Après deux petites années d’absence, on retrouve l’agréable duo The Dodos à peu près là où on l’avait laissé. Les mêmes rythmes infernaux, entêtants et têtus, cette même propension à rendre psychédélique leur folk-rock en répétant à l’épuisement de courts motifs sonores. On avait déjà pu se délecter de ce qui pourrait être le tube de l’album, la survoltée Competition, avec ces choeurs dont sont friands les deux zigottos, et retrouver l’essence même de leur musique.

Écrit peu de temps après la sortie de ‘Carrier‘, cet ‘Individ‘ est cependant plus électrique par moment, touchant parfois à ce qu’on pourrait considérer à une époque comme du math rock (‘Retriever‘). On sent cette volonté de repartir à toute berzingue après la perte de leur guitariste il y a quatre ans de cela de revenir à cette spontanéité doublée d’une énergie sans pareil dans ce milieu folk et rock indie. Néanmoins pas de souci à se faire pour les fans les plus hardcore qui les suivent depuis 10 ans maintenant la sublime mélancolie qui remplit leurs morceaux n’a absolument pas disparue. Elle se marie plus que jamais à leur fougue si particulière comme sur cette imparable intro qu’est ‘Precipitation‘ ou prend toute son empleur dans des titres plus introspectifs comme ‘Bubble‘ ou ‘Darkness‘ où l’on ne peut qu’admirer une fois encore la voix subtile de Meric Long. Pour les tripotteurs de manche il y a aussi de quoi faire l’album est truffé de sublimes arpèges de guitare et de gimmicks limite mystiques répétés à l’envi.

S’il ne fallait retenir qu’un album de leur superbe discographie – même si l’idée de passer à côté de tous leurs excellents albums est une hérésie en soit je pencherai pour celui-ci. Il amène leur style incomparable fait de maîtrise de folie et de mélancolie à un niveau supérieur en ratissant tout ce qu’ils ont fait de meilleur en cette décennie. Ce n’est toujours pas l’album qui leur donneront la renommée qu’ils méritent mais il saura trouver une place de choix dans le coeur des adeptes de musique indie.