Comme tous les ans, Thee Oh Sees y sont allés de leur tournée mondiale. Leur passage en France se ponctuait (entre autre), d’une escale à La Cigale en ce qui concernait la date parisienne. Chacun de leur live est l’occasion de se rendre compte à quel point à 40 ans passés, John Dwyer met la branlée à tous les jeunes wannabe rockeurs du moment. Anti-héros parfait du garage psyché d’aujourd’hui, l’homme au marcel rayé et au bermuda, armé de sa Gibson SG transparente allait nous le prouver une fois de plus. La sortie récente de l’excellent A Weird Exits, servait également de justification au changement d’une setlist pourtant bien établie depuis plusieurs mois. Un anti-héros parmi les plus influents du moment, deux batteurs et un bassiste aux pieds-nus, voilà ce qui nous attendait ce soir là. Mais pas que.

 

Dans un premier temps, il revenait à Magnetix d’ouvrir les hostilités. A peine installé au premier rang que Looch Vibrato et Aggy Sonora entraient en scène. Batterie, guitare/voix et pédales fuzz. Et de se poser la première question de la soirée : comment peut-on faire autant de bruit à seulement deux? La fuzz fuse et la rythmique obsède. Les riffs s’enchaînent et mine de rien, on en veut plus. Il faudra aller chercher du côté de Born Bad Records pour les plus curieux et intéressés. Le couple balance un garage puissant pendant environ 30 minutes avant de laisser la places à nos amis de la côte ouest.

 

Pendant un peu plus de 30 minutes suivant cette mise en bouche plutôt séduisante, on assistera à la mise en place des instruments par Thee Oh Sees eux même. DIY jusqu’au bout. On branche, on joue, on repart. Les lumières s’éteignent de nouveau, et nous voici face à Dwyer et sa bande. Les choses sérieuses commencent.

“The Dream” ouvre le bal tambours (x2) battants et la place squattée au premier rang et laissée malgré nous pour se retrouver éjecté par le public environ dix mètres derrière. L’énergie des californiens est folle, l’ambiance est moite, et le public déchaîné. Les deux batteurs de l’actuelle formation (Ryan Moutinho et Dan Rincon) s’en donnent à coeur joie et martèlent leurs fûts avec une précision impressionnante. Ce qui nous aura probablement le plus marqué et l’accélération du tempo par rapport aux morceaux version album. On comprend mieux en les voyant se défoncer de la sorte pourquoi le groupe joue 1h15 et s’en va sans rappel.

Côté setlist, on passe également un bon moment. D'”I Come From The Mountain“, à “Toe Cutter Thumb Buster” en passant par “Dead Energy” ou des plus récents “Encrypted Bounce” ou “Plastic Plant“, il y a finalement peu de place pour reprendre son souffle. Et que dire de ce final? Une version étirée à 17mn de “Contraption/Soul Desert“, qui laissera d’ailleurs Ryan Moutinho déclarer forfait avant la fin du morceau, à bout de force.

Certaines mauvaises langues pourraient leur reprocher la fin brutale du concert, le fait de ne pas être revenu malgré un bordel monstre dans la salle pour leur retour, mais non, rien n’y aura fait, fidèles à eux mêmes, ils auront tout donné, tout d’une traite, 1h15 de folie absolue, une débauche d’énergie folle, et encore une fois, on aura pris une sacrée claque. De celle qui donne envie de tendre l’autre et de s’en reprendre une le plus vite possible.