Ayant commencé à faire parler d’eux en Suisse en juillet 2002, Deceit a donc décidé de prendre son temps pour enregistrer leur premier album. Un laps de temps qui aujourd’hui porte ses fruits car le niveau des 11 titres est remarquable. Pratiquant un Grindcore lorgnant souvent vers le Metal, les 4 helvètes impressionnent par leur technicité, mise en valeur grâce à des breaks omniprésents renforcés comme il se doit par des blasts sauvages, le tout consolidé avec des mosh-parts venant vous titiller la nuque et les rotules.

Et là où Deceit appose sa signature, c’est dans les parties de guitares dont les riffs magnétiques donnent du relief métallique à un Grind déjà complexe (‘Pessimist Outlook‘, ‘Third Genocide‘). Et si la production de Jérôme Pelligrini – par ailleurs guitariste au sein des Nostromo – doit être pour quelque chose dans la qualité du disque, cela n’enlève en rien aux talents des Deceit qui se permettent même de jouer avec nos nerfs. Si ‘Perfoming Lithium Deficiency‘ est un beau morceau instrumental en forme de clin d’oeil aux compos les plus rock voire atmosphériques de Nostromo, ‘Dimensional Gate Of Carnivorous‘ permet à l’auditeur, l’espace de dix secondes, de tremper ses tympans dans l’ultra-violence, le Napalm Death en l’occurrence. Enfin, ‘A Theory Of Cognitive Dissonnance‘ et son aspect bien carré, presque Math-Metal évoque les Suédois de Messugah pour lesquels Deceit ont ouvert, rien que ça.

Un autre groupe de Grind suisse, mais qui pourrait bien suivre les traces, voire se faire une place aux côtés de leurs compatriotes aujourd’hui mondialement reconnus, et ce grâce notamment au chant guttural de Jeal nettement différent de celui de Jaja, son homologue au sein de Nostromo. Et c’est bien tout le mal qu’on pourrait souhaiter à cette violente tromperie (deceit en Anglais) dont, effectivement, l’artwork assez moche (caca pour dire le mot) pourrait nous tromper sur la marchandise. Reste plus qu’à voir ce que cela donne sur scène pour nous convaincre pleinement du potentiel du groupe.