En Suède, il y a des Suédoises, des Suédois, des ours, de la neige et puis il y ceux qui font du death. Au vu de tous les groupes qui affluent de cette contrée nordique, on est en droit de penser que les métalleux forment là-bas au moins 90% de la population. C’est peut-être les 6 mois de nuit non-stop qui font voir à ces gens tout en gris, personne ne peut le dire. En tout cas, même si tout n’est pas bon à prendre, il est certains groupes qui savent se faire remarquer, non pas par une originalité exubérante mais simplement par la qualité de leur musique. Dimension Zero est un de ceux-là. Le quintet existe déjà depuis 1995 et en ces 9 années d’existence a produit 3 albums, ce dernier compris, qui leur ont permis de se faire un nom dans le métier. Et la formule reste inchangée depuis le tout début : du death, du death et…du death, du vrai, toujours. Et ils sont nombreux les groupes à savoir à quel point c’est difficile de rester productif dans ce style sans se répéter ou sans lasser. Alors ce ‘This Is Hell‘, dernier né du groupe, est-il à la hauteur de nos espérances ? Voyons un peu…

Rien que le nom de l’album laisse présager du pire (dans le bon sens du terme), on s’imagine le pur massacre double-pédalesque hurlé à tout va dans un chaos de riffs incompréhensibles, ce qui n’est souvent pas pour déplaire. Mais il ne faut pas trop compter sur ces clichés pour juger Dimension Zero. Néanmoins on ne peut pas s’empêcher de se souvenir de la claque des tout aussi suédois de Nasum avec leur ‘Helvete‘ incontournable. Satan serait-il à tout hasard suédois ? Là n’est pas le problème. Alors on entre dans le vif du sujet avec une intro des plus pesantes qu’il nous ait été donné d’entendre : ‘It’s like falling without hitting the ground‘ répété et répété encore pendant trois longues minutes sur des percussions lancinantes et une guitare en fond qui s’estompe peu à peu. Et là c’est l’explosion, que dis-je, le feu d’artifice lorsqu’une rythmique traditionnellement death prend place et que Jocke vomit son ‘This is Hell !‘ mémorable.

Et là c’est parti pour 36 minutes (durée moyenne d’un album de death, bon on est habitués maintenant quand même, mais ça frustre un peu à chaque fois) de tuerie. Les mids-tempos se font rares… inexistants ou presque pour tout dire. Alors certains diront ‘c’est trop lourd, trop riche, je peux pas’. Mais à ceux-là on peut répondre qu’il n’y a pas que Kinder Bueno qui peut alléger la vie, il y a aussi l’arrivée bienvenue d’un second guitariste, G. Ljungström, qui donne un peu de fraîcheur à tout ça par sa participation à la composition avec des leads vraiment accrocheurs et originaux comme sur ‘Killing My Sleep‘, une guitare rythmique à la limite de la percussion comme sur ‘Dimension Zero‘ ou encore de magnifiques duos mélodiques qui rappellent fortement un certain In Flames. D’ailleurs même dans la voix, on retrouve souvent cette empreinte vocale d’Anders Fridén surtout sur ‘Into And Out Of Subsistance‘, avec certes des effets en moins. D’où cela pourrait bien venir ? Peut-être du fait que le producteur de l’album est Anders lui-même. C’est sûr, ça aide. La batterie sait jouer du contraste binaire/ternaire comme sur ‘Blood On The Streets‘, déconcertant les premières secondes mais incroyablement agréable par la suite, ou encore de rythmiques même plus punk, hardcore.

Alors que reprocher à ce ‘This Is Hell‘ ? Eh bien pas grand chose en fait, si ce n’est cette ‘répétitivité’, si on peut appeler ça comme ça, qui est malheureusement inhérente au death lui-même et que certains ne supporteront jamais. Mais il faut quand même avouer qu’ils sont bons ces Suédois. Alors si un petit voyage en enfer ne vous fait pas peur n’hésitez pas, cet album ne manque ni de puissance, ni de profondeur, il suffit juste de prendre un peu de temps pour apprendre à l’apprécier, et on ne doute pas une seule seconde que ce groupe fera encore longtemps parler de lui s’il continue sur sa lancée.