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On peut incorporer à sa musique des nappes d’orgue Hammond et des voix claires tout en gagnant des points d’occultisme. Les rennais d’Huata le prouvent avec Atavist Of Mann, premier album qui succède au déjà sulfureux EP Open The Gates Of Shambhala sorti en 2010 (Ratzinger Pussycat, Josef Fritzl Syndrom, c’est eux). Encapuchonnés comme le corps professoral de Poudlard, les fils spirituels d’Aleister Crowley livrent ici un bain de fuzz d’une heure, dans lequel ils font passer Electric Wizard pour des brêles qui n’en finissent plus de chercher leurs couilles au fin fond du bataillon de pochons de weed caché entre le cric et la roue de secours de leur van (Lords Of The Flame), tapent dans le sludge effréné avec graisseux brio (Operation Mistletoe) et pondent trois hits druidiques qui, chacun, dépassent allégrement les douze minutes – d’habitude, j’encaisse ce genre de longueur en barbouillant des édifices d’un blanc immaculé avec mes selles alors que là, ce bordel tétanique me captive. L’un d’entre eux, Thee Imperial Wizard (tiens donc), offre un quart d’heure de folie lunatique en enchaînant section rythmique granuleuse quasi-ataraxique, chant clair halluciné, transcendé par des notes pachydermiques, et phase chamanique déglinguée. Le genre d’orviétan qui t’enfonce six pieds sous terre. Une sinueuse seringue rectale à bulbe blindée d’acide(s). Doom, occulte, pervers, adipeux, Atavist Of Mann viole la bienséance et s’impose comme un album majeur du genre. Désormais, on ne parlera plus de Reign In Blood mais de Rennes In Blood.