Votre mot de passe vous sera envoyé.

Nous étions ce 4 mai présents à Glazart (ou au Glazart, c’est selon) pour la jolie double affiche réunissant deux groupes probalement aussi cultes qu’occultes : Messa et Sabbath Assembly.

Après une sympathique interview avec Messa, c’était l’heure du concert.

Sabbath Assembly

La tournée s’appelle Blood and Water et on comprend assez facilement que si l’eau c’est Messa, alors Sabbath Assembly c’est le sang.

Au vu des réactions à la fin du concert, le set des américains a semble-t-il quelque peu décontenancé une partie du public venue chercher un doom plus traditionnel là où Sabbath Assembly propose en réalité un rock occulte un peu éloigné du genre. La basse ordinairement grasse se fait ici presque légère avec une cinq cordes au son délesté qui prend par moments la fonction de seconde guitare. Le guitariste Kevin Hufnagel (Dysrhythmia, Gorguts) ne manque quant à lui aucune occasion de prouver sa capacité à promener ses doigts sur son manche. Résultat, ça shred des deux côtés et si le groupe offre au fil des morceaux des styles assez variés, on se rapproche parfois du heavy metal.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Sabbath Assembly – Glazart (Paris) 04/05/2019

Une publication partagée par Foo Free (@f00free) le

Au centre de la scène, la grande prêtresse Jamie Myers se démène pour assurer le show. On appréciera son attitude, la chanteuse étant également chic dans sa manière de s’habiller et ce sans faire d’amalgame entre la coquetterie et la classe. Sa voix suit les variations de ton des différents morceaux, se faisant tantôt lyrique, tantôt menaçante.

Les américains ont offert une proposition musicale intéressante et thématiquement cohérente avec le plateau de la soirée.

Messa

Les trois musiciens de Messa entrent en scène avec un doux morceau instrumental. Peut-être même un peu trop doux puisqu’il ne masquera pas les voix de la partie la plus beauf du public qui malgré son âge avancé, n’a toujours pas acquis cette règle non-écrite qui veut que quand il y a un mec en train de jouer sur scène, on ferme sa gueule.

Heureusement, les rires porcins seront rapidement masqués lors de l’arrivée de la chanteuse Sara, qui marque le début du turbo-hit de Messa : « Leah ». C’est probablement le morceau le plus efficace, mais aussi l’échantillon le plus représentatif de leur deuxième album « Feast for Water ». Un riff doom briseur de nuques et des phases plus calmes au clavier formant un ensemble à la fois schizophrène et cohérent.

Comme pour continuer la démonstration de son deuxième album, Messa enchaîne avec « White Stains », un des morceaux mettant le plus en avant le clavier Fender Rhodes. On doit une grande partie de l’identité sonore de l’album à ce clavier et il recouvre ici la plus grande partie de la pièce de sa texture duveteuse.

Si Messa base l’essentiel de son travail de composition sur l’improvisation, c’est aussi ce qui fait l’intérêt de leurs performances live. Les riffs s’allongent, prennent des détours avant de revenir sur le chemin principal et le guitariste/claviériste Alberto démontre toute l’étendue de son talent et de sa technique avec des impros au feeling de fou furieux.

Le groupe continue ainsi la présentation de son deuxième album avec « The Seer » et son riff orientalisant, puis avec l’enchaînement « She Knows » / « Tulsi ». Ce dernier morceau était d’ailleurs assez attendu puisqu’il se distingue par un mood plus black metal et qu’il est l’occasion d’enfin entendre les hurlements du batteur Rocco.

Enfin, Messa joue son premier titre de « Belfry » avec le galopant « Hour of the Wolf ». Changement d’ambiance et de rythmique, un morceau qui passe de l’intime à l’épique. Ceci permettra de constater une fois de plus le niveau de la chanteuse Sara, qui prend des risques et reste juste dans tous les registres.

Le public est alors plus que chaud quand Sara annonce que c’était gentil d’être venu mais que c’était la dernière chanson et qu’il faut rentrer maintenant. Nullement préparé à une telle révélation, le Glazart résonne de moultes protestations.

Il se passe alors quelques minutes, et là… Une licorne. Un phénomène de plus en plus rare à notre époque moderne. Un vrai rappel. Pour les plus jeunes et ceux qui pourraient confondre tellement le concept a été dévoyé : il ne s’agit pas d’une chanson initialement prévue sur la setlist et jouée tous les soirs après une fausse sortie de scène. Non. C’est le don de soi, le témoignage d’une certaine grandeur d’âme et une preuve d’amour pour le public venant d’un groupe qui, étant tout à fait en droit de se barrer après avoir terminé son set, choisit, devant les acclamations du public, de revenir jouer une chanson supplémentaire.

Cette chanson sera « Snakeskin Drape » et elle conclura une soirée assez magique où Messa aura eu l’occasion de rassembler de nouveaux adeptes en démontrant son talent et sa singularité.

SETLIST :

Leah
White Stains
The Seer
She Knows / Tulsi
Hour of the Wolf

Rappel:
Snakeskin Drape

 


Merci à Pierre de Dead Pig Entertainment.
Photos : Lolu