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Bring Me The Horizon, c’est un peu le groupe “je t’aime moi non plus”.

Longtemps décrié, les critiques et fans du genre ont réussi à accorder leurs violons avec Sempiternal, avant-dernier album du groupe et improbable chef d’œuvre.
Puis That’s The Spirit est sorti et c’est reparti, comme en 14. Plus pop, plus consensuel, l’opus est pourtant très bon quand on le prend pour ce qu’il est, à savoir un album de rock alternatif. Enterré le grind et autres routes sinueuses du hardcore, BMTH a enfin trouvé son identité et nous offre un album intéressant et très travaillé, n’en déplaisent aux quelques bien pensants.
C’est dans ce contexte que le groupe a entamé une énorme tournée que l’on peut qualifier de “mondiale” tant l’étendu des pays visités est hallucinante depuis la sortie de That’s The Spirit. Bring Me sera passé par trois villes en France dont Paris, pour une soirée placée sous le signe du chaos dans lequel j’y ai laissé (avec plaisir) quelques plumes.

Une semaine après leur passage en Europe, Bring Me The Horizon participait au fameux Teenage Cancer Trust, festival se déroulant au Royal Albert Hall visant à récolter des fonds pour soutenir l’association Teenage Cancer (elle accompagne les adolescents et jeunes adultes atteint de cancer).

Sortez les violons

Oui, vous avez bien lu, le Royal Albert Hall, cette salle mythique qui accueille rien de moins que le plus grand orgue d’Angleterre. Alors pour l’occasion, BMTH a évidemment sorti l’artillerie lourde en s’accompagnant d’un orchestre symphonique. Autant dire que c’était un peu LE concert à ne pas manquer, et certainement l’un des plus grands grandioses de la carrière du groupe. Impossible donc, pour ma part, de ne pas en être.

Pour ouvrir la soirée, PVRIS avait fait le déplacement. On a connu meilleure prestation, la fatigue se faisant grandement sentir après plus d’un an sur les routes. Le charisme de Lynn Gunn reste pourtant intact, celle-ci se donnant comme un beau diable en enjoignant la salle à se lâcher sur les tubes pop-électro que sont My House ou St. Patrick. Ce sera également l’occasion d’entendre le nouveau single du groupe, You and I, très efficace et entêtant.

Mais la salle était là pour BMTH, c’est indéniable. Après une intervention de plusieurs acteurs du Teenage Cancer Trust ainsi qu’un film expliquant les actions de l’association, il est 21h et les lumières s’éteignent.

L’orchestre entame alors une introduction particulièrement intense qui donne le ton de la soirée : sensibilité et grandiloquence sont au rendez-vous. Bring Me The Horizon entre sobrement sur scène, tout de noir vêtu. Les premières notes de Doomed résonnent, le refrain arrive vite et là, c’est la claque. L’orchestre et le groupe sont en harmonie parfaite et l’acoustique du Royal Albert Hall permet de profiter au maximum des arrangements symphoniques, donnant une dimension totalement nouvelle aux chansons de BMTH. Des exclamations de joie éclatent un peu partout et la torpeur est globalement de mise pour la majorité d’entre nous. Je mets quelques minutes à en sortir tant le choc auditif est immense. La chair de poule est continue et cela fait honnêtement un paquet d’années que je n’avais pas ressenti cela.

Cette impression d’assister à un moment unique persistera tout au long du concert. Le public, d’une ferveur rare, donnera beaucoup pendant cette heure et demi, scandant les gang vocals avec une telle force que les chœurs resteront quasi inaudible. C’est une véritable communion à laquelle BMTH participera avec une joie tout à fait perceptible.

Les titres s’enchaînent, quasi tous extraits de Sempiternal et That’s The Spirit. La setlist en soit ne laissait aucune surprise à l’exception d’Avalanche et Oh No, jouées pour la première fois en live et It Never Ends, OVNI de la soirée qui a ravi les plus vieux fans. Pour le reste, c’est un enchaînement de tubes qui se déversent sur le Royal Albert Hall, titres qui prendront toute leur ampleur lors de ce live. Chaque intervention de l’orchestre, disons-le clairement, laisse sur le cul et je redécouvre chaque morceau comme si c’était la première fois que je les entendais : plus de corps, plus de prestance, plus de puissance. Des cuivres par-ci, des percussions plus puissantes par-là, un violon qui s’échappe, des chœurs qui prennent aux tripes, des cloches qui sonnent le glas du salut musical : le chainon manquant a enfin été rajouté pour parfaire la musique de plus en plus grandiloquente de Bring Me The Horizon.

La transformation la plus marquante aura certainement été Antivist, LA bombe de la soirée. Difficile d’imaginer ce titre dans ce cadre (on songeait plutôt à Hospital For Souls, tristement absente du set) et pourtant, quelle perte cela aurait été ! Avec une orchestration arabisante dantesque, la chanson avait des allures d’apocalypse, impression qui avait été ébauchée sur Empire (Let Them Sing) et ici magnifiée. Difficile de décrire l’intensité de ce moment. Restent le hurlement d’Oli, “WALL OF DEATH” et les violons tendus à l’extrême qui font monter la tension jusqu’à l’explosion finale, jouissive.

 

Drown terminera la première partie dans la ferveur générale, les paroles de la chanson ayant une dimension particulière compte tenu du thème de la soirée. L’émotion est palpable et atteindra son paroxysme durant Oh No, seule chanson du rappel. Le public, totalement conquis, d’un seul homme, reprendra les chœurs du titre avant que BMTH, larmes aux yeux, quitte définitivement la scène.

Au final, des moments marquants, le concert en est farci. Émettre une critique objective de ce show incroyable serait peine perdue, même s’il y a évidemment des choses à redire comme la non-performance vocale d’Oli ou la quasi inexistence des autres membres sur scène. Mais tout a déjà été dit sur ces points, inutile d’y revenir et il est certainement plus pertinent de se concentrer sur le ressenti général de cette performance unique en son genre : On a plus que kiffé, et c’est tout.

Le concert a été filmé et bénéficie d’une sortie (prévue pour septembre) sur plusieurs supports (CD/Vinyle/DVD/Blu-Ray), tout au profit du Teenage Cancer Trust. Pour le précommander, c’est par ici.