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En 2022 on a fini par atteindre le monde d’après mais certaines choses ne changent pas : quand Messa sort un album, vous pouvez être sûrs qu’on le retrouvera parmi les œuvres qui marqueront l’année. On a donc profité de leur venue au Hellfest pour aller discuter avec (de gauche à droite) : Sara (chant), Alberto (guitare), Marco (basse) et Rocco (batterie).

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La tournée

Comment se passe la tournée ?

Sara : On a eu de très bons retours. Les tournées nous avaient manqué. Bien sûr ça a parfois l’air de montagnes russes et c’est une expérience puissante, mais on en a bien profité et tout s’est bien passé.

La tournée a commencé mi-avril, alors vous êtes passés juste après les dernières vagues d’annulations dues au Covid.

Sara : Oui, on a eu de la chance parce que si on avait organisé ça un mois plus tôt, peut-être qu’on n’aurait pas été en mesure de jouer. On est partis en tournée juste après, quand tout a commencé à se calmer, alors on a été chanceux de ce point de vue.

« Si on avait organisé ça un mois plus tôt, peut-être qu’on n’aurait pas été en mesure de jouer. »

En 2019 vous aviez déjà joué au Roadburn et au Hellfest mais cette année cela prend d’autres proportions. Au Roadburn vous avez donné un concert très spécial sur la grande scène et un autre plus petit au skatepark. Et cette fois au Hellfest vous n’êtes plus dans les premiers slots, vous avez droit à une heure complète un peu plus tard dans la journée.
Que ressentez-vous alors que votre public s’élargit ?

Marco : Evidemment on est super excités. La dernière fois qu’on a joué au Hellfest c’était vraiment…

Sara : Angoissant !

Marco : On était vraiment anxieux à l’idée de monter sur scène. Cette fois, je ne sais pas pourquoi mais on est plus détendus. Peut-être parce qu’on connait déjà les lieux et l’ambiance. Mais ça reste quelque chose d’important pour Messa, bien sûr.

Les instruments

A propos de votre nouvel album « Close », Marco, la dernière fois qu’on s’est parlés tu m’avais dit : « On verra ce que l’avenir nous réserve, peut-être qu’Alberto trouvera un autre instrument ».

Sara : Et il l’a fait, au final ! (rires)

Oui, il a trouvé plein de nouveaux instruments ! Comment ça s’est passé ?

Alberto : En gros, on voulait éviter de se répéter et le piano Rhodes, on l’avait déjà fait… Dès qu’on a compris que le thème de l’album serait le voyage, j’ai commencé à y réfléchir. J’aime beaucoup le flamenco et le musique méditerranéenne. Cette musique a presque un élément géographique. Dès que tu entends jouer un oud ou une mandoline, tu sais d’où vient ce son. Alors on a utilisé cela parce que c’est une musique très évocatrice, en particulier la musique arabe. On l’a utilisé pour faire voyager l’auditeur, et pour nous faire voyager par la même occasion.

En fait, j’ai un peu étudié le flamenco, mais je ne savais pas jouer de l’oud, alors j’ai demandé à son homme de s’en occuper. Et évidemment je savais déjà jouer de la mandoline vu que je suis italien. (rires)

C’est un peu la question de la poule et de l’œuf : est-ce que tu penses que tu as choisi ces instruments parce que tu avais déjà quelque chose de précis en tête, ou au contraire que c’est leur utilisation qui a influencé les compositions ? Ou les deux ?

Alberto : J’avais une idée en tête et j’ai utilisé ce que je connaissais pour la représenter. L’idée de la chanson est venue en premier, et pour la réaliser j’ai trouvé ces instruments.

Vous avez toujours un saxophoniste sur l’album, mais cette fois il ne s’agit plus de Lorenzo De Luca mais de Giorgio Trombino.

Alberto : Parce qu’on ne recherchait pas une approche jazzy. Lorenzo De Luca est un excellent saxophoniste. Il joue du bebop, il a le son de New York… Mais d’une autre côté Giorgio Trombino joue de l’oud et aussi du duduk. On voulait avoir son approche parce qu’il est familier des éléments arabes et orientaux, et il joue aussi du free jazz.

Il est dans deux groupes avec Sara : Sixcircles et Bottomless. Alors ça a dû se faire assez naturellement.

Sara : Bien sûr, mais je pense que sa présence nous a bien été utile. On ne lui a pas demandé parce qu’on le connaissait, mais plutôt parce qu’il était la personne capable de proposer ce qu’on recherchait. Comme le disait Alberto, il avait le genre d’approche qu’on recherchait.

Alberto : Et aussi parce qu’il avait les instruments. (rires) L’oud dont je joue est à lui, et le duduk aussi.

Et il était sur scène avec vous au Roadburn, non ?

Sara : Oui, exactement ! C’était un des trois musiciens invités qu’on a amenés.

Alberto : On avait aussi Alex Fernet à la mandoline et à la guitare acoustique. D’habitude il joue un genre de musique complètement différent. De la disco electronic 70’s funk. Mais c’est un ami à nous et un excellent musicien. J’avais un groupe avec lui, on jouait du prog rock 70’s.

Les autres projets

Alors faisons un petit détour dans cette interview pour parler de vos autres projets. Sara, tu as Sixcircles et Bottomless. Je crois que Rocco a sorti un album avec son groupe l’an dernier ?

Rocco : Il est sorti l’an dernier mais l’album date de 2015 et en gros le groupe a splitté deux ans plus tard alors on ne joue plus ensemble. J’ai un autre groupe de black metal avec le même bassiste et le même chanteur, et avec Giorgio Trombino à la guitare.

Sara : C’est le même cercle de personnes ! (rires)

Rocco : C’est une grande famille, tu vois ! (rires) Le groupe s’appelle Thysia, c’est un ancien nom pour un sacrifice aux dieux. Mais on n’a encore rien sorti. On est encore dans le processus de création.

Et toi Alberto ? Tu as quelque chose de prévu avec Little Albert ?

Alberto : Oui, avec moi-même. Je joue avec moi-même. (rires)

Sara : Non, pas juste avec toi-même ! (rires)

Alberto : Je veux dire, en quelque sorte, ces longs solos, c’est un peu comme se tripoter. Oui, j’ai un album avec ce groupe de blues. Il s’appelle « Swamp King » et on en a un autre de prévu. J’ai des chansons mais il faut encore que je les enregistre.

En fait j’ai beaucoup de projets en cours, mais ils ne sont pas tous assez avancés pour produire un album. C’était le cas pour certains mais l’album n’est jamais sorti alors…

Marco, est-ce que tu as des projets à toi ?

Marco : Nope. En fait, j’avais deux autres groupes avant de commencer Messa, mais je n’ai plus eu suffisamment de temps. J’ai un travail à temps plein. Je suis photographe et je fais des shootings pendant mon temps libre. Alors j’ai dû choisir entre faire deux mille choses mal, ou juste une… mal aussi. (rires)

Sara : Oh allez, non, c’est pas vrai ! (rires)

Marco : Mais oui j’aimerais faire des trucs plus tard, peut-être.

Le concept

La dernière fois tu m’avais dit que tu voyais le projet Messa comme une grande messe avec différentes étapes, chaque album représentant une étape du rituel. « Belfry » nous montrait une tour dans un lac, puis vous plongiez dedans avec « Feast for Water », l’élément de ce deuxième album étant l’eau.
Avez-vous continué de suivre ce chemin avec ce nouvel album ?

Marco : En fait, pas vraiment. Ce qui s’est passé ces deux dernières années était si puissant, ça a complètement changé notre point de vue. Le thème principal était le voyage parce qu’on était coincés chez nous. Alors on a un peu abandonné ce narratif. Il y a toujours un fil rouge entre les albums avec l’imagerie, les paroles, l’esthétique, mais le chapitrage s’est brisé depuis cet événement.

« Toute l’imagerie est partie de cette photo. »

Tu as dit que tu étais photographe et je crois que vous avez tous une passion pour la photographie alors ce n’est pas une surprise si la photo qu’on trouve sur la pochette de l’album est assez spécifique. Elle date des années 30, comment êtes-vous tombés dessus ?

Marco : En gros, on faisait des recherches et on a trouvé plusieurs idées, chacune complètement différente. Et on est complètement tombés amoureux de cette photo. À la suite de ça, on a commencé à développer l’idée du clip et le reste. Donc en gros, toute l’imagerie est partie de cette photo.

Mais vous aviez déjà les instruments que vous utiliseriez pour l’enregistrement à ce moment-là ?

Marco : Oui, en gros avant d’entrer en studio on a fait une préproduction. On a enregistré l’album deux fois. On l’a fait pour des raisons techniques principalement, mais aussi pour nous. Pour comprendre ce qui marchait et ce qui ne marchait pas. Répéter n’était pas suffisant pour ça.

Alors évidemment on connaissait l’ambiance de l’album et on savait ce que c’était. Pendant qu’on s’occupait de cet aspect musical, on cherchait la pochette de l’album.

Alors en poursuivant sur ce thème vous avez tourné le clip de « Pilgrim ». Certaines parties ont été tournées en France.

Marco : Oui, en fait la vidéo est divisée en deux lieux. Le premier a été tourné à la Dune du Pilat, parce qu’à cette période on était coincés en Europe. On voulait tourner cette vidéo en Egypte ou dans un autre pays où la production aurait été super compliquée. Alors on a cherché un endroit en Europe et on a fait ce qu’a fait Sergio Leone dans les années 60. Au lieu d’aller aux États Unis il tournait en Espagne, tu vois ? Alors on a fait la même chose en France.

Sara : Comme pour les vieux westerns. (rires)

« On a fait ce qu’a fait Sergio Leone dans les années 60. »

Marco : Au final, on était super excités de faire comme ça, faire semblant qu’il s’agissait d’un vrai désert.

Et la seconde partie de la vidéo a été tournée dans la grotte où on a enregistré certaines parties de l’album. C’est une grotte proche de notre studio d’enregistrement. On y a enregistré nos amis metalleux alors ça beaucoup de sens pour nous.

Sara : Les femmes qu’on voit réaliser le nakh dans la première partie sont la danseuse et chorégraphe Sâadia Souyah et d’autres filles avec qui elle collabore. C’était super cool de les avoir parce qu’elles ont vraiment donné vie à l’idée que nous avions.

Mais pour la seconde partie de la vidéo c’était vraiment cool de se rendre à l’endroit où on avait enregistré des parties de l’album pour passer un bon moment avec des amis… Je me rappelle qu’on avait passé du Morbid Angel… (rires)

Le message

Un des sous-textes de l’album est le voyage des migrants. Vos paroles sont toujours abstraites et ouvertes à interprétation. Mais certains d’entre vous viennent de la scène punk, qui est plutôt engagée politiquement. Est-ce que tu penses qu’il est possible de faire passer un message à travers Messa ou préfères tu rester très abstraite et au-dessus de tout ça ?

Sara : C’est une question très intéressante. Je pense que chaque action qu’on entreprend peut être politique. C’est moi qui écris les paroles au sein de Messa. Les gars m’ont toujours donné carte blanche et c’est toujours moi qui m’en suis occupé.

Je ne pourrais pas chanter à propos de quelque chose qui ne m’intéresse pas. Les paroles sont très personnelles et elles traitent d’événements réels. Ça peut être quelque chose qui se passe seulement dans ma tête, quelque chose qui se produit dans la vie d’une des personnes avec qui je joue… Ça peut venir d’un rêve, d’un livre que j’ai lu… Les étincelles qui créent une œuvre qui elle-même engendre autre chose sont infinies et c’est quelque chose de très beau et c’est dans la nature de l’art je pense. Un fait peut avoir différentes réponses, et rebondir de tellement de façons différentes qui restent ouvertes à interprétation.

Pour moi, jusqu’à présent j’ai pu parler de ce dont je voulais parler. De ce que je ressentais comme nécessaire. Alors je ne me suis jamais vraiment fixée de limites dans le sens où j’écris juste à propos de ce qui me frappe. J’écris beaucoup. J’ai des cahiers, des papiers… En gros j’écris partout, sur des bouts de papier, n’importe où…

Alors on pourrait définir ce que sont des paroles engagées qui n’auraient jamais été utilisées pour Messa, mais on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. Je me considère toujours chanceuse d’avoir une complète liberté d’expression et de parler de ce dont j’ai envie. Alors je ne poserai jamais de limites à cela, de la même façon qu’on ne s’est jamais posé de limites musicalement. Ce qui pour moi fait sens.

Pour moi la musique représente une complète libération. Bien sûr, cela doit être réfléchi, mais toujours libre, spontané et naturel. Sinon ce serait ennuyeux, enfin pour moi en tout cas. (rires)

« Pour moi la musique représente une complète libération. Bien sûr, cela doit être réfléchi, mais toujours libre, spontané et naturel. »

Arottenbit

Marco : Tu es super chanceux parce qu’on a aujourd’hui avec nous notre ingé son Otto, alias Arottenbit, qui joue de la musique électronique avec sa Game Boy. Il va jouer demain…

Otto : Sur la Hell Stage.

Alors parle nous de ce projet !

Otto : Les gars jouaient au Roadburn et je me suis glissé là-bas pour y jouer aussi. J’avais demandé au boss du Roadburn. Et là, au milieu du public, il y avait le boss du Hellfest en train d’écouter le concert. Et après il m’a dit « Est-ce que tu seras avec Messa à ce festival ? Est-ce que tu veux jouer ? » Et j’étais genre : « Ouais, c’est quoi le nom du festival ? ». Et il me réponds : « Le Hellfest ! » Et j’étais genre : « What the fuck… » (rires)

Curon

Sur la pochette du premier album on voit une photo de la tour de l’église sortant du lac de Resia. Je ne sais pas si vous avez vu, mais Netflix en a fait une série.

Sara : Je ne l’ai pas regardée mais j’en ai entendu parler.

Rocco : Ouais, la série s’appelle « Curon » ! Un ami à nous s’est occupé des lights pour la production.

Et vous n’avez pas essayé de leur placer un morceau de Messa pour la bande originale ?

Sara : Ils ne nous ont pas demandé alors… (rires)

Pour clore cette interview, un mot pour ceux qui iront vous voir demain au Hellfest ?

Sara : J’espère que vous apprécierez le voyage, on va faire de notre mieux !


Merci à Sarah de Him Media et à Messa !


ENGLISH VERSION

The tour

Hi guys, how was the tour so far?

Sara: The response was very nice. We missed going on tour. Of course it’s like a rollercoaster and a deep experience but we really enjoyed it and everything went smooth.

It started mid-April so you went just after the last waves of cancellation from Covid.

Sara: Yeah, we were lucky because if we had the tour planned a month earlier, maybe we wouldn’t have been able to actually perform. We went on tour just after a while, when everything started to get smoother so we were lucky from this point of view.

« If we had the tour planned a month earlier, maybe we wouldn’t have been able to actually perform. »

In 2019 you already played Roadburn and Hellfest but this year it gets a bit bigger. At Roadburn you played a very special show on the big stage plus a smaller one at the skatepark. And this time at Hellfest You’re not playing the first slots, you’ve got a full hour later in the day.
How does it feel to get a wider audience?

Marco: Of course we feel super excited. The last time we played at Hellfest was really…

Sara: Nerve wracking!

Marco: We were really nervous about going on stage. This time, I don’t know why, we’re kind of chilling. Maybe because we already know the place and the vibe. But it’s an important thing for Messa, of course.

The instruments

About your new album “Close”, the last time we spoke, Marco, you jokingly told me “We’ll see, maybe Alberto will find an other instrument”.

Sara: He did, in the end! (laughs)

Actually yes, he found many new instruments! How did that happen?

Alberto: Basically we didn’t want to repeat ourselves and the Rhodes piano, we already did that… As soon as we found that the main theme of the album would be the journey I started thinking about it. I really like flamenco and Mediterranean music. This music almost has a geographic element. As soon as you hear an oud playing or a mandolin, you know where that sound comes from. So we used that because it’s an evoking sounding music, especially Arabic music. We used it to make the listener travel and make us travel as well.

Actually, I studied a bit of flamenco, but I didn’t know how to play the oud, so I told her man to play it. And of course I already knew how to play the mandolin because I’m Italian. (laughs)

Chicken and egg question: do you think that you already knew what you wanted for the album, so you picked those instruments, or did the instruments inspire the composition? Or both?

Alberto: I had an idea in mind, and I used what I knew to represent it. So first came the idea of the song, and to make it happen I came up with these instruments.

You still have some saxophone on the album, but this time it’s not Lorenzo De Luca, it’s Georgio Trombino.

Alberto: Because we didn’t want a jazzy approach. Lorenzo De Luca is a really great saxophone player. He plays bebop, New York stuff… On the other hand, Georgio plays the oud and the duduk as well. We wanted his kind of approach because he knows the Arabic and eastern elements and he also plays some free jazz.

He’s in two bands with Sara: Sixcircles and Bottomless. So it probably came very naturally.

Sara: Of course, but still I think that his presence was very useful. We didn’t ask him because he was an acquaintance that we have, but more because he was the person that could do what we were searching for. As Alberto said, he was there because he has the kind of approach that we were looking for.

Alberto: And also because he had the instruments. (laughs) The oud that I play is his oud, and the duduk as well.

And he was with you on stage at Roadburn, right?

Sara: Yeah, exactly! He was one of the three persons that we brought with us as guest musicians.

Alberto: We had Alex Fernet as well, on mandolin and acoustic guitar. He actually plays a whole different kind of music. He plays disco electronic 70’s funk. But he’s a friend of ours and a great musician. I had a band with him, we played 70’s prog rock.

The other projects

So let’s take a quick detour in this interview and talk about your other projects. Sara you’ve got Sixcircles and Bottomless. I think that Rocco released a record with his band last year?

Rocco: It was released last year but the record was from 2015 and basically the band split up after two years so we don’t play together anymore. I have another black metal band with the same bass player and the same singer, and with Giorgio Trombino on guitar.

Sara: That’s the same circle of persons! (laughs)

Rocco: It’s a big family you know! (laughs) It’s called Thysia, it’s an ancient name for a sacrifice to the gods. But we haven’t released anything yet. We’re still in the creation process.

What’s up with you Alberto? Do you have something knew with Little Albert?

Alberto: Yeah, with myself. I play with myself. (laughs)

Sara: No, not only with yourself! (laughs)

Alberto: I mean, kind of, those long solos, it’s kind of like playing with yourself. Yeah I have one album with this blues band. It’s called “Swamp King” and there’s an other one coming out. I have songs but I still have to record it.

I actually have a lot of projects going on but not all of them are advanced enough to produce an album. Some did but the album never came out, so…

Marco, do you have some projects of your own?

Marco: Nope. Actually I had two other bands before we started Messa, but then I didn’t have enough time. I have a full time job. I’m a photographer so I also do shootings on my days off… So I had to decide between doing two thousand things in a bad way, or just one… still in a bad way. (laughs)

Sara: Oh come on no, it’s not true. (laughs)

Marco: But yeah, I would like to do some stuff in the future, maybe.

The concept

Last time you told me that you saw the Messa project as one big mass with different steps, every album being a step of the ritual. « Belfry » showed a tower in a lake and you plunged into it with “Feast for Water”, as the element for this second album was water. Did you continue on this path with this new album?

Marco: Actually, not that much. Because what happened these last two years was so powerful that it completely changed our perspective on things. The main theme was the journey because we were stuck at home. So we kind of gave up with that storytelling. There’s still a fil rouge between all the records, with the imagery, the lyrics, the aesthetic, but the chapters are broken since it happened.

« All the imagery kind of started with that picture. »

You’ve said that you’re a photographer and I think that you all have a passion for photography so it doesn’t come as a surprise that the picture on the cover of this album is quite specific. It’s a picture from the 30’s, how did you stumble upon that?

Marco: Basically we were doing research and we came up with several totally different ideas. And we totally fell in love with that picture. After we did, we started developing that idea with the videos and stuff. So basically all the imagery kind of started with that picture.

But you already had all the instruments you would use for the recording?

Marco: Yeah, basically before going in the studio we did a preproduction. We recorded the album two times. We did it for some technical reasons first of all, and for us, to understand what was working and what wasn’t. Rehearsing is not enough.

So of course we knew the vibe of the record and what it was. So while we were doing that thing musically speaking we were also looking for the cover image.

So continuing from this theme you made the video for “Pilgrim”. You shot some parts of the video in France.

Marco: Yes, actually the video is divided in two locations. The first one was shot at La Dune du Pilat, because we were in a period where we were stuck in Europe. We wanted to record this video in Egypt or some other places where production speaking it was super tough to do. So we looked for a place in Europe, and we did what Sergio Leone did in the 60’s. Instead of going to the US, he was shooting in Spain, you know? So we did the same in France.

Sara: Like the old western movies. (laughs)

« We did what Sergio Leone did in the 60’s. »

Marco: Actually we were excited to do that, kind of faking and pretending that it was a real desert.

And the other half of the video was shot in the cave where we recorded parts of the album, which is a cave near the recording studio. In this cave we recorded the oud, some vocals, some backing vocals, some instrumental parts… We shot our metalhead friends in there so it makes a lot of sense.

Sara: The women that you see performing nakh on the first part are dancer and choreographer Sâadia Souyah and some other girls that collaborate with her. It was super cool to have them because they really brought to reality the idea that we had.

But for the second part of the video it was really cool to go to this place where we actually recorded some parts of the album and have a little time with friends… I remember playing Morbid Angel… (laughs)

The message

One of the subtexts of the album is the journey of the migrants. Your lyrics are always abstract and open to interpretation. But some of you come from the punk scene, which is pretty political. Do you think that there is a place for delivering a message through Messa or do you want to stay very abstract and above all of this?

Sara: This is a very interesting question. I think that every action that we do can be a political one. I’m the one who writes Messa’s lyrics. The guys always gave me white pages and I was always the one taking care of it. I wouldn’t be able to sing about something that I don’t care about. The lyrics are really personal and they deal with real stuff that happens. It could be something that happens inside my head, something that happens in the lives of one of the people that I actually play with… It could come from a dream, from a book that I read… The sparks that create something that then creates something else are infinite and that’s something that is really beautiful in the nature of art I think. Something that happens can have different answers, and rebounds in so many different ways that are open to interpretation.

To me, so far I’ve talked about what I wanted to talk about. What I felt the urge to. So I never actually put any boundaries on this in the sense that I just write about what hits me. I write a lot. I actually have books and notebooks and papers… I write stuff everywhere basically, on pieces of paper, wherever…

So, we could define politically involved lyrics that were never used for Messa, but you never know in the future. I still consider myself grateful to have complete freedom of expression to talk about what I want to talk about. So I would never put any boundaries on that just like we never put any boundaries on our music. Which to me kind of makes sense.

One of the nice things about music for me is that it’s complete liberation. Of course it has to be thought about, but still completely free and something very spontaneous and natural. Otherwise it would be boring. To me, at least. (laughs)

« One of the nice things about music for me is that it’s complete liberation. Of course it has to be thought about, but still completely free and something very spontaneous and natural. »

Arottenbit

Marco: You’re super lucky because you have here, today with us, our special sound engineer Otto, alias arottenbit, who plays electronic music with his Game Boy. He’s going to play tomorrow…

Otto: At the Hell Stage.

So tell us about this project!

Otto: The guys were playing at Roadburn and I snucked in to play Roadburn as well. I asked the boss of Roadburn. And in the middle of the audience Yoann, the boss of Hellfest, was there listening to the show. And then he was like “Are you coming with Messa to this festival? Do you wanna play?”. And I was : “Yeah, what’s the name of the festival?” He was like: “Hellfest!” And I was like “What the fuck…” (laughs)

Curon

On the cover of the first album you’ve got a picture of lake Resia and Its belfry. I don’t know if you’ve seen but Netflix did a TV show about it.

Sara: I haven’t seen the TV show myself but I know about it.

Rocco: Yeah, “Curon” is the name of the show! A friend of ours was the lights guy for the production.

And you didn’t try to put a Messa song on the soundtrack?

Sara: They never asked so… (laughs)

To close this interview, do you have one last word for the people that will see you tomorrow at Hellfest?

Sara: I hope you enjoy the journey, we’re gonna do our best!


Thanks to Sarah from Him Media and to Messa!