Formé en 97 sur les bords de la Cannebière, Dagoba nous revient après 2 demos et un maxi sorti sous la houlette de Edel (Sony). C’est désormais à 4 (Stephan ne faisant plus parti du line-up) que Dagoba nous fait don de leur premier album, éponyme. Enregistré au studio Praxis par Shain Rafati, ‘Dagoba‘ est passé dans les mains de Dave Chang pour être mixé au Philia Studio en Angleterre.

A la vue de la jaquette, on peut se dire que Dagoba va nous faire un petit album tranquille dans la lignée des groupes actuels qui s’attendrissent un peu : couverture blanche, avec un gars qui fait on ne sait trop quoi, mais bon, ça parait gentillet comparé au gorille qui hurle sur le maxi.
Ce n’est qu’en ouvrant le livret qu’on se demande si ça va être si gentil que ça : 32 pages (sic !), ambiance beaucoup plus sombre, des chaînes, des griffes, des sourires… euh non pas de sourires… On se décide donc à glisser la fameuse galette dans son lecteur.

Après une intro à grand renfort de samples, ‘Maniak‘ nous prouve que le Dagoba que l’on connaît de ‘Release the Fury‘ est là et bien là (mais pas las). La fin de ce morceau est carrement mythique. ‘Time has come for me to crush you‘ : le message de Shawter est clair…
La prod’ et la puissance des riffs nous mettent une énorme claque dans la tronche dès les premières secondes ! Mieux vaut être assis lors de la première écoute… Les riffs en palm mute, les coups de grosses caisses, les samples, plus ou moins discrets, tout est là. Et leur présence sera effective tout au long de l’album. La voix de Shawter, assez fréquemment doublée, est d’une puissance dévastatrice. On ressent de suite les influences du groupe, avec un fort penchant pour Fear Factory (‘4.2 Destroy‘ en est l’exemple typique)

Bien que l’album soit résolument axé vers le Power Metal, toutes les pistes ont leur petite originalité. ‘The white Guy (and the black ceremony)‘ avec une intro sur fûts qu’on pourrait croire faite par Shawn #6 de Slipknot, contient sur la fin du morceau un riff Black Metal qui passe assez bien. ‘Something Stronger‘, tout comme  »Rush‘ et ‘Gods Forgot Me‘, est une chanson tirée du maxi, qui a été retouchée et ré-enregistrée. Les back-vocaux féminins présents sur ce morceau sont assez exotiques, même si on dirait qu’elle couine. On retrouvera cette ‘couineuse’ sur ‘Pornscars‘ avec des cris plus… euh… beh la même chose, mais avec un ‘r’ au lieu du ‘x’… ‘Pornscars‘ d’ailleurs, tout comme ‘Dopesick‘, ont leurs riffs récurrents ‘pervers’. Oui je sais, c’est bizarre (et je suis bizarre), mais c’est la sensation que j’ai en écoutant ces morceaux…

L’Ovni de l’album est bien sûr ‘Another Day‘. Plus calme que les autres, carrément qualifiée de néo-métal par certains, elle nous permet de respirer un peu dans ce monde de brutes. Cette ‘ballade’ reste malgré tout agrémentée de riffs en palm mute doublés à la grosse caisse… Restons dans les quelques moments calmes du CD pour parler des interludes. En effet, Dagoba a eu la délicate attention de nous laisser respirer 2 fois (en 58 minutes), en introduisant 2 titres par des interludes à base de samples. Mais ils sont pervers les Dagoba ! Tout ça, ce n’est que pour mieux nous surprendre et nous en retartiner une couche ! (l’enchaînement brutal de ‘The Chaos We’re Involved In‘ et ‘Here We Are‘ devrait vous en convaincre). Brutal toujours, avec ‘Act1, Part2‘ qui débute sur les chapeaux de roues, à grands renforts de blastbeats. Suit ‘Rush‘, connue de tous ceux qui suivent Dagoba depuis leur maxi. Sauf que la version 2003 est un peu moins électronique, et beaucoup plus hurlée. Que les mauvaises langues qui trouvent que Dagoba a perdu de sa puissance entre ‘Release the Fury‘ et l’éponyme réécoutent ce titre…

C’est ‘Gods Forgot Me‘ qui cloturera l’album. On remarquera même un clin d’oeil à Metallica dans les paroles de cette chanson, et ce, fait de bien belle façon : (‘…And Justice for All’ is my belief so why don’t you just follow some metal rules?’). Ca y est ! C’est fini ! On peut souffler ! Et bien non ! Encore un petit direct dans les dents avec une piste cachée toute aussi puissante que le reste de l’album.

Bien qu’on puisse ENFIN respirer un peu et reprendre ces esprits une fois l’album terminé, on n’a qu’une envie, c’est re-appuyer sur play, et encore, et encore… Un premier album à la limite du parfait. Puissant, entêtant, ‘prend-ça-dans-les-dents’ (c’était pour la rime), cet album est un petit bijou.
Bon ok, c’est un peu gros et voyant pour etre porté autour du cou, mais bon… Dagoba est un groupe à voir sur scène ABSOLUMENT, car il restitue à merveille l’album, et là, on ne peut plus nier quand on a cette puissance sous les yeux.