Cheval Blanc, voyons voyons, d’où qu’il vient celui-là ? Poète, illuminé nocturne, et en plus chanteur ? Anomalie au sein du webzine rouge qui ne tolère que les tremblements et l’expression séminale la plus rigoureuse ! C’est avec le doux nom de Révolutions (2) que ce one-man band prétend pourtant percer la coque. Welcome in Visual alors, très cher, et passons en revue vos troupes.

Conforme au nom, la musique de Cheval Blanc a le goût du classique. Un côté chanson (et pas « variét’ ») solide, avec un piano quelque part entre Michel Berger et (Please) Don’t Blame Mexico (« Les Amants Morts »), une intuition mélodique qui a sa place au milieu de bonnes références en la matière, et un timbre proche d’un William Sheller au top (« Ma Ville »). Honnêtement, Révolutions (2) est lancinant, intello, original, mal mixé, parfois ennuyeux, mais garde toujours un capital sympathie qui évite l’apparition de boutons dès le deuxième titre. Cheval Blanc assume d’être complètement immersif, aride et immaculé, de perdre l’auditeur ou même de le retrouver cinq cent mètres plus loin : après tout une révolution, c’est aussi faire un tour sur soi-même. Alors on tourne en rond, emporté par quelques synthés eighties et des boîtes à rythmes midi montées en colimaçon (« La Révolution Est Un Jeu d’Enfant »). Cheval Blanc se situe entre ciel et terre, mais jamais assez loin de l’un ou de l’autre pour faire illusion.

Révolutions (2), c’est six titres d’imaginaire urbain léger et de rêveries hivernales qui ont la couleur d’une couverture Gallimard. Chanson honnête mais un peu rêche cherche désespérément âme sensible pour relation textuelle.