Il y a des chansons comme ça. On les écoute une fois, deux fois, trois, puis on se rend compte qu’elle ne vous lâche pas. La première piste du premier album de The Arcade Fire est ce genre de chanson. Pas qu’elle soit ecxeptionelle. Elle est même plutôt simpliste dans sa composition. Mais ‘Tunnels‘ possède un truc. Une mélodie simple, certes, mais aggrémentée d’une voix qui ne lâche pas l’auditeur, une voix au bord de la rupture, qui monte crescendo, pour finalement laisser place à un choeur féminin. Le ton de l’album est donné, On ne va pas beaucoup rire, mais on va en prendre plein les oreilles. La deuxième, ‘Laïka‘ débute sur un ton un peu plus enjoué, mais attention, toujours pas joyeux, un accordéon (!) vient renforcer le groupe Basse-Guitare-batterie, mais ça reste quand même dans l’acceptable. Un rythme binaire, un rock simpliste et à la limite de la pop, les deux premieres pistes sont absolument superbes.

Grosse surprise, la troisième piste est chantée en Français. ‘Une Année Sans Lumière‘, et son rythme Low Tempo, ne va pas nous redonner le sourire, déjà, vu le titre … Ouais, mais même si on ne comprend quasiment rien, et même en version texte, j’ai du mal à comprendre … cependant, l’effort est louable. Oh putain, The Cure ! ah nan, c’est juste l’intro de ‘Power Out‘ qui sombre ensuite dans la farce la plus totale, une sorte de new wave un peu post punk et un peu bouffonne, dont on ne sait finalement pas trop quoi penser.

Plus loin, c’est ‘Haiti‘ et son chant féminin qui enfonceront encore un peu le clou, avec douceur, avant que ‘Rebellion (Lies)‘ qui est l’avant dernière chanson de l’album, ne déploit ses arguments … Une chanson au bord de la rupture sur les couplets, qui se lâche sur les refrains avant de totalement éclater sur la fin. C’est ‘In The Back Seat‘ qui clôt cet album étrange, et renoue avec ‘Tunnels‘ comme une sorte de boucle. très calme, très lente, la voix de la chanteus porte la chanson, jusqu’à ce qu’elle soit rejointe par une guitare légèrement saturée, toujours en Low Tempo, et de s’envoler dans un ensemble chaotique d’instruments, avant que les violons ne closent cette piste ainsi que l’album.

Funeral‘, drôle de nom pour un cd, mais finalement, comment mieux résumer le premier album deThe Arcade Fire, un groupe capable en dix chansons de créer une émotion énorme, à base de simplicité et de voix sublimes. en tout cas, c’est sûre, ‘Tunnels‘ ne m’a toujours pas lâché.