Depuis la sortie de leur premier album en 2003, ‘Whore of Violence‘, Carnal Lust a été a juste titre acceuili comme un des nouveaux dignes représentants du death français. Car après 2 démos passées plutôt innaperçues, c’est bien ce premier opus qui leur a permis de percer et d’enchaîner depuis tournée sur tournée autant dans l’hexagone qu’ailleurs en Europe. Mais après cette année de gloire, la formation se voit amputée de son chanteur, Nickro. Oh rage, oh désespoir et surtout, oh merde, c’est con. Mais ce qui en aurait arété plus d’un n’a fait qu’apparement booster les autres membres fondateurs du groupe puisqu’en pas plus de 6 mois, ils se sont retrouvé une voix, mais aussi un bassiste, un gratteux soliste et ont, tant qu’à faire, enchaîné sur l’enregistrement de ce Mcd très justement baptisé ‘Rebirth In Hate‘.

Alors pour ceux qui aimaient l’ancien Carnal Lust, il n’y a pas trop d’inquiétude à se faire, les bases sont les mêmes, mais le sang nouveau a aussi apporté cette petite étincelle d’innovation et de rage, d’envie de survivre. Car plus qu’une renaissance, c’est une vraie résurrection, et ce Rebirth In Hate est bien la preuve que oui, ce qui tue pas rend plus fort.

C’est une entrée en matière toute en violence à laquelle on a droit avec ‘Kingdom Of hate‘, qui après quelques obscures incantations balance des guitares plus lourdes, plus aggressives, en gros bien plus death qu’avant. Quelques secondes plus tard, on a enfin le droit de juger de cette fameuse nouvelle voix, et ce qu’il faut dire en tout cas c’est que le combo n’a pas perdu au change : plus profonde, plus maléfique et malsaine, variant les styles, avec un phrasé haché atypique et une réelle personnalité. C’est donc un vrai leader que s’est trouvé là ce groupe en la personne de L. Chuck D., qui ne manquera pas de faire penser à Chris Barnes de Six Feet Under autant par son timbre que par le charisme qui semble émaner de sa personne.

Les titres s’enchaînent donc et on ne peut que remarquer un travail de composition très élaboré avec des mélodies bien plus présentes et surtout des alternances entre un style rapide et saccadé et un death auquel on avait pas reconnu autant de groove depuis Torture Killer, comme sur les parties ternaires de ‘G.O.D.‘. Les refrains savent se freiner pour nous laisser profiter de la lead magistrale de Nils comme sur le magnifique ‘Soulless Man‘. Bref, l’ensemble est cohérent et il plane sur chaque titre cette ambiance macabre et cynique que les amateurs sauront apprécier.

Au-delà des talents de musiciens se cache en effet un esprit Carnal Lust qui semble avoir bien évolué avec ce nouveau line-up, nottement grâce au lyrics sur le thème général de l’homme qui se prend pour Dieu tout en restant original, parfois abstrait, parfois décalé. On passe donc des réflexions métaphysiques de l’homme sans âme à une note laissée par le dernier homme sur terre, suicidé pour ne pas succomber comme ses compatriotes à l’apocalypse venue d’ailleurs (‘Invasion From Earth‘), la leçon nihiliste du tout étant que le genre humain ne survivra pas à sa propre envie d’aller toujours plus loin.

Un bon groupe tout refait à neuf nous offre un bon Mcd, alors pourquoi s’en priver ? Tout y est sauf la longueur, alors tous en choeur on leur lance un bon gros ‘Beeeuuuuaaargghhh’ qui fait vibrer la glotte pour leur dire qu’il faut vite qu’ils nous pondent un deuxième album avant qu’il y en ait encore un qui parte parce que là, ils sont vraiment sur la bonne voie.