Haaaa Metric, sa pop énergique (et Emily), limite rock désinvolte (et Emily), sa fraicheur musicale (et Emily), ses deux premiers albums aux allures de franche réussite (et Emily)… Mais je vous ai parlé d’Emily ? Emily Haines, la chanteuse aux déhanchés ravageurs ? Très certainement dans les news du groupe. Alors Metric, ce sont avant tout de bons souvenirs, un album découvert il y a 4-5 étés de ça (‘Old World Underground‘) avec un son pas prise de tête fleurant bon l’été. Puis un essai transformé avec le second album (‘Live It Out‘), moins immédiat mais toujours bien balancé, autant dire que ce ‘Fantasies‘ était fermement attendu !

Le tout commence sous de bons hospices, ‘Help I’m Alive‘ s’impose d’emblée par une batterie implacable, limite martiale, une production aux oignons et la voix d’Emily, décidément infaillible. Un titre qui monte gentiment en puissance pour délivrer cette pop que l’on aime tant chez Metric, à la limite du rock, un son assuré, sympatoche et bien sûr catchy. Une impression qui se poursuit sur ‘Sick Muse‘, plus pop cette fois, on se dit que l’on tient le bon bout (‘Satellite Mind‘ confortant encore un peu plus cette impression avec ses riffs « tendus »… comme Emily). Malheureusement, l’album va se montrer bien plus inégal que ses prédécesseurs, ‘Twilight Galaxy‘ placé en quatrième position ayant, par exemple, de réelles allures de titre de fin d’album ; composition toute en retenue, la voix d’Emily est lointaine et les instruments sont au repos forcé au profit d’une boite à rythmes et d’un clavier. Disons que cela stoppe véritablement l’album dans ce qui semblait être son élan. Bizarre. Je ne peux même pas dire que le titre soit mauvais mais disons que ça tombe un peu comme un cheveu dans la soupe puisque le titre suivant, ‘Gold Gun Girls‘ revient à une pop rock plus assumée et volontaire, sans pour autant convaincre totalement (comprendre qu’il ne réussit pas à flinguer l’auditeur là où un titre comme ‘Combat Baby‘ mettait tout le monde d’accord, ici, c’est sympa « et pis c’est tout », rien de plus).
Puis vient le single ‘Gimme Sympathy‘ qui a tout du titre easy listening qui pourra plaire aux radios de tous bords, un titre qui n’a rien de bien original et sonne franchement comme calibré pour la vente single de 7 à 77 ans. Mouais, pas tip top sur le fond, gentillet sur la forme, on comprendra que certains de nos lecteurs aient comparé ce titre à du Superbus international lors d’une news sur la sortie du single. Les choses ne s’arrangent pas vraiment avec ‘Collect Call‘ même s’il fait penser au travail plus minimaliste d’Emily au sein de son side project (‘Emily & The Soft Skeletons‘)… Loin d’être mauvais dans son approche, le titre évolue en une espèce de pop sucrée peu convaincante. Du mid-tempo qui ne réussit que moyennement au combo canadien, impression confirmée avec ‘Blindness‘ tentant de se révéler petit à petit sans jamais autant exciter qu’Emily et provoquer, finalement, une panne que même le viagra ne pourrait relever. ‘Front Row‘ permet un retour à un son plus brut, guitare et basse plus lourdes mais qui, malheureusement, manque lui aussi d’audace ou tout du moins d’efficacité puisque c’est ce que les habitués du groupe attendent de la formation mais rien à faire, le titre déroule et rien ne se passe. Heureusement, ‘Stadium Love‘ est là, plus électro, doté de riffs tenaces et de choeurs dynamisant un peu plus encore le tout, voici un titre de Metric comme on les aime mais qui sonne comme le sursaut d’orgueil d’un très court album ne comprenant que 10 titres (et pour lequel ce titre sert de conclusion, décidément, certains morceaux ne semblent pas être à la bonne place sur cet album).

Fantasies‘ est une petite déception, je l’avoue, le charme d’Emily, sa voix infaillible, la production soignée, les quelques riffs bien foutus éparpillés sur l’album n’auront pas suffi à sauver le groupe puisqu’en y regardant de plus près, Metric a toujours flirté avec la pop, sauf qu’à trop flirter avec la pop, il y a le risque de faire un son trop édulcoré et donc de faire un truc passe-partout. C’est un peu le cas sur certains titres et cela gâche quelque peu ses retrouvailles espérées depuis longtemps. Dommage, tout cela partait d’une réelle bonne intention avec notamment l’idée de vendre l’album sur le web avec un tas de goodies (ce qui est toujours une bonne initiative à souligner et à retrouver sur cette page pour les éventuels intéressés) mais le groupe signe là son premier faux pas. Espérons donc qu’ils corrigent le tir dans un proche avenir.

Malheureusement, ni Jiwa (notre fournisseur officiel de son), ni Deezer n’ont encore référencé l’album donc impossible de vous mettre un p’tit lecteur avec les rares titres vraiment valables de l’album.