ca dépend : quelquefois c’est très chaotique, les gens bougent et dansent comme des dingues. Et d’autres fois, ne sachant pas à quoi s’attendre, ils restent statiques et nous regardent jouer.

Comment se fait-il que vous tourniez avec les Liars, vous étant issus d’une branche plus hardcore?
C’est parce qu’on s’apprécie beaucoup mutuellement. De plus, je trouve beaucoup plus intéressant le fait de tourner avec des groupes qui ne sonnent pas vraiment comme nous. Et comme nous n’avons pas le même public, le nôtre étant plus branché hardcore et plus jeune, cela nous permet de jouer devant un public qui ne nous connaîtrait pas autrement.

Tourner avec des groupes qui partagent plus ou moins le même public que vous, comme lors du Warped Tour, ne vous tenterait donc pas vraiment?
Non, en effet. Même si nous n’avons rien contre les groupes qui y jouent -on en apprécie même certains-, ce n’est pas un truc fait pour nous. Un festival comme le Lollapalooza, plus éclectique, nous attire davantage. On ne veut pas non plus d’une scène énorme comme pour Metallica. Le Warped Tour n’est pas typiquement fait pour nous en fait.

Trop de groupes pop-punk y jouent?
Peut-être bien. Et pourtant je suis un fan de pop-punk. Certains groupes hardcore comme Taking Back Sunday ou Thursday y partagent l’affiche, mais je ne sais pas, c’est une question de feeling. On adore Thursday avec qui on a joué, ce sont des gars épatants, mais je ne sais pas…

Pour le nouvel album, pourquoi n’avoir pas travaillé à nouveau avec Ross Robinson?
Une des raisons était qu’il travaillait au même moment en Angleterre avec The Cure. Et on tenait vraiment à travailler avec John Goodmanson qui a fait du très bon boulot auparavant (NDR : Hot Hot Heat, Blonde Redhead…). On en a parlé à Ross et il n’avait rien contre.

Vous ne semblez pas très satisfaits du travail effectué par le label pour le DVD “Jungle Rules Live” vu qu’il s’agit d’une commande de maison de disque (DVD live du groupe dispo en import)?
En effet, on l’aurait agencé autrement. Mais il reste une bonne introduction pour les gens qui ne nous connaîssent pas, comme en Australie par exemple.

Vous comptez en sortir un autre?
Je ne sais pas, nous n’en avons même pas évoqué l’idée entre nous. Mais probablement pas d’ici un certain temps.

Comment se passe la composition d’un morceau chez les Blood Brothers?
De manière très intuitive en fait. On n’y réfléchit pas trop. Personnellement, je n’y connais rien au solfège. C’est donc sur l’instant, comme on le sent. On se rassemble et chacun apporte ses idées, selon son instinct.

Et vous prenez des drogues pour arriver à un résultat pareil?
Non non, no drugs. Même si on n’est pas straight edge… On ne consomme pas de substances pour être plus productifs! (rires)

Vous êtes des génies, en somme…
(rires) Oh, merci beaucoup!

Et comment faites-vous pour dégager une telle énergie sur scène?
Je ne sais pas… peut-être qu’on a tous un don! (rires)

Quelle est selon toi votre plus grosse influence? Moi, je penserais à Refused, période “The Shape Of Punk To Come“…
Refused, tu as dit Refused? Non pas du tout. Pourtant tu n’es pas le premier à le dire, tout comme At The Drive-In. Mais je trouve que nous snnons différemment. Refused avait tendance, et le faisait très bien, à passer d’un genre à l’autre: un passage électro, puis hardcore pour finir sur une outro jazz. Nous, de notre côté, essayons de faire fusionner toutes ces influences.

J’ai lu dans un numéro d’Alternative Press que tu étais très ouvert en termes d’influences, justement, pour tes parties de guitare?
Oui effectivement. Cela va de sons électroniques à la world music, je n’ai pas vraiment de limites.

En fait vous partageriez avec Refused la même façon de composer ou le même background musical?
Peut-être bien. Mais je ne peux pas vraiment l’expliquer…

C’est bien ce qu’on dit, vous êtes des génies…
(rires) Je n’oserai jamais me qualifier ainsi, mais on essaye juste d’être honnêtes, de jouer comme on le ressent.

Des exclus à propos du prochain album, des titres de morceaux?
L’un s’appelle “Beautiful Horses“, un autre s’appelle… je n’arrive pas à m’en rappeller… je peux néanmoins vous dire que l’album s’appellera “Crimes“. Il y aura 13 morceaux, je crois, et il sortira courant septembre.

Vous ressentez une quelconque pression depuis le succès de “Burn Piano Island Burn“?
Non, pas vraiment. On ne souhaite pas être célèbre, on veut juste continuer à jouer la musique qu’on aime, rester cool…

Et tu ferais quoi aujourd’hui si tu ne jouais pas au sein des Blood Bros?
C’est dur à dire. Je crois que je serais skateur professionnel; j’ai fait du skate étant plus jeune. Mais la musique resterait mon principal centre d’intérêts. Tous mes amis, ma petite amie travaillent dans le monde de la musique. Elle tient définitivement une part entière dans ma vie.

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment, comme groupes?
Against Me qui sont excellents et avec qui on va tourner aux U.S.A. Les Liars bien sûr… The Workmen, le dernier Modest Mouse… Mais je n’écoute pas de sons vraiment récents en ce moment. Sur mon iPod trainent des vieux titres, notamment de Yann Tiersen, la B.O. du film…(cherche le nom)

Probablement “Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain“?
Oui, exactement! J’aime beaucoup à la fois le film et la musique. C’est magnifique!

Les Liars ont mis leur dernier album en libre téléchargement sur le net, ton avis là-dessus?
Nous ne sommes pas contre, cela reste un bon moyen pour se faire connaître. Je suis sûr que l’on trouve des morceaux à nous sur le net, donc de toute façon…

On n’a oublié d’évoquer les paroles dans vos chansons… le message n’est pas toujours très simple à interpréter….
Oui c’est très métaphorique. Ca peut être un peu déroutant, mais il faut juste y consacrer le temps qu’il faut afin de de bien tout comprendre.

Sur votre site web, vous parlez de “terrorisme américain“…
La manière avec laquelle notre pays impose sa culture et de fait en dévaste certains, tout cela… enfin, vous voyez ce que je veux dire….

Les paroles de vos chansons sont porteurs d’un message politique?
Oui, tout à fait, à la manière de Johnny et Jordan (NDR : les deux voix du groupe), c’est-à-dire très de manière métaphorique. Rien que le titre du prochain album “Crimes” est très équivoque. Il sera d’ailleurs plus direct mais tout aussi intéressant.

Merci à Laure et à Cody de The Blood Brothers