Ah, qu’ils sont mignons les Hot Chip ! Pas de one night stand avec eux. Laisser filer la belle (ou presque) au petit matin, ils ne sont pas vraiment pour. Eux, c’est direct ‘One Life Stand‘. D’un autre côté, avec leurs ganaches de geeks mal sevrés, mieux vaut capturer et séquestrer la première nana qu’ils attirent dans leurs pieux, histoire de compter sur une certaine assurance queute — au moins jusqu’à ce qu’elle s’échappe, ou crève. Bref. Avec un titre comme ‘One Life Stand‘, on sentait venir l’album doux, sensible et tourné vers l’avenir. Après une poignée d’écoutes, on n’est pas loin du compte : c’est doux, sensible et tourné vers l’avenir… même si l’avenir a l’air excessivement chiant.

Tout avait pourtant si bien commencé. Quelques semaines avant la sortie de la galette, Alexis Taylor et ses sbires nous offraient en d/l légal et gratuit ‘Take It In‘, morceau pop aérien d’une justesse rare. On criait déjà à la masterpiece avant même que le skeud dévoile tous ses charmes. Grossière erreur : sans être dégueulasse, ‘One Life Stand‘ n’a, au final, rien de sensationnel. Les plages lancinantes sont terriblement fades (‘Brothers‘, ‘Slush‘), certains effets frisent le ridicule (les cordes synthétiques et le vocodeur présents dans ‘I Feel Better‘ font de ce morceau le plus mauvais de l’histoire du groupe), la fibre friponne s’est définitivement cassée ([url=http://www.youtube.com/watch?v=kHB9F8tvGVM]remember[url] ‘Over & Over‘…) et les plans dansants font bander mou (‘Thieves In The Night‘, ‘One Life Stand‘). A noter que les allergiques aux années 80 ne pourront pas survivre à une écoute complète du disque tant il pue tout ce que cette décennie a fait de plus mièvre. On trouve bien quelques délicieux moments, comme la minimaliste et subtile ‘Keep Quiet‘, ou la précédemment cité ‘Take It In‘ (peut-être le titre pop le plus réussi de ce premier trimestre 2010), mais on attendait bien plus de la part de ces cinq grands timides ; et pourtant, ‘One Life Stand‘ n’est même pas à la hauteur du prometteur ‘Made In The Dark‘ (2008).

Entre ma platine et ce quatrième effort studio d’Hot Chip, ce fut une one night stand. Quelques heures l’un dans l’autre et on oublie.