La voilà cette dernière journée du Main Square et pas la moins intéressante de toutes, peut-être même la plus excitante avec ses nombreuses têtes d’affiche et la sensation tant attendue Radiohead qui n’était pas venue au festival depuis 2008 ! On ne s’étonnera pas d’apprendre que le festival aura fait carton plein avec 42 000 personnes comme le samedi. L’occasion d’enregistrer un record d’affluence sur les 3 jours avec 135 000 personnes. Bien joué !

I Hit The Main Stage.

Comme d’habitude, je ne pouvais arriver trop tôt et n’ai donc pu profiter des sets des lillois Vertigo (coucou Sylvain) ou encore Highly Suspect. Non, j’arrive en fait pour le set de Kensington, que l’app du festival nous annonce qualifié de “relève de l’indie rock européen”. Gasp ! Ha oui, comparé aussi à Coldplay et Muse. Bon, là on sent qu’on se fait balader et sur scène, je ne peux pas dire que le groupe m’aura enflammé, pas plus que le public, je pense. Un groupe pour démarrer la journée.

On rentre dans le vif du sujet avec la suite, Mark Lanegan. Difficile de croire que la légende va se produire à Arras. De jour. À 15h30. Et pourtant ! Soyons francs, Lanegan en plein jour, c’est aussi logique (quand on connait le personnage) que de voir Batman déambuler en plein jour. Ici, l’homme de Seattle ne peut se dissimuler dans les ténèbres de la scène et je pense l’avoir vu, littéralement, souffrir physiquement de supporter une armada de photographes à ses pieds pour le prendre sous tous ses angles durant 3 morceaux.

L’artiste reste quasi muré dans son impénétrable personnage revêche mais n’en oublie pas de remercier le public présent qui se fait de plus en plus nombreux. Il a bien fait le public, car Mark assurer comme à son habitude même s’il ne faudra pas compter sur lui pour vous ambiancer un anniversaire un dimanche à 16h. Malheureusement, je dois déjà quitter la main stage sur « I Hit The City » cet excellent morceau interprété à l’époque aux côtés de PJ Harvey. On espère ainsi que la voix caverneuse du roi de la fête aura interpelé les plus jeunes qui découvriront avec plaisir les nombreuses collaborations du frontman américain, qui doit avoir une baraque dins l’coin vu que c’est son troisième concert dans la région en 2 ans !

On remet le couvert.

Sur la Green Room, ce sont d’autres américains qui nous attendent, à savoir Spoon. Sans mettre de gros coup de pied au cul, on est looooooin des passables Don Broco ou anecdotiques Walking On Cars, le groupe livre même une performance assez sympa qui rencontrera à juste titre un certain succès. Là encore, je me dois de bouger rapidement pour aller de l’autre côté du festival où Charlotte, se prépare à revoir Seasick Steve tout en assurant sa place pour Radiohead dans quelques heures.

C’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures grattes.

Dimanche, j’arrive toute impatiente de voir LE CONCERT que j’attendais au Main Square (qui l’eût cru), Seasick Steve. 76 balais, une barbe de bûcheron blanche et un marcel bien large et bariolé, c’est un vrai bluesman américain que l’on attend là. Juste accompagné d’un batteur bien costaud, il nous livre un set blues, boogie, rock, qui nous emporte avec sa voix rauque et chaude : on se sentirait presque au milieu du désert californien… Entre deux morceaux, Steve nous présente les guitares ( à quatre cordes ! ) sur lesquelles il joue et qu’il a bricolées lui-même ! Et Dieu qu’elles sonnent la musique brute, authentique.


Puis il choisit, comme à l’accoutumée, une fille du public qui monte avec lui sur scène, il lui sourit, lui demande son prénom « Madeline », la fait assoir et lui chante à la guitare « I’m Your Walkin’ Man », les yeux dans les yeux. Un moment de séduction, qui me fait chaque fois espérer qu’un jour ça sera pour moi qu’il joue ce morceau… Je suis sous le charme du début à la fin, et le public en redemande.
Quand on entend au loin le début du set des Lemon Twigs, il achève le sien et descend dans la foule embrasser ses fans. À très vite Steve ! [NDRoss : À noter que le musicien s’était enthousiasmé du temps et de la programmation du jour, je le retrouverai avec surprise mais pas tant que ça, devant la scène principale lors du concert de Radiohead, preuve qu’il ne comptaiT pas bouder son plaisir d’être présent].

Salut les sixties.

Retour pour moi en Green Room avec les anachroniques The Lemon Twigs. Le jeune groupe qui semble tout droit issu des années 60 attire déjà les foules, même certains copains des salles de concerts lilloises, qui les ont pourtant programmés il y a à peine quelques mois. C’est vous dire le pouvoir d’attraction du groupe ! C’est plutôt drôle de regarder de si jeunes musiciens habillés comme mes parents dans leur jeuness;, cheveux longs, pantalons patte d’eph’ et blouson de cuir sont donc de sortie. Tout comme les compositions , la prestation est à la fois surprenante est colorée, le tout mené de main de maitre par les frangins D’Addario. Michael semble adorer son rôle de batteur star quand son frère Brian, assure son rôle de frontman pétri de modestie et pourtant déjà plein d’assurance. Une belle prestation qui renvoie sans problème aux très bons échos qui avaient émané quelques mois plus tôt de leur date au Grand Mix.

La chaloupe !

Malgré les nombreuses têtes d’affiche, un groupe avait des exigences photos précises, la Femme, j’ai donc préféré faire un break pour me poser un peu et puis de toute façon, la Femme, on aime ou on déteste apparemment. Au mieux, cela m’a laissé indifférent alors je nous ai rendus service, j’ai préféré attendre les Naive New Beaters qui, eux, bénéficient d’une véritable réputation live. Complètement délirants, les Naive New Beaters claqueront sûrement le concert le plus fun du jour, c’est rigolo, ça ne se prend clairement pas au sérieux et les refrains vous rentrent tout seuls dans la tête. Même si le public aura mis un peu de temps à suivre le rythme imposé par le groupe français, on peut dire que la formation fera vite « chalouper » la Green Room avec ses titres, sa bonne humeur et ses animations scéniques. Retour sur la Main Stage avec Charlotte pour un autre groupe très attendu et dont la réputation en live n’est plus à faire, Savages !

Riot.

Après un superbe second album de pop noire « Adore Life » en 2016, j’ai hâte de profiter d’un show live. Sur scène, quatre anglaises – des bombes – sapées, féminines, nous livrent un punk rock loin d’être mielleux ! C’est intelligent, hyper travaillé et efficace, parfois même très sauvage (!).
La chanteuse,  Jehnny Beth (Camille Berthomier), une française vivant depuis des années en Angleterre, en impose sévèrement. Son regard est hypnotique, sa voix juste et son attitude sauvage.

Elle impressionne le public et celui-ci semble conquis, moi la première. N’hésitant pas même à se jeter dans le public, Jenny marche sur le festival, sur le public (coucou Frank Carter). Les textes que l’on comprend sont beaux, « Adore Life » est un superbe hymne à la vie. Le set plein de fougue se termine par un speech sur « la musique qui nous sauve » et elle entonne un dernier morceau « Fuckers », dédicacé aux fuckers de terroristes. [NDRoss : Pour l’anecdote, le contraste n’en était que plus violent en espace VIP où les mecs regardaient affalés sur de gros coussins et écran géant la performance tout en muscles -musicaux- de la formation 100% féminine].

True Love Waits

Soyons clairs, Thylacine sur la Green Room, c’était injouable, à l’autre bout de l’espace presse, j’ai décidé de faire un break repas qui n’aura pas lieu car blindé de monde, tant pis ! Ce soir, j’ai l’estomac un peu serré, j’ai la chance de faire partie des rares photographes retenus pour immortaliser le passage de Thom et sa bande. Comme quoi, passer un coup de fil de patron à patron de Live Nation, ça aide. Il est 21h45 quand le légendaire groupe anglais entre sur scène. Si le temps de 3 morceaux, je n’ai pas vraiment pu prendre de recul sur le début du concert, deux personnages attirent indubitablement le regard, Thom bien sûr mais aussi Jonny Greenwood muré dans sa musique et que l’on apercevra très rarement entre deux mèches de son imposante chevelure. Malheureusement, je dis apercevoir car une fois revenu dans le public, un point me semble problématique, les écrans géants du festival ne diffusent pas une retransmission même du concert mais des effets visuels mêlés tant bien que mal aux images des musiciens mêmes. Autant dire que les personnes qui n’auront pas joué des coudes pour se positionner n’auront pas vu grand chose du groupe lui-même malheureusement. Reste à voir qui aura eu cette prise de décision mais en voilà une qui n’aura pas été judicieuse (surtout qu’en VIP, ils avaient les gros coussins -encore- et une réalisation vidéo classique déjà plus intéressante). Bref ! Un concert ça se vit de l’intérieur et pas depuis un gros coussin.

Avouons au passage que le groupe aura quelque peu désarçonné un public pas forcément connaisseur, avec des titres moins fédérateurs pour un festival « All I Need », « Videotape », « Let Down » ou encore « Bloom » dont l’enchainement portera quelque peu l’attention du public dans… Un autre lieu, je pense. J’ai trouvé ça pénible de voir des gens tourner le dos à la scène pour taper des discut’ improbables alors que Yorke est seul sur scène et que l’on pouvait s’attendre à un accueil plus respectueux. Difficile de comprendre ce qui aura coincé ce soir avec ce concert car en n’étant pas parmi les fans du groupe, je dois dire que j’ai trouvé le groupe ultra, carré, ultra pro, on ne peut clairement pas nier que le groupe s’appuie sur une incroyable expérience et exigence scéniques qui poussent même Yorke à écourter un titre car incapable d’atteindre le timbre de voix voulu.

Et si finalement, le public semble plus à même de réagir aux classiques « No Surprises », je dois dire que pour ma part, le kiff vient lors du combo “Everything In Its Right place” et “Idioteque”, période plus électro du groupe (leur album “Amnesiac In Paris” faisant partie des meilleurs lives ornant ma discothèque). Et malheureusement, c’est la mort dans l’âme que je décidé de quitter la citadelle sur un autre sublime titre de cette période, “You and Whose Army ?” alors que le show ne doit s’achever qu’après 2h30 de performance scénique, je me dois de quitter la Citadelle pour dormir avant un passage sur Paris pour le concert des Foo Fighters. Je ne verrai donc pas  “Paranoid Android”, titre final livré en guise de lot de consolation pour les profanes qui se seraient arrêtés à l’album “OK Computer” et qui n’auront pas eu droit à “Creep” ou “Karma Police” si ce n’est dans leur voiture. Au retour.

Bilan.

Le festival est toujours entre deux eaux (le gros rock côtoie parfois des choses plus… FM), mais puisque cela est clairement assumé par son directeur, Armel Campagna, on ne vas pas s’en plaindre et regarder le registre qui nous intéressait, à savoir le rock et de ce point de vue, on aura été plutôt gâtés avec l’énormissime set de Frank Carter, Savages, les présences des charismatiques Mark Lanegan et Seasick Steve qui ne parlent pas forcément au grand public (donc chapeau de les caler quand même), la programmation exclusive de System ou encore Radiohead, l’énergie de Cage The Elephant et des Naive New Beaters. Non, cette édition a sonné pour moi comme une belle réussite et j’ai déjà hâte de voir ce que l’édition 2018 nous réserve et c’est pas la coke en VIP qui me fait dire ça, promis !

Remerciements de fort bon aloi :

J’en profite pour remercier tous les partenaires à savoir Live Nation, Myriam et son équipe qui nous auront chouchoutés durant ces 3 jours et bien évidemment les amis chez Beggars sans qui les photos de Radiohead n’auraient pas été possibles (un énorme merci à Sébastien pour sa confiance). Bien évidemment un grand merci aussi à Charlotte, qui m’aura pas mal épaulé et même, assisté médicalement pour mes cervicales !

Pour le premier jour de report, ça se passe là pour rappel.

Pour le second jour du festival, c’est là.