Alabama Shakes viennent juste de sortir Boys & Girls, leur premier album, et déjà ils sont considérés comme une des nouvelles sensations à surveiller de prés. Hold On, qui ouvre l’album, est un très bon exemple de ce qui nous attend pendant ces 40 minutes. Brittany Howard, la chanteuse, est dotée d’une voix qui n’a rien à envier à ses ainées des 60’s. On déguste une intensité rappelant Janis Joplin (I Found You), qui se montre douce et qui, la seconde d’après, dévoile toutes ses tripes et qui navigue dans les styles.
Les accords basiques du passé sont revisités avec une entrainante réussite (Hang Loose), et on a même le droit à des envolées sauvages (Rise To The Sun). Alabama Shakes rajoutent une bonne dose de rock à leur compos, sur l’orgasmique You Ain’t Alone, on a une sensation étrange… Et là, c’est la révélation, ce disque a été créé il y a une quarantaine d’années ! La suite le confirmera, une énergie soul se fait très présente (Be Mine, Heartbreaker), et reprend même le pouvoir sur la voix, avec une instrumentation variée (I Ain’t The Same), assez travaillée (On The Way), et donne cette impression de ne pas savoir où ça va nous mener. Mais elle se montre parfois hélas trop simpliste (Going To The Party, Boys & Girls), et sonne un peu plus plate en comparaison des autres.
On regrettera également l’absence de Heavy Chevy, présente seulement sur la version vinyle, et qui aurait amplement mérité d’être sur l’album.

Alabama Shakes, avec ce premier album, montre déjà un son bien particulier et reconnaissable. Le groupe a réussi, là où la plupart des groupes modernes qui vantent leurs ainés du passé sont bloqués. Ils n’arriveront jamais à sonner comme un groupe qui viendrait du passé, ils pourront seulement s’en inspirer.
Ce premier essai annonce, en tout cas, un futur plus que prometteur pour ce groupe venu du passé.