On aurait pu coller sur la pochette de cet album une étiquette ‘à ne surtout pas prendre au sérieux‘, car en effet, ce premier album du groupe est tout sauf sérieux. Amateurs de musique à message politiquement engagé s’abstenir. Ici on parle de délire profond au 99eme degré.

Murderdolls puise en effet toute son inspiration dans des groupes mythiques de glam rock des années 80 dans le style des Misfits ou Twisted Sister : la comparaison n’en est que plus évidente lorsqu’on écoute des titres comme ‘Dawn of the Dead‘, qui reprend litteralement le titre du film gore légendaire de Romero, ou ‘She Was a Teenage Zombie‘, parodie de chanson d’amour à le sauce nécrophile. Si l’on a suivi un tant soit peu l’actualité musicale et que l’on a entendu parler des Murderdolls, c’est souvent à cause de la présence de Joey Jordisson (#1 et batteur de SlipKnoT) et de Tripp Eisen (guitare de Static-X) dans la formation. Cette dream team place donc directement la barre très haut en ce qui concerne les références. Eh bien au risque d’en décevoir beaucoup qui s’attendaient à retrouver la puissance des percus de SlipKnoT, Joey tombe ici son masque pour se mettre à la guitare ! Aucune influence électro non plus de Static-X : le son des Murderdolls est dépouillé et clair, avec une basse totalement effacée, ce qui provoque un certain manque de profondeur. Cela est d’autant plus étonnant que l’album a été produit et mixé par Joey en personne, ce qui confirme bien que ce dernier voulait radicalement changer de style. La voix de Wednesday, le chanteur, quant à elle bien que d’une précision remarquable et grinçante comme il faut, reste trop souvent (c’est à dire tout le temps) sur la même tonalité, haut perchée, causant une certaine ressemblance gênante entre les titres. Cette monotonie est encore malheureusement accentuée par une batterie jouant constamment le même rythme dont certains diront : ‘Qu’est-ce que tu veux, ça fait partie du courant musical, c’est dans le style‘. Bon OK, mais y’a des limites. Un très bon point néanmoins pour les paroles où le groupe n’hésite pas à pratiquer l’autodérision (‘Dressed to Depress‘) ou à mettre en scène des situations totalement délirantes pour peu qu’on aime ce style d’humour noir extrême (‘Grave Robbing USA‘).

Au final, l’album se laisse écouter avec plaisir et l’univers loufoque et effrayant que s’est crée le groupe s’exprime parfaitement à travers les 15 titres. Mais ‘Beyond the Valley of the Murderdolls” est destiné néanmoins à un public assez restreint, derniers fans de glam rock ou juste ceux à la recherche d’un délire morbide passager, car les autres, après une première écoute agréable risquent de se lasser de la superficialité autant du son que du message.