La comparaison, c’est un truc de glandeur au cerveau ramolli ou peu imaginatif. Finalement, quoi de plus facile que de décréter pour une raison x ou y que tel groupe sonne comme machin dans un garage aquatique ? On exagère un peu car elles ont leur utilité, mais souvent, les comparaisons sont mauvaises (Pravda sont les Kills français), d’une pertinence douteuse (Muse sonne comme les Smashing Pumpkins) et peu flatteuses pour l’un comme pour l’autre (les Kooks et les Kinks).
Le top du top reste les raccourcis faciles et abusifs du type, c’est un duo mixte alors ils sonnent comme The White Stripes. Ou c’est deux mecs qui font de l’electro-pop donc ils sonnent comme MGMT.
Cette dernière phrase, on l’a lue dans chaque article, celui-ci ne fera pas exception, concernant Empire of the sun.

C’est un duo, comme MGMT, qui fait de l’electro-pop, comme MGMT, et ils ont, comme MGMT, l’air, comme MGMT, de sortir, comme MGMT, d’une planète lointaine vaguement hippy-bobo. A cet égard le clip de la chanson ‘Walking on a dream‘ est à hurler de rire. Luke Steele se la joue prophète des temps modernes et l’autre gars Nick Littlemore s’agite autour de lui comme la Crampe dans Pulp Fiction en quête d’une bonne fessée tout en chantant le refrain suraigu d’un air, hum, concerné…
Même si ce gazier est assurément très marrant, c’est plus de Luke Steele qu’on a envie de parler. Les plus érudits d’entre nous savent qu’il est le leader des Sleepy Jackson, groupe capable du meilleur cheese cake comme de la pire tarte à la crème (celle achetée par mamie chez Carrefour Market). Luke Steele est un homme comme on les aime pour une raison simple : le gars a une vision et il s’y tient contre vents et marées, contre bon goût supposé et suppositoire osé

Sa vision sur l’album ‘Walking on a dream‘ est celle d’une pop electro lumineuse dont l’ambition n’est rien d’autre qu’être la drogue ultime du moment, à l’image du V dans la série True Blood. Oui comme MGMT. L’ambition est de créer une pop dansante et audacieuse capable de réconcilier mainstream et underground, d’où une pochette particulièrement hideuse rappelant l’affiche du film Les Maitres de l’Univers. D’où des tonalités très 80’s par moments (qui, chose incroyable, ne sonnent absolument pas datées comparées aux bêtises du dernier Prodigy) sur ‘Half mast‘. Mais pas que strictement pop 80’s. Steele et Littlemore lorgnent facilement vers des sonorités plus proches des excellents The Presets, le Phoenix des deux premiers albums et il n’est pas interdit de penser à The Dissociatives de Daniel Johns (sur les réussis ‘We are the people‘ et ‘Delta boy‘) avec qui Steele a d’ailleurs un projet sur le feu. Le chant de ce dernier est comme toujours nasalement maniéré et peine un peu à toucher (exception faite de ‘Without you‘), ce qui explique peut être que la grande réussite ‘Country‘, la rencontre de Air et de Jodorowsky, soit un instrumental. Tout n’est pas de cet acabit et on note quelques égarements (‘Swordfish hotkiss night‘) mais rien de grave, ‘Walking on a dream‘ offre un rêve entre promesse de lendemains qui chantent et chansons à moitié convaincantes. Empire of the sun livre un album cohérent, intéressant et top hype qui pourrait bien décrocher la timbale dans les mois à venir. Comme MGMT.