Nuit tardive, rue sombre, humide et glauque. Quelques notes au loin, embrumées et attirantes. La rue n’est finalement pas glauque mais étincelante. D’un coup, brouillard, tout s’embrouille, les repères sont perdus. Une batterie, puis une voix aident à s’accrocher, indiquent un chemin dans ce flou ambiant. Mais rien n’y fait, on s’égare encore, happé et noyé. Il faut donc accélérer en suivant toujours le guide. Le duo voix-batterie est complété par une basse. Les guitares restent au loin, d’où viennent-elles ? Le brouillard se lève lorsqu’elles se calment, pour quelques instants, ce n’est que temporaire, on le sent. Tout retombe et nous emporte. La voix devient difficile à suivre, lointaine, inaudible. Où somme-nous ? Perdus. Le calme revient, l’aube se lève. Regard en arrière : la rue est loin maintenant.

Amorphe, gris et comateux le second titre de cet EP de For The Chosen Few est comme un réveil difficile. Une envie de rester couché un jour de mauvais temps, après un rêve étrange qui semble déjà loin. On progresse doucement, il reste de moins en moins de temps avant l’instant fatidique. Il faut profiter de chaque minute qui reste, l’intensité augmente, mais approche le moment où il n’y a plus de choix, une dernière phrase, hurlée, il faut se lever : ‘Swallow your dreams while I’ll be choking on mine !’.

Après seulement 2 titres, mais pas loin de 25mn entre expérimentations, shoegaze et noisy rock, For The Chosen Few nous livre un EP aérien à l’atmosphère très travaillée. On attend la suite avec impatience, en attendant on réécoute une partie de ‘The Tyranny Of Choiceici et on récupère des choses plus anciennes .