Oui bon voilà, la vie de rédacteur n’est pas toujours de tout repos, entre les réceptions VIP, les soirées coke et champagne, il peut arriver que l’on fasse un gros black-out. Pour le coup, je viens seulement de recouvrer la mémoire et le dernier souvenir dont je puisse me remémorer est celle d’une soirée claire/obscure qui a eu lieu dans cette chère salle de l’Aéronef aux côtés d’un groupe discret et pourtant bruyant, les Écossais de Mogwai.

Soleil Nocturne.

Mogwai à Lille… On ne va pas se mentir, on s’est encore sentis bien chanceux dans notre belle capitale des Flandres puisque si on possède de nombreuses bières à même de vous faire perdre la mémoire, nous étions aussi honorés de la rare venue de Mogwai dont la tournée française comptait pas moins de… DEUX dates ! Lille et Paris. Autant dire qu’on avait bien conscience qu’il était important d’être présents pour saisir toute la grâce de ce moment musical servi par le leader Stuart Braithwaite et ses acolytes de scène. Acolytes. Pas alcooliques. Si vous avez lu alcoolique, c’est vous qui l’êtes !
Mais ne gâchons rien de cette soirée placée sous le signe du post-rock dont Mogwai est un des fers de lance, ce soir, l’Aéronef quasi complet fait honneur à la venue des écossais, se laissant tour à tour emporter par la montée en puissance d’un titre comme « 20 Size » ou le calme planant d’un «  Coolverine » plus électro et minimaliste, tout en sachant se montrer plus attentif au déluge sonore d’un « Remuredered » à se damner.
Parce que mine de rien, Mogwai, c’est une carrière qui débute tout de même en 1995, la formation a donc de quoi ravir ses fans et pioche allègrement dans ses différents opus, soulignons d’ailleurs que le groupe ne s’en prive pas en variant pas mal ses setlists de soirée en soirée durant cette exceptionnelle tournée 2017. Le tout sera bien évidemment exécuté avec maestria devant un public tout acquis à sa cause, écoutant religieusement les envolées guitaristiques d’un groupe évoluant parfois dans l’ombre mais aussi la lumière. Littéralement. Servi par un jeu de lumières discret, les musiciens s’effacent littéralement au profit de leurs compositions, n’oubliant pas parfois de nous rappeler leur présence réelle et non éthérée d’un songe d’une nuit d’automne, mais tout aussi altérée puisque passée à la moulinette du numérique sur le titre « Hunted By A  Freak » ou encore « Every Country’s Sun » quand il s’agit d’entendre la voix de son leader. Mogwai, toujours présents, mais jamais devant !

Calme violent.

Difficile donc de ne pas se laisser subjuguer par des morceaux que l’on pourrait voir s’étirer encore et encore et encore tant leur évolution se fait naturellement, ce n’est pas pour rien que ce soir, l’orga aura prévenu les photographes qu’il faut agir les “10 premières minutes” en lieu et place de l’éternel “3 chansons sans flash”. Et pourtant, voilà ! Malgré tout, il faut une fin et la formation n’a pas à rougir en livrant ici 1h30 de set tout en tension enivrante et achevé par un dantesque « We’re No Here » laissant l’un de ses guitaristes seul sur scène, ses comparses quittant la scène tour à tour, pendant que lui fait triture son instrument d’effets en tout genre, comme si ce passage était destiné à mettre un terme à ce chapitre musical éphémère, comme si la musique qui y avait été interprétée ne pouvait plus exister et se devait de rester entre nous, le temps d’une soirée pour disparaitre et persister dans nos mémoires.
BAFFE DANS NOS FACES. Merci Mogwai !
J’en profite pour remercier Hana et Clara de [PIAS] France pour les accréditations et leur patience ! Cœur avec les doigts !
Setlist
20 Size
Rano Pano
Party in the Dark
Cody
Coolverine
Ithica 27ø9
Hunted by a Freak
Don’t Believe the Fife
2 Rights Make 1 Wrong
Remurdered
Every Country’s Sun
Old Poisons
RAPPEL
New Paths to Helicon, Pt. 1
We’re No Here