Au jeu des comparaisons, le duo de Portland Wampire bat pas mal de records. Pas une chronique n’a pu s’empêcher de le rapprocher de noms comme John Maus, MGMT, Ariel Pink, Flaming Lips, voire même The Strokes – du coup pas même la mienne. A l’écoute de ce Curiosity on ne peut que suivre le mouvement tant les chansons et le son même du groupe semblent être une espèce de grande soupe populaire d’inspirations.

Il ne faut cependant pas être trop médisant les noms cités sont plus que flatteurs et bien que relativement différents ils se rapprochent tous plus ou moins d’une pop faisant la part belle aux claviers 80’s indubitablement le fil directeur de cet album. On retrouve l’amour des synthés qui tâchent de John Maus et des rythmes de ces années new wave. On perçoit en partie la folie du Congratulations de MGMT la même propension à mêler mélodies juvéniles et ambiances flottantes sur des rythmiques énergiques. La reverb’ sur la voix la densité globale de leur son l’omniprésence des claviers rappellent aussi Ariel Pink version dégénéré.

On pourrait continuer longtemps dans cette voie du name-dropping mais il faut rendre à César ce qui lui appartient réellement. The Hearse single ultra-efficace faisant également office d’excellente intro (et vice-versa) place une atmosphère de château hanté avec son orgue possédé qui laisse une ligne de basse démentielle prendre les commandes de cette délicieuse escapade powerpop. Orchards deuxième morceau du disque et deuxième single lâche l’accélérateur avec son refrain tout en lalala et sifflements pour servir une mélodie mélancolique et bucolique. Mébucolique bulancolique à vous de voir. Les sept morceaux restant jouent dans la même cour avec une alternance semi-ballades/titres plus rock et toujours ces orgues datées parfois ennivrantes (Spirit Forest) parfois ennuyantes (Outta Money). Un peu comme l’ensemble de l’album parfois presque génial parfois chiant globalement plutôt bon sans non plus arriver à complètement tirer son épingle du jeu.