Acteur incontournable de la scène musicale lilloise, nous avons décidé de donner un petit coup de projecteur à la structure À Gauche De La Lune (AGDL) qui assure la tournée et la production d’artistes. L’occasion pour nous d’évoquer le rôle de Yann et Candice, porteurs aussi d’un nouveau projet musical, La Vague, venue prendre la relève de la Péniche, mythique scène de la capitale des Flandres fermée il y a tout juste un an.

“Tu fais quoi dans la vie ?”

Salut Candice et Yann, est-ce que vous pourriez vous présenter plus en détails et votre rôle au sein d’À Gauche de La Lune puisqu’il y a, auprès du grand public une méconnaissance de vos métiers…` ?

Candice : Oui, c’est vrai, on nous le dit souvent, que les gens ne comprennent rien aux métiers du spectacle (on se marre tous).

Yann : Mes parents ne savent pas vraiment ce que je fais en fait. (Rire général) Alors moi, je suis chargé des productions et des promos locales sur la métropole lilloise et la région, donc je gère les budgets et la programmation de nos événements comme le festival Les Paradis Artificiels qui aura lieu en Mars 2018, J’ai aussi mis un pied sur le festival de la Fête de l’Humanité en m’occupant des groupe qui ouvrent. On peut aussi évoquer les soirées “Is This…” qui vont commencer mais on aura sûrement l’occasion d’en reparler plus tard… Et ça fait 10 ans que je bosse pour AGDL ! Au début, je faisais de la préparation de tournée avec les artistes, donc plutôt organisation de tournée avec gestion des hôtels, transports, etc… Et ensuite Anne-Sophie Gadrey et Florent Decroix ont décidé de racheter la Péniche et je suis passé sur ce poste dès l’ouverture de la salle en tant que directeur de programmation.

Candice : Je suis arrivé chez AGDL il y a 3 ans et j’ai une double casquette car je m’occupe à la fois de la billetterie, de la commercialisation mais aussi de la communication, je suis donc amenée à travailler avec Yann puisque je m’occupe plus particulièrement du pôle région, de la promo locale. Après je pense que c’est important d’expliquer ce qu’est AGDL même, avant toute chose, c’est faire tourner les artistes, nos propres artistes même partout en France…

interview Yann Hauvet et Candice Deprez de A Gauche de la Lune, pour VisualMusic

Yann : C’est une boite qui a 20 ans pour la situer dans le temps… C’était une asso’ historiquement, qui faisait tourner des artistes électro et qu’elle défendait, mais il y a aussi un groupe qui a eu une grosse importance lors de ces débuts c’était le Saïan Supa Crew, et si on doit citer des artistes, en tout cas parmi les plus gros que la boite a fait tourner, on peut citer Rodriguez, Amon Tobin,…

Wax Tailor il me semble aussi…

Candice : Oui voilà, qui tourne actuellement, on a aussi Dub Inc en ce moment, Camp Claude, Voyov, Puppetmastaz, Le Peuple de l’Herbe... (ndr : listing complet ici) Donc ça, c’est le registre initial d’AGDL mais pour la force des choses on est aussi devenus producteur et promoteur local.

“Quand tu es producteur, il y a une notion de risque financier on apporte une garantie […], on peut être amenés à palier le manque à gagner.”

C’était d’ailleurs une des questions que j’allais vous poser, en quoi consiste le métier de producteur local ? Vous vous situez où dans la chaine de l’organisation des concerts de façon globale ? Parce que chez VisualMusic, on voit bien dans les promos de concerts qu’il y a les labels, les « tourneurs parisiens » qui ont parfois leur mot à dire au niveau local, on a donc parfois une vision éclatée du métier et du rôle réel de chacun dans l’équation…

Yann : On va travailler avec le producteur initial et on va faire office de producteur relais pour celui que t’appelles le « producteur parisien » et le tourneur du groupe afin d’établir une stratégie en local, quand lui apporte une stratégie nationale. On va donc amener notre expertise du terrain, dans quelle salle de la métropole aller, et comment communiquer.

Candice : En fait on lui fait part de notre connaissance du terrain sur tous les niveaux, que ce soit en prog, com’, technique, c’est nous qui travaillons avec les prestataires locaux.

interview Yann Hauvet et Candice Deprez de A Gauche de la Lune, pour VisualMusic

Yann : Surtout que quand tu es producteur, il y a quand même une notion de risque financier en amenant une garantie auprès du « producteur parisien ». Lui partira avec un montant minimum garanti que l’on ait vendu un billet ou 900 et du coup, on peut être amenés à palier le manque à gagner.

Candice : Oui, il y a vraiment une notion de prise de risque… Mais au-delà de l’aspect financier, on a un intérêt autre et du coup, on le fait aussi parce que l’on croit au projet sinon on ne se lancerait pas ce type d’événement.

Yann : La promo locale, le système de rémunération, c’est un pourcentage de la billetterie, du coup, tous nos frais sont pris en charge mais on va l’appliquer sur les très grosse jauges du secteur plutôt que les salles plus modestes.

Au final, vous avez un travail de l’ombre, on se posait la question si c’était gratifiant ou frustrant de bosser sur de gros événements sans que personne ne sache vraiment…

Yann et Candice : Non, ça ne nous dérange pas…

Candice : Non mais effectivement, on ne se met pas en avant lors des événements que l’on organise ou auprès des artistes que l’on produit, c’est pas le but en fait. Le but, c’est de communiquer sur l’artiste et la programmation sachant qu’on n’a pas vraiment d’intérêt à le faire. Et quand on en vient à parler de nous, de qui fait quoi, c’est compliqué et c’est très rare et je pense que personne n’y trouve de frustration car on a la chance de faire un métier génial en soi, on en attend pas plus et le plaisir, on le prend dans ce que l’on fait. 

interview Yann Hauvet et Candice Deprez de A Gauche de la Lune, pour VisualMusic

La Péniche, dans la légende, à jamais !

Avant d’aborder le nouveau concept de La Vague, difficile d’échapper à votre héritage avec la Péniche (salle qui a fermé il y a un an à Lille), est-ce que la fermeture de celle-ci est plutôt synonyme de soulagement en raison des risques/pertes financières ou plutôt une désillusion ?

Yann : Ni l’un ni l’autre en fait. On est hyper contents de ce que l’on a fait en tenant un club de 100 places sans aide des pouvoirs publics, après on était fiers, on l’est toujours, mais on a dû s’arrêter pour des raisons économiques, c’est sûr. Il fallait donc passer à autre chose mais il s’agissait pas d’être frustrés ou quoi.

Candice : Ça a quand même été compliqué, voire une épreuve, même si cette fermeture on l’a vue arriver, rien ne s’est fait soudainement, on a toujours su que le pari était risqué mais oui, ç’a été compliqué de tourner la page. Et au final, y’a pas eu d’amertume, on s’est justes dits « voilà, ça c’est terminé, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » bon après, on s’est quand même mis en deuil pendant quelques jours (rire général). On venait habillés en noir au bureau…

Surtout qu’en voyant la liste des artistes passés à la Péniche, on pouvait avoir un sentiment de gâchis avec dans mon entourage proche des gens qui me disaient « si j’avais su, j’y serais allé plus souvent ».

Yann : De ce point de vue, c’est pas tant en raison du taux de remplissage que l’on a fermé donc tu peux pas leur reprocher. C’était surtout le fait de tenir un club privé de 100 places, en province, ce qui n’existe pas ou peu. Et on l’aura fait pendant 7 ans quand même…

“On est hyper contents de ce que l’on a fait en tenant un club de 100 places sans aide des pouvoirs publics, […] on y accueilli 1400 groupes quelque chose comme ça.”

Et avec le recul, vous en gardez des souvenirs particuliers ? Je me souviens que Yann avait évoqué un concert où le groupe s’était jeté dans le Deûle, pour revenir jouer trempés…

Yann : Oui, après ça concerne même simplement le nom des groupes comme Fu Manchu, Nick Oliveri, Mondo Generator, mais si je ne dis pas de bêtises, on y a accueilli 1400 groupes quelque chose comme ça.

Candice : C’est sûr que des anecdotes, il y en a plein ! Le fait que ce soit une petite salle avec une telle proximité des artistes avec le public, ça crée forcément des situations cocasses, surtout qu’on était reconnus pour notre accueil via l’équipe sur place qui faisait son max pour bien recevoir les groupes qui se sentaient alors un peu comme à la maison et il se passait des trucs sympa…

Yann : Et puis au-delà des noms cités, pour beaucoup, c’était aussi la première tournée tu vois ! Ils découvraient un peu le monde de la tournée…

Candice :  Certains n’avaient pas pris tous leurs cours de musique (rire général)…

Yann : Et puis, on n’était pas non plus les derniers à en profiter pour s’amuser aussi.

Soirée de clôture La Péniche – Novembre 2016 avec Odezenne

Mais je pense que ça a dû créer des moments assez surprenants comme voir Mark Lanegan à la Péniche, j’ai encore du mal à imaginer la scène !

Yann : Je te rassure, il s’est pas passé grand chose, même s’il est sympa.

David (qui m’accompagne pour les photos) : Oui, peu de chances que ce soit lui qui se soit jeté dans la Deûle (rire général).

On garde quand même des souvenirs assez fous avec Nick Oliveri assurant le SAV devant la salle tout en mangeant son burger et qu’on retrouvera pas ailleurs…

Yann : Ouais, là on parle de la scène que toi et moi on apprécie, mais quand tu vois Big Flo & Oli remplir un Zénith pour 2018, Vianney, c’étaient des mecs y’avait pas d’albums tu vois. Même Asaf Avidan, qui fait l’Aéronef, on l’a eu avec 46 places vendues…

Ça doit créer une petite fierté de se dire qu’on a accueilli un artiste avant qu’il n’explose…

Yann : Oui, carrément, ça crée même un peu le mythe surtout que je me souviens de la date, me dire qu’il y avait 46 personnes donc qu’il y en a 54 qui l’ont loupé (rire général) !

Tsunami de son.

Suite à la fermeture, vous avez relancé cette année un concept appelé La Vague, est-ce que vous pourriez nous en dire plus à ce propos ?

Yann : C’est né de la volonté de continuer à faire ce que l’on faisait à la Péniche, continuer à proposer des groupes émergents et répondre à des opportunités. Par exemple si la prochaine tournée de Nick Oliveri finit par repasser en France, c’est pouvoir lui proposer quelque chose tout de même.  Le faire avec des groupes qui ne peuvent pas remplir un Grand Mix de 600 places, et partant du fait qu’à Lille, y’a pas de salles de 200… On a alors réfléchi avec Candice à une nouvelle formule pouvant y répondre tout en proposant 3 groupes émergents.

Comment en êtes-vous arrivés à l’idée qu’il fallait venir au Splendid de Lille ? Alors même si au final, vous ne l’exploitez pas à 100% puisque vous coupez une partie de la salle il me semble…

Candice : On n’a pas eu des masses de choix pour être tout fait honnêtes car des lieux dans le centre de Lille, y’en a pas. En tout cas, si on voulait rester dans le centre même, on n’a pas eu de proposition et ça s’est amorcé naturellement parce que l’on travaille beaucoup avec Verone Productions (ndr : propriétaire de la salle) et que l’on se sentait bien dans cette salle. On s’est dit qu’il y avait un truc à faire, la disposition de la salle nous a vite permis d’imaginer cette idée de salle dans la salle. Alors on savait pas trop comment, ni avec quels moyens et si tout ça allait être possible mais ça s’est fait rapidement.

interview Yann Hauvet et Candice Deprez de A Gauche de la Lune, pour VisualMusic

Oui parce que, finalement, on se dit que vous augmentez la jauge mais avec une salle qui engendre aussi des frais plus importants, donc il fallait trouver un nouvel équilibre j’imagine…

Yann : Oui, de ce point de vue, on remercie aussi Verone qui a joué le jeu…

Candice : … Qui a joué le jeu et a été conquis par notre idée. Et la salle a un déficit de notoriété auprès d’un certain public ! Connue du public rock-métal, il y a encore pas mal de personnes qui n’y ont jamais mis les pieds. Autre contrainte, on n’est plus dans le centre même à Fives, qui est certes à un pont du centre, mais dès que tu passes le périph lillois, c’est « loin ». Mais cela permettait de rendre de la visibilité à la salle, d’amener le public de la Péniche ici, ce qui a aidé à trouver un accord financier qui convienne à tout le monde.

Yann, tu me disais lors de notre dernière rencontre que l’idée était potentiellement de proposer une date par mois à terme…

Yann : ouais, c’est ça.

Candice : Bon même si là, on ne s’est pas imposés d’objectif prédéfini parce qu’on fonctionne aussi aux opportunités, aux crushs même si on ne l’a pas évoqué mais on était sans arrêt relancés ! Que ce soit du côté des tourneurs, ou de nos partenaires comme Öctöpus par exemple, qui travaille aujourd’hui à nos côtés à la programmation de La Vague.

Yann : Ils attendaient vraiment de nous que l’on retrouve un cadre approprié. Même sur Facebook, les spectateurs nous demandent quand on va reprendre une salle…

“Sur les deux premières éditions de La Vague, on a retrouvé une ambiance avec des habitués…”

Et est-ce que l’éventualité de prendre une salle, même à long terme, vous travaille un peu ou l’exemple de la Péniche vous a calmé ?

Yann : C’est pas d’actualité là tout de suite mais on peut pas dire qu’on ait été échaudés par la Péniche

Candice : C’est sûr que l’on a pris goût à gérer mais non, pas pour l’instant…

Yann : Et puis y’a quand même un lien aussi avec le public qu’on a aimé. D’ailleurs, c’était ça qui était hyper bien sur les deux premières éditions de La Vague, on a retrouvé une ambiance avec des habitués et y’avait ce côté retour de vacances où tout le monde se racontait un peu ses dernières aventures, comme si personne ne s’était vu depuis la fermeture de la Péniche (rire général)

Quel bilan vous tirez d’ailleurs de ces deux premières éditions ?

Yann : Y’aura des trucs à revoir et on s’améliorera de Vague en Vague mais en tout cas, les objectifs ont été atteints.

Candice : Créer la surprise, recréer une ambiance, une atmosphère façon la Péniche, la proximité artistes/public, l’accueil donc on a mis le paquet là-dessus et je pense que l’on a réussi même si, effectivement, il y a toujours de petites choses à améliorer tout en proposant d’autres choses. Car avec ce projet, on devient aussi plus créatifs, on peut se permettre d’autre chose, ce qui est aussi intéressant ! Niveau fréquentation, la première a vraiment été un coup d’essai, mais avec la seconde au mois de Juin et Blues Pills on a fait carton plein donc les signaux sont positifs.

Yann : Et puis la date fin novembre avec Millionaire, le 30, ça va suivre aussi donc on est contents.

Candice : Il y a aussi Jessica 93 le 13 décembre !

LA VAGUE – Première édition

D’ailleurs, comment vous sélectionnez les groupes qui vont figurer sur la Vague, vous parliez de crushs tout à l’heure.

Candice (se marrant) : On se saoule mutuellement ! (On se marre tous) Non, c’est vraiment cool de fonctionner comme ça. Après, Yann a vraiment son expertise du métier et ça se joue entre ce que l’on aime, ce qui tourne, ce qui fonctionne et l’envie de faire des choses différentes histoire de proposer d’autres styles de musique et on souhaite s’y atteler sur les prochaines en organisant des vagues de genres différents.

Yann : Histoire de ne pas s’enfermer dans un registre tu vois parce qu’entre Blues Pills, Millionaire ou encore Jessica93, on ne veut pas s’enfermer dans le truc à guitares non plus. On va donc essayer d’en faire une pop, pop/électro sur les premier trimestre 2018.

Candice : Après la difficulté du boulot, c’est que des fois, on n’y arrive pas ! Parce que ça ne marche pas pour des raisons différentes…

Il y a des artistes que vous rêveriez d’attirer ?

Candice : Josh Homme(rire général)

Yann : Bah ouais, c’est vrai qu’au cours des années Péniche, je me suis rapproché des Queens Of The Stone Age, que j’adore avec Oliveri et Lanegan, du coup, j’ai quasiment touché Josh Homme (on se marre à nouveau), j’étais qu’à une liaison !

Candice : Même si là, ça tient plus du rêve ! Mais oui, sans citer de nom, y’a un mec que j’adore, j’ai saoulé Yann avec et on a essayé de l’approcher et ça aurait presque pu le faire, à matcher et là, je me suis dit « si on commence vraiment à faire ce genre d’artistes, on va pouvoir se faire plaisir de cette manière »… Après, ce n’est pas le but de se faire un concert privé !

Yann : Surtout que derrière, il y a aussi une réalité avec quelqu’un qui a un public à Lille.

Persévérance.

De quelle manière vous définissez le curseur business/plaisir quand il s’agit de caler une date ? Puisque bon, AGDL reste une entreprise comme une autre, il faut rester dans ses frais et fructifier si possible…

Yann : Avec la Vague, on a présenté le concept à Anne-So et Flo, on sait déjà que ce sera un projet difficile à équilibrer, mais ils nous soutiennent et nous encouragent dans cette direction aussi parce que c’est important d’avoir des fenêtres de programmation où on ne fera pas de compromis artistique, en mettant en avant des groupes que l’on soutiendra.

C’est même assez exceptionnel de voir une structure continuer sur cette lancée après la Péniche… Sans soutien des pouvoirs publics etc…`

Candice : En même temps, c’est à l’image de ce qu’Anne-So et Florent ont mis en place dès le départ, ils font ça par amour de la musique même si la formule parait facile, c’est vraiment vrai ! Ils sont donc ravis de nous voir continuer en ce sens et je pense qu’ils sont fiers aussi de voir que l’on n’a pas baissé les bras avec la Péniche. Je dirais même que ça a resserré les liens en interne. (ndr : S’en suit un petit débat rigolard sur le nombre exact de collègues qui oscille entre 11 et 13 si l’on inclut les 2 boss). La Vague, c’est vraiment plus artisanal que ce que l’on peut faire avec AGDL. Exemple (elle se marre), on fait les courses, l’accueil, les runs, Yann pousse les caisses, fait les lights,…

Yann : Mais tu vois c’est ce que je faisais à la Péniche quotidiennement et la Vague me permet de le faire à nouveau une fois par mois, d’avoir les groupes en frontal alors que quand tu fais Asaf Avidan lundi (ndr : 6 Novembre) à l’Aéronef, on va pas forcément lui parler… Alors que là, sur la Vague, on est vraiment dedans, au contact des mecs.

“C’est important d’avoir des fenêtres de programmation où on ne fera pas de compromis artistique, en mettant en avant des groupes que l’on soutiendra.”

Comme quand j’avais pu assister à la balance de Triggerfinger lors de la fermeture de la Péniche, où il faut même se rappeler qu’il ne faut pas applaudir à la fin des morceaux tout en ayant un concert pour soi quasiment.

Candice : Oui, on peut pas prendre les mecs dans les bras, « ha je t’aime toi »(rire général) Mais sinon, oui, ça a resserré les liens parce que les collègues viennent filer un coup de main sur le projet en poussant des caisses ou autre, parce que je fais déjà autre chose.

interview Yann Hauvet et Candice Deprez de A Gauche de la Lune, pour VisualMusic

En regardant sur le site d’AGDL, on voit que vous avez aussi une “prise” sur Paris… À moins que je ne dise une connerie en voyant la tête de Candice pendant que je pose ma question (rire général).

Yann : Nan mais comme on est producteurs de tournée, il faut qu’on soit présents sur Paris, on doit être ce producteur parisien dont tu parlais (rire général, je sens qu’on se moque de ma vision du milieu).

Je me posais la question de savoir si vous cherchiez à développer ailleurs ou si l’objectif c’était « juste » de maitriser ce territoire et s’y tenir.

Yann : Non, l’objectif c’est maitriser le secteur, pas de coloniser Paris (on se marre à nouveau). Après, on a aussi une personne à Nantes mais on ne cherche pas à s’étendre pour autant…

Allez dernière question, est-ce que vous avez prévu une période d’annonces pour l’année 2018, des choses à balancer…

Candice (amusée) : Alors en avant-première, on annonce t/o avec Millionaire et The Pyschotic Monks le 30 Novembre et on est ravis d’ajouter Théo et son groupe à l’affiche. On va annoncer la suite du plateau avec Jessica 93 le 13 décembre et on va annoncer la Vague de février 2018 très bientôt !

Sur le premier semestre (oui c’était pas vraiment la dernière question), vous pensez atteindre ce rythme mensuel au cours du premier semestre 2018 ?

Yann : C’est l’objectif mais je t’avoue que ça crée une charge de taff de ouf sur la journée, mais aussi en amont. Par exemple, en Mars avec le festival des Paradis Artificiels, ça reste un gros morceau. Pas sûr qu’on puisse l’assurer mais ce sera à priori le seul mois où on fera l’impasse.

Candice : Oui, on a cette liberté de pouvoir gérer le planning selon les autres missions et les périodes. On sait par exemple que mars est saturé, il faut rester cohérent aussi sur Lille et les nombreuses dates déjà annoncées.

interview Yann Hauvet et Candice Deprez de A Gauche de la Lune, pour Visual Music

Vous avez pas mal d’événements comme par exemple la soirée dont on parlait avant cette interview, Is This Love qui aura lieu le 8 décembre au Zénith de Lille…

Candice : Oui c’est un nouveau concept que Yann et Florent ont mis sur pieds avec une première esthétique reggae avec Dub Inc, Alpha Blondy, le Son Du Peuple, Naaman, une grosse affiche reggae ! Et si on parlait du Zénith, on sait que c’est une salle avec du potentiel aussi, on a aussi envie de développer ce concept de soirée allant de 19h à 2h du matin via ce label « Is This… »

Yann : L’idée c’est de rassembler 3 têtes d’affiche avec de l’émergence et ça, sans fréquence imposée parce que la difficulté est d’avoir ces trois têtes d’affiche le même jour, ce qui risque de poser pas mal de problèmes ! La première sera donc reggae mais après, l’idée c’est d’allers vers d’autres esthétiques comme le métal, le hip-hop, développer des plateaux tout en personnalisant un Zénith qui semble, pour le coup, assez impersonnel en créant une vraie vie dans le hall, un village on va dire, une identité visuelle bien travaillée. On veut faire un mini-festival d’une soirée si tu veux.

Candice : D’ailleurs, on voudrait faire du hip-hop aussi avec la Vague.

Yann : Y’a une scène qui est hyper intéressante aussi en ce moment, comme le hip-hop belge (tout le monde acquiesce timidement)… Nan mais c’est vrai (rire général).

Candice : Bon là c’est la partie où on peut être le moins d’accord.

Yann : Moi je suis dans le hip-hop, j’écoute du Lorenzo (rire général).

D’ailleurs, vous sentez qu’il y a un registre plus porteur dans la région par exemple ?

Yann : Faut se le dire mais le rock est plus dur à défendre que le hip-hop, la jeune génération 16-25, tu sens qu’ils ne sont plus sur ce registre. Mais ça reste cyclique comme toujours…

Candice : C’est clair qu’on sort aussi d’une grosse période électro, gros son chez les jeunes…

Yann : On a eu le rock avant, l’électro mais là c’est hip hop…

Et bien merci à tous les deux pour le temps accordé et nous avoir éclairés sur votre rôle et celui d’AGDL !


J’en profite aussi pour remercier mon acolyte David, auteur des photos de l’interview. Bien évidemment, je vous invite à montrer votre soutien à cette structure en likant la page Facebook d’À Gauche de la Lune qui vous permettra, aussi, de vous tenir au courant des concerts à venir.