A, sorti en Juin 2007, est ce commencement d’une nouvelle ère psychédélique hors norme qui a profondément marqué le krautrock démantelé d’une griffe de fer acide. Répétitif, cinglant, maniaque et possédé, cet opus conceptuel a craché une ribambelle de titres défoncés par des instruments torturés, détournés.

B, second album de Turzi & de ses Four Organs (Le nom de ses quatre compagnons musicaux n’est plus Reich IV -en hommage à Steve Reich, le sale maître de la musique répétitive- mais Four Organs) poursuit intelligemment l’énorme trip coincé dans une cage d’écho. Plus élaboré, plus riche, plus addictif. Et salement bon. ‘ Beijing ‘ ouvre l’opus sur une grande messe jouée dans un étroit cagot par des guitares planantes (effet flanger) & synthés tonitruants (voyez plutôt) , aux airs grandiloquents. Un martèlement inquiétant rattrape la mélodie satanique, s’en suit une succession d’assassinats auditifs acharnés, délirants, enragés. La suite est toute aussi rude, le rythme est rapide, les mélodies cinglantes. Le plaisir auquel Turzi s’abandonne se lie toujours à la dissonance, le décalage et l’écart. Sans jamais oublier le côté rude & primitif du rock’n’roll qu’il dévoile en live avec ses musiciens dévoués, la sueur le sang les yeux injectés. L’album se rompt parfois sur des coupures d’une éléctro pop légèrement acide (‘ Buenos Aires ‘, ‘ Bogota ‘); une touche d’ambient mal formée déposée sur une nappe de synthés classieux et anxiogènes. Ces coupures qui adoucissent l’album et font grandement penser à une descente. Lente, odieuse et amorphe. Ces descentes lâchent vite & s’enfuient vers un autre décollage illuminé, couvert de symboles religieux et de paroles spirituelles.

Le Français Romain Turzi s’acharne à envoyer des signaux maudits & mystiques à travers des diffamations & hallucinations auditives entraînantes; pendant un long voyage aux recoins en ‘B’ du monde.