The Chemical Brothers et The Prodigy se tirent la bourre pour le titre de groupe électro le moins vieux pour assurer les têtes d’affiches de festivals, avec Underworld et Massive Attack en embuscade. Quatre vieilles gloires des années 90, ne lâchant pas le beat et aujourd’hui le duo anglais crache son huitième album. Born in The Echoes prend le relais d’un Further, soutenu par une longue tournée et un film.

Comme toujours, les faux frères ont sorti le carnet d’adresse pour des featurings connus avec St.Vincent et Q-Tip pour deux morceaux déjà excellents. L’intelligence du duo n’étant pas d’inviter des chanteurs pour en faire des marionnettes mais d’en embrasser l’univers pour enrichir le leur. On vous laisse réécouter ‘Setting Sun‘ avec Noël Gallagher, ‘Hey Boy Hey Girl‘ avec Bernard Sumner (New Order) ou ‘Out of Control‘ avec Bobby Gillespie (Primal Scream) pour vous en apercevoir à nouveau.

Les Chemicals n’ont jamais été des adeptes de la comptine. C’est de loin les survivants les plus portés sur la house triturée et des titres comme EML Ritual‘ ont tout ce qu’il faut pour tenir le tempo en soirée et prouver que le poids des années n’a pas fait mollir leurs beats. ‘I’ll see you there‘ est aussi un joyeux bordel aux cymbales fracassantes, un hymne à faire du air drum tout en secouant la tête bien fort. Une autre réussite à noter au compteur d’un disque qui n’en manque pas. Comme cette ‘Go‘ ayant parfois des relents de Todd Terje. L’excellente ‘Sometimes I Feel So Deserted‘ ne rate pas son entrée non plus. Parfois le son se veut bas du front comme l’explicite et minimaliste ‘Just Bang‘. Plus aboutie, ‘Reflexion‘ tient la carte de la transe totalement instrumentale entêtante, là où ‘Taste of Honey‘ tape à côté. ‘Born In The Echoes‘ réveille le côté chelou avec un aspect fantomatique curieux qui ne tient pas hélas sur la longueur même si Cate Le Bon marque par sa prestation. En fin de disque, ils s’essaient aussi à la piste instrumentale crescendo classique des films de SF avec ‘Radiate‘, assez inoffensive malgré la présence de Colin Stetson. Tout comme ‘Wide Open‘ avec Beck peine à convaincre en évoquant par moments l’EDM qu’on retrouve tristement dans nos oreilles à longueur d’année.

Au fil de sa tracklist, le disque s’enfonce en changeant de tempo, en testant les ambiances et tend à nous perdre. A nous faire le coup de l’album balançant les meilleures cartouches dès le départ, les Chemicals jouent les sprinteurs en oubliant qu’il s’agit aussi d’une course de fond. Surtout quand on décide de pondre un skeud aussi long. En fait, ‘Born In The Echoes’ suit le chemin d’une soirée. L’apéro commence fort et met rapidement dans l’ambiance, suivent les titres les plus dansants pour ravager le dancefloor pour une grosse descente en pression jusqu’à l’endormissement en fin de parcours.

Nous n’aurons pas l’audace d’évoquer les 2 bonus tracks qui n’apportent pas grand-chose à l’histoire. Le bilan peut sonner mitigé, la faute à une deuxième moitié moins aboutie mais le constat est plus que positif. A l’heure du huitième album, les Chemical Brothers ont eu le nez fin pour leurs featurings, ont su varier les plaisirs : faire claquer les DB comme laisser les esprits divaguer.

On se voit déjà bien sur la plaine de Rock en Seine si en plus le live ressemble de près à celui exécuté à Glastonbury cette année, hélas récemment retiré de YouTube.