Quand Pelle Almqvist, Josh Homme et Jimmy Page se croisent à Paris, ils se déguisent, prennent de fausses identités pour rester incognito, ils dégotent une section rythmique basse/batterie, ils branchent leurs instruments respectifs, et improvisent des morceaux dans les petites salles du coin sous le nom de Dentelles Nerveuses.

De ces trois figures du rock, Josh l’hyperactif est le plus influent : il balance ces riffs avec désinvolture et panache comme il le fait avec Queens Of The Stone Age, conférant à la musique du groupe un je ne sais quoi d’érotique et sensuel, sans trahir son coté rock jusqu’au-boutiste. Jimmy n’est pas en reste, déployant sa plus belle palette de guitare Led Zeppelin-ienne : Crescendo dans les aigus, enchainements mystiques, structures hallucinogènes, tout y passe. Pelle est plus en retrait. Il est vrai que face à ces 2 monstres sacrés, Pelle se sent un peu merdeux avec ses The Hives qui additionnent les albums moyens. La plupart du temps, il se contente de courtes interventions, mais il lui arrive de prendre un titre à son compte et balancer son phrasé épileptique inimitable sur un rock’n roll endiablé.

Bien sûr, ces trois types sont surtout là pour se faire plaisir. Il n’est ici pas question de révolutionner quoi que ce soit, ou de se la jouer super side project de la mort avec casting de rêve. Ça, Josh l’a déjà fait avec Them Crooked Vultures. Non, ce sont juste 3 potes qui juxtaposent leurs styles respectifs, histoire de voir ce que ça donne. Du coup, le résultat est loin d’être original. On aurait bien aimé plus d’inventivité, surtout de la part d’artistes au CV aussi impressionnant. Heureusement, le tout est interprété avec une classe indéniable, due au standing des membres du groupe. Et rien que pour cela, ça mérite le coup d’oreille.