Flying Pooh, c’est un groupe pour le moins confidentiel qui a su fidéliser quelques amateurs de musique foutraque et d’humour noir cartoonesque. Flying Pooh, c’est aussi une poisse légendaire qui explique que Never slow down n’apparaissent qu’après 6 ans de silence. La force des Pooh a toujours été de fusionner tous plein de style différents (jazz, funk, electro, metal, hip-hop, polka, valse, dub, ska, rock’n roll, j’en oublie surement) pour les mettre au service d’une ambiance joyeusement sépulcrale. Le groupe avait réussi à passer de la simple juxtaposition à l’amalgame pour leur excellent album Spanking Day, et c’est toujours le cas aujourd’hui.

Synthé hallucinés tout droit sortis d’un film de Burton, textes drôles et flippants, voix habités et rires sardoniques ; l’effet « Famille Adams » est intact. Certes, le ton général est bien moins musclé qu’auparavant. Le gros son semble avoir lassé les six franciliens qui lorgnent vers un rock bluesy proche de temps en temps de celui de The Kills. Calmer les décibels rend les chansons plus vulnérables lorsque les mélodies ne suivent pas. Aussi prend on peur en écoutant les deux premiers titres de Never slow down, pas mauvaise mais extrêmement bateau ; le genre de machin dansant oublié sitôt terminé.

La frayeur est évacuée par l’enchainement d’un Dance with me my lov’ lancinant et changeant, du jazz apocalyptique O’brother et du coup de pied au cul The lose. Une fois l’album lancé par ce triptyque, il s’écoute avec plaisir. Comme décrit plus haut, l’atmosphère cartoon horrifique fonctionne bien, le groove omniprésent et les choeurs féminins sur certains titres (Busty booty babes) rajoutent un coté sexy appréciable. Les arrangements sont propres et travaillés même si on sent un certain laissez aller parfois (ce Holy black candy, franchement…)

Les fans de la première heure peuvent déplorer que les structures proposées par Flying Pooh version 2011 soient moins alambiquées et de ce fait moins marquantes. Ils ont néanmoins des solides raison de se satisfaire du retour de ces frappadingues, auteurs d’un Never slow down direct et plus séduisant qu’il n’y parait