Voici donc le deuxième album de ce groupe british dont le premier opus ‘mypainandsadnessismoresadandpainfulthanyours‘ est probablement injustement passé entre les mailles de la presse rock hexagonale… Parce que moi jusqu’à il y a encore un mois, c’était: ‘McLusky? connais pô… c’est pas le nom du gars d’Highlander dans l’adaptation polonaise ?‘. Ben non! Mais une fois le CD dans le mange disque (alors là c’est un mensonge car je n’en ai que des mp3 pour l’instant) il ne faut pas 2 secondes pour réaliser dans quel univers on vient d’atterrir ; s’empare alors de nous l’étrange impression de s’être fait choper par un beauf white-trash alcoolique alors que l’on tentait de rentrer dans sa caravane par effraction… Le chant vénère est entrecoupé de riffs destructeurs, des riffs classiques mais efficaces qui traduisent musicalement votre course à travers le terrain vague poursuivi par le trasher armé de son fusil (celui avec lequel il shoote les pigeons, le facteur, les chiens errants, sa femme…). Autant vous le dire tout de suite, ça va être Rock’N’Roll ! Les morceaux vont rarement au-delà de 2 minutes 30 mais cela suffit largement à nous communiquer l’envie de tout casser. Mclusky surfe sur une vague de keupon dans l’âme (qui ressemble plus a des trashos smart qu’à des kids attardés échappés de Sauvez par le Gong), parmi lesquels on peut citer The Hives et The International Noise Conspiracy. Bref un son rétro/crado et des musiciens qui reprennent l’idée punk à la base, soit faire de la musique sans contraintes, sans concessions, sans règles…

La recette est bonne (quoi qu’un peu répétitive… mais bon ça vaut le coup quand même), la guitare vient se poser sur une ligne de basse bien grasse, soit en riffs de tronçonneuse (‘Light Sabre‘), soit en petites mélodies naïves jouées sur les notes aigües qui prennent une dimension plus glauque que gentille (‘Collagen Rock‘, ‘Day of the Deadringers‘) .On est obligé de penser à Fugazi ou encore aux morceaux les plus énervés que Pavement ont pu nous offrir à la grande époque de son ‘wowee zowee‘, pour le côté ‘le chanteur s’est jeté dans le mixeur avec la mélodie‘ (les enfants n’essayez pas ça chez vous). Il est vrai que la voix d’Andy Falkous s’inspire indéniablement de Stephen Malkmus. ‘What We’ve Learned‘ donne envie de s’acheter une disto pour sa basse et d’aller répéter dans le garage. Les refrains sont martelés jusqu’à vous faire croire que le chanteur est en train de vous engueuler, vous, pauvres petits auditeurs désarmés face à un talent d’orateur à faire passer les dictateurs pour des grands-pères sous stilnox !

Le trio va droit au but, pas de déco ni d’effets inutiles, juste trois zikos et trois instruments, plus épuré tu meurs. Gratte hypnotique dans ‘To Hell With Good Intentions‘ ou dans la plus poppy ‘Gareth Brown Says‘ ,tourbillonnante dans ‘Chases‘; basse omniprésente, souvent grasse et sous disto, elle pose souvent la ligne directrice des morceaux. Quant à la batterie, elle ne va pas se perdre dans des roulements superflus. Epuré je vous dis ! Dans ‘Clique Application Form‘ elle tient le même rythme sur tout le morceau avant d’être pris de spasmes qui font sursauter la mélodie autant que l’auditeur. Conceptuel peut-être, mais bel et bien énorme !

Mclusky est donc, il me semble, un groupe plutôt punk, à tendance lo-fi ou juste rock, mais les mots ‘alternatif’ et ‘underground’ s’imposent d’eux même. Le contraste entre les hand claps pop et le chao sonore de ‘Chases‘ montre bien que ce n’est pas un groupe qui se prend au sérieux et préfère s’amuser de l’espèce de Rock’N’Roll attitude qui est la leur en accentuant le coté bourrin sur des morceaux étonnants de simplicité.

Oui, c’est direct et surprenant, une énergie incroyablement positive se dégage de cette album qui maquille sa pop très indé avec des couches d’atmosphères glauques ou tripantes. Et puis il suffit d’arriver plage 14 pour comprendre l’esprit dominant chez Mclusky, ‘WhoYouKnow‘, en bon single, fout un énorme claque, on saute devant son PC en accompagnant les choeurs, choeurs qui rapellent vaguement le son d’Elastica , ou alors les plus agités pourront tenter de s’égosiller avec le chanteur (mais prévoyez dans ce cas là les pastille pour la gorge). En tout cas si Fugazi ou Pavement vous donne des frissons, ruez-vous sur ‘Mclusky to Dallas‘ et rentrez les yeux fermés dans leur univers impitoyable !