Si 2015 était une belle année de merde, 2016 en est la digne héritière. Pourtant musicalement, il y a eu de quoi faire. De belles rencontres en interviews, encore d’excellents concerts et un premier semestre nettement plus soutenu que le second pour la partie studio. Tout de même une quarantaine d’albums écoutés au total, sans compter les 12 travaux d’Omar Rodriguez-Lopez dont j’ai perdu le fil à la moitié du marathon. Dernière remarque avec une observation géo-politique : énième revers de la victoire de Trump, on risque de se manger bien des apartéssur son mandat entre deux titres. Et ce, pendant 5 ans de concert et ça, ça fait bien chier.

Une bonne partie des noms cités ci-dessous t’invitent à lire le report ou le chro qui va avec. N’hésite pas à suivre les lettres rouges donc ! Si tu veux un résumé, écoute ça, ça vient de Spotify et ça récap’ mes morceaux les plus écoutés cette année toutes cuvées confondues. Mais comme je mange pas mal de chair fraîche tu y retrouveras pas mal de nouveautés !

Top albums 2016

Depuis I’m In Your Mind Fuzz, on s’attendait à ce que King Gizzard envoie à nouveau la sauce. Avec Nonagon Infinity, ils n’ont pas fait semblant avec un album presque « trop » bourrin. De retour pour 5 disques en 2017, on peut déjà être sûrs qu’ils ne sont pas prêts d’abandonner leur trône de rois du psyché fun et délirant…

Bowie est sorti par la grande porte avec une claque dans la gueule, placé à la première position dans mon cœur. Des clips cryptiques, une ambiance délétère et des titres profonds à la double lecture inattendue jusqu’à ce triste jour du 11 Janvier. Espérons que le maître ait encore quelques perles à nous partager post-mortem. Spotify m’avait assuré en 2015 que suite à l’expo David Bowie Is…, c’était l’artiste que j’avais le plus écouté l’an passé. Il en a sûrement été de même cette année. Il va nous manquer, c’est déjà le cas et près de 10 mois après son décès sa mort paraît toujours surréaliste.

DIIV a enfanté dans la douleur un pavé de 17 morceaux, marqué du sceau des Sonic Youth et de The Cure. L’un des disques les plus cohérents de l’année, ayant résisté à de très nombreuses écoutes. Anecdote tout de même, Zachary Cole Davis est quand même le seul artiste à ne pas avoir de set prédéfini et qui en finit par demander ce que le public veut entendre. Ca peut sembler drôle pour un mec qui a 2 albums en stock mais c’est une initiative à saluer dans une industrie où 99% des gens ont un set robotique fixé sur des rails quelque soit la date.

Une voix entre Ian Curtis, Bauhaus et Morrisey et une teinte plus eighties/cold wave tu meurs. Dit comme ça, on ne peut pas dire que Gold Class respire l’originalité. Mais il ne faut pas chouiner et juste s’incliner quand le travail est bien fait. Comme les Savages en 2013, ou Viet Cong l’an passé, ce créneau rétro  fonctionne toujours. Un groupe avec des chansons proprement exécutées, emballées dans un album ayant sacrément tourné dans mon Spotify en cette fin d’année. Merci encore à cette fabuleuse invention qu’est la playlist des Découvertes de la Semaine pour m’avoir permis de les connaître.

Si la mort de Bowie était affreusement douloureuse, ce cher Iggy a fait passer la pilule comme il a pu : avec classe, patate et beaucoup de bruits. Une tournée magnifique, un album plaisant et déroutant et surtout un grand merci à un monsieur dont l’efficacité n’est pas arrêté par le poids des années. Allié à mon rouquin préféré, il a su quelque part se réinventer et surtout nous faire marrer et ça, c’était pas gagné.

L’année en morceaux

Un morceau né du live se retrouvant sur album sans perdre de son énergie et de sa fureur. Des demoiselles si jouissives à voir live que leur disque en paraîtrait presque fade avec le temps. Espérons qu’elles gardent cet équilibre entre titres poings dans la gueule et longs morceaux basés sur une excellente base rythmique et non seulement sur les textes de Jehnny Beth comme amorce l’éponyme Adore Life.

Au-delà d’un Sunlit Youth peut-être trop lisse et forcé diront certains dans sa tentative d’ouvrir le son des Local Natives, je salue ici la sympathie d’un groupe qui a tout de même su pondre un album pop décent : une denrée rare cette année. Si vous ne connaissez pas, je vous conseille tout de même le précédent et excellent Hummingbird, un disque aussi beau que juste. Mais en attendant, savourez la très Glass Animals des bons jours : “Jellyfish”.

Manipulator m’avait scotché, Emotional Mugger m’a fait bandé. Une violence, une folie et encore une fois un live complètement cintré où le Cabaret Sauvage était un vrai repère de viande saoule enivrée. Bordel Ty, qu’est-ce que tu vas encore nous sortir l’année prochaine ?

On m’a jugé sur ma passion pour les Warpaint, notamment à cause de leur dernier single “New Song”. Je vous invite donc à écouter les autres morceaux (“Whiteout” & “So Good” pour ne pas les nommer) afin de retrouver tout l’intérêt des compositions entêtantes de ses demoiselles entendus aussi dans Heads Up.

Allez, la plus grosse surprise pour moi c’est les RHCP. Disparu de mon radar depuis les années lycée et Californication, j’ai entendu dans The Getaway un disque plaisant. Pétri à la fois de tout ce qui fait qu’on aime et déteste ce groupe, il ajoute aussi une prod moins lisse et quelques sorties de route agréable. Appelez-le plaisir coupable mais il a définitivement passé du temps dans ma salle de bain et pendant l’été et si on me l’avait dit avant sa sortie, je pense que je serai encore en train de me marrer rien qu’à y penser.

Les lives de 2016

Vivre à Paris, c’est être bien trop gâté par la scène musicale et j’ai vraiment du mal à choisir parmi les concerts des King Gizzard, de Father John Misty, le retour barge d’At the Drive In, d’un énième show des Savages ou ce Grand Rex jubilatoire et orgasmique d’Iggy. Sans compter que Ty Segall m’a mis aussi une énorme baffe, tout comme James Murphy et son LCD Soundsystem enfin vécu pour de vrai et putain les larmes n’étaient pas loin. Malgré la catastrophe qu’est We Love Green.

Non vraiment, merci Paris.

Coup de coeur de fin d’année : le Pitchfork Festival. Avec une programmation très variée, cohérente et consistante, ce week-end n’a pas démérité avec de belles claques pour Shame et surtout l’immense show d’Explosions In The Sky qui s’est classé peut-être dans le top de ce que j’ai vu depuis 3 ans. On n’en dira pas autant de la faible édition de Rock en Seine. Petite parenthèse sur le show dantesque des Young Fathers à San Francisco vu lors d’un voyage aux US : un concert maboule pour une foule orgiaque. Rarement vu un truc pareil.

Les flops de 2016

2016 s’est finie en eau de boudin. Quasiment tous les albums que j’attendais à partir de septembre se sont viandés et au final, j’obtiens presque un flop 10 qui pue la défaite avec certains de mes chouchous dans les exécutés. Un bilan décevant dont je ne me souviens pas pareil équivalent ces dernières années. Bat For Lashes, Jagwar Ma, Glass Animals, Childish Gambino m’ont tous déçus pour des raisons différentes : trop de concept, une formule trop diluée et une propension générale à la mollesse. Trop de groupes cools et éclectiques passés dans la case anecdotique. Si on ajoute l’album indigent de Primal Scream, la lourdeur des Suuns, un The Kills manquant de fièvre et le chiant BADBADNOTGOOD, ça commence à faire beaucoup. On pourrait aussi citer le somnifère de Radiohead mais comme ils reviennent de King of Limbs, on peut parler de progression.

Enfin, l’un de mes groupes préférés a passé son temps en s’infiltrant parmi Bloc Party, El Vy et Pfarmers. Au vu de leur actualité bordélique, Menomena a sûrement joué ses dernières notes en 2013 et c’est bien dommage.

Les attentes de 2017

Queens of The Stone Age bien sûr.
LCD Soundsystem et At the Drive In, juste derrière.
Grizzly Bear peut-être, quand leur leader arrêtera de parler politique.
Un retour en trombes de GhinzuPhoenix & Arcade Fire ?
Le premier album des sympathiques DBFC ? (COUCOU Rouliane)
Koi Child, que je viens de découvrir hier via le top de Lolu. Il comblera les lacunes des Childish Gambino & BBNG annuels pour le créneau hip-hop/jazz.
Shame, parce que le talent n’attend pas le nombre des années et ces jeunes cons nous l’ont déjà prouvé par deux fois déjà. Reste le premier album pour confirmer.
Si déjà on a ça, et en plus en live, ce sera déjà pas mal. Si on ajoute les interviews de ces gens (OUI JOSH HOMME JE NE TE LACHERAI PAS), le priapisme peut être une grande cause nationale 2017.