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C’est l’histoire d’un concert annoncé avant la pandémie, longtemps vu comme un phare dans le silence du confinement. Le report et l’annonce d’un live acoustique. La tristesse de l’annulation d’Envy. La joie de l’annonce de GGGOLDDD. Fin de l’histoire, enfin on y était.

Jo Quail

La salle est déjà plongée dans l’obscurité quand je passe les portes de l’Élysée Montmartre. Seule sur scène, Jo Quail frotte et frappe le squelette d’un étrange animal marin. Un violoncelle, des boucles et quelques effets suffisent à l’anglaise pour nous faire entrer dans sa sombre rêverie.

Alors qu’on est enfin bien dedans, elle nous annonce que malheureusement :

« Il ne me reste plus qu’un morceau mais c’est un long morceau. »

Et d’ajouter en riant :

« Ils m’aiment beaucoup chez Prog Magazine. »

Vous l’aurez compris, on est loin du gimmick reprises de metal au violoncelle. On retrouve dans ses boucles la répétition tendant vers la transe propre aux groupes de post-choses avec qui elle partage souvent la scène.

Après cette très bonne première impression on essayera la prochaine fois de ne pas en manquer une minute.

GGGOLDDD

La salle est pleine pour GGGOLDDD. Si on en croit les acclamations à leur arrivée sur scène, on dirait bien qu’ils étaient attendus.

N’ayant aucunement le temps de niaiser, le groupe enchaine les tubes issus de « Why Aren’t You Laughing? ». Gros murs de guitares post et rage contenue.

 

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Le public électrique désormais acquis Milena Eva annonce l’entrée dans la seconde partie du set : « This Shame Should Not Be Mine ».

Il s’agissait à l’origine de la performance de GGGOLDDD au Roadburn Redux l’an dernier. Un spectacle particulièrement émouvant même s’il n’avait pu être vécu qu’à travers un écran. On avait appris quelques jours plus tard qu’il constituerait finalement le prochain album du groupe.

Sorti la veille, inutile de dire qu’on était assez impatients d’enfin voir en vrai les chansons de ce concept album. On ne rappellera pas ici son histoire, vous pouvez la retrouver là. Toujours est-il que le fait qu’il ait été écrit pendant le confinement joue sur les morceaux. Thomas Sciarone lâche la guitare pour passer derrière les machines. La batterie se fait principalement électronique et les guitaristes se trouvent par moments un peu désœuvrés.

Il en résulte une prestation dépouillée et l’impossibilité de se dérober face à la profonde sincérité du propos. Les mots sont parfois crus et on n’ose imaginer le courage qu’il faut pour se raconter aussi simplement, en laissant de côté le masque que leur son heavy aurait permis. L’émotion était palpable et les gorges serrées. Enfin la mienne en tout cas, j’ai pas vérifié celles des autres.

 

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Allez écouter « This Shame Should Not Be Mine », c’est probablement l’album le plus important de l’année.

 

Amenra

Place enfin aux headliners pour un concert électrique annoncé quand même en novembre 2020. Le groupe a même eu le temps de sortir un nouveau mix de « De Doorn », c’est dire. Mais le suivant n’est pas encore là et on aura donc l’occasion de pleinement profiter de cette livraison.

Le tripode s’illumine en fond de scène, puis on entend quelques cris de joie lorsque résonne un caractéristique « Clouk ! Clouk ! ». Pourquoi ? Parce que les fans aguerris ont ainsi compris qu’on allait avoir droit à une ouverture sur « Boden », ouverture fort classe s’il en est.

Et ça enchaine direct sur le classique « Razoreater » avec un Colin furieux le nez dans le public. On est alors entièrement satisfaits et on peut donc rentrer chez nous.

 

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Sauf que la liste de ce soir est particulièrement bonne et qu’il aurait été dommage de rater ça.

Du dernier album Amenra a choisi de retenir les deux pièces centrales « Het Gloren » et « De Evenmens », assez représentatives de par leur alternance entre lourdeur et phases spoken word. Ces phases se suivent et s’entremêlent si naturellement qu’elles font maintenant pleinement partie du son du groupe.

A la basse on retrouve désormais Tim De Gieter (Doodseskader), qui s’est d’ailleurs chargé de l’enregistrement de « De Doorn ». Il semble avoir enfilé Amenra sans même y penser et le groupe lui va comme un Gand. Une mention spéciale pour ses backing cris d’écorché vif.

Difficile aussi de parler de « De Doorn » sans évoquer Caro d’Oathbreaker qui participe à tous les titres mais n’est pas présente sur la tournée. On l’excusera : elle habite en ce moment aux États Unis. Particulièrement sur « De Evenmens », on entend distinctement son absence. Vivement la tournée américaine.

On retiendra aussi le bel enchaînement violence Mass III et IIII avec un petit « TerZiele » se fondant dans un déchirant « Am Kreuz », histoire de prouver qu’on n’oublie pas les bases.

Le concert s’achèvera sur le tant attendu « A Solitary Reign » suivi de l’excellente surprise « Diaken ». Deux titres au chant clair particulièrement exigeant, dont Colin s’acquittera sans sourciller. L’époque des premiers concerts de « Mass VI » où il n’osait pas tenter « A Solitary Reign » semble aujourd’hui bien lointaine.

 

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Amenra n’a rien perdu de la puissance de ses débuts et gagné un son plus riche de par les expérimentations de ces dernières années. Longue vie à eux.