Ça faisait un paquet d’années qu’on n’avait plus eu de nouvelles de Cortez et le moins que l’on puisse dire, c’est que les gaziers suisses sont revenus au bon moment : à l’heure où la plupart des groupes européens de hardcore crasseux lorgnent dangereusement vers un black metal aussi robuste qu’une branche de peuplier malade, le trio signe avec Phoebus un attentat sonore de la plus pure espèce.

Les riffs de Phoebus sont tendus, les paternes alambiqués, les ambiances intenses — l’introduction de Temps-mort est une merveille de crescendo. L’olibrius au micro n’est vraiment pas serein. Sa voix indique qu’il porte tant bien que mal tous les malheurs du monde sur ses épaules. De quel fléau a-t-il été victime depuis la sortie d’Initial en 2005 ? Inceste ? Redressement fiscal ? Chancre mou ? Les trois à la fois ? Toujours est-il que ses râles de troll sidaïque se marient parfaitement avec la pluie de notes apocalyptiques que pondent ses musiciens. Aucun faisceau de lumière ne se dégage de ces dix titres hardcore et charbonneux. Les patronymes hispaniques sont souvent synonymes d’activités liées à la construction de bâtiments mais ici, il est seulement question de destruction.

Avec Phoebus, Cortez brise les Conventions de Genève et soulève ses fanatiques comme des feuilles mortes. Pas mal pour un groupe que tout le monde pensait mort et enterré depuis des lustres.