Eciton ? Jamais entendu parler… Ils ont gagné le ‘Danish Melo-Death Grand Prix’, le plus important tremplin de leur pays ? Tant mieux pour eux… L’ancien batteur d’Iniquity, Jesper Frost, dont le seul jeu peut élever un simple titre et ses quelques riffs fades au rang d’hymne au carnage et au nihilisme a intégré la formation !? Incroyable ! Depuis le temps qu’ils ont splitté et qu’on attendait que ce batteur de génie se trouve un nouveau groupe digne de lui (Thorium n’ayant pas donné de signes de vie depuis un moment…), cette nouvelle ne peut qu’émouvoir. Si mon militantisme en la faveur de l’admission de titres tels que ‘The Bullet’s Breath‘ ou ‘Border Into Shadow‘ dans les programmes officiels des écoles de batterie à travers le monde n’a toujours pas porté ses fruits, au moins le talent incomensurable de Jesper ne sera pas resté trop longtemps innexploité.

Mais passons plutôt à Eciton puisque c’est bien d’eux qu’il s’agit ici. ‘Opressed‘ étant leur premier album, on ne sait pas encore trop à quoi s’attendre en se lançant à l’écoute du premier titre, ‘Butchering The Helpless‘. C’est un court monologue sur l’opression et la dictature d’un gouvernement dont l’origine ne sera pas précisée qui entâme ces 34 courtes minutes de death sans concessions. Les hostilités commencent donc très fort, dans un déchainement de double-pédale moins subtil que ce qu’on pourrait attendre de Jesper mais néanmoins très efficace et une guitare rythmique très…rythmique, qui martele un riff percutant mais très répétitif. Malheureusement, si cette composition en elle-même, loin d’être un chef-d’oeuvre, reste écoutable, le son global a vraiment tendance a en pâtir dans les moments de bourrinnage le plus total, saturant la fragile oreille de l’auditeur de bruits indésirables, de niveaux innégaux et d’un résultat final bien peu encourageant.

Bon, passons outre ce ‘détail’ qu’on mettra sur le dos d’une production un peu baclée pour s’intéresser à la suite, qui réserve tout de même quelques bonnes surprises. Dès ‘Cynical Exploitation Of Mankind‘, qui confirme bien la tournure et le message profondément humaniste, anti-capitaliste et révolutionnaire du groupe, on aura droit au petit plus qui fait préter une oreille un peu plus attentive dans un lead à deux guitares parfaitement harmonisé dont les sonorité étonnement éxotiques rapellent beaucoup les envolées aériennes de Nile. Ce genre ‘d’écarts’ du death, il faut bien l’avouer, plutôt basique que la formation pratique sur une grande majorité de cet album fait d’autant plus plaisir qu’il a tendance à se répéter à intervalles plutôt réguliers, que ce soit à l’occasion d’un break (‘Fuck Your World‘, qui penche vers le grind nihiliste) ou d’une intro, comme sur le particulièrement réussi ‘Slaughter Of The Innocent‘. Ce titre regroupe à lui seul tous les schémas classiques qui font un bon titre de death : de longs couplets mitraillés accompagnés d’une voix hachée et gutturale au possible, un riff chaotique, innintérompu et surtout éxécuté avec une rapidité inumaine et un pont mid-tempo qui fait remuer la tête, le tout soutenu par une technicité sans failles.

Eciton sait surprendre également, comme avec ce ‘Someone Suffers‘ qui fait cohabiter une première partie groovy proche de Six Feet Under et une suite mélant une rythmique torturée dans l’esprit d’Iniquity (enfin on retrouve le jeu unique de ce fameux Jesper) et une guitare assénant un riff à la mélodie très sombre et malsaine.

Malheureusement, ‘Opressed‘ dans sa globalité manque cruellement de profondeur, d’âme et d’une ambiance propre à lui. On ne doute pas du talent de ces quatre musiciens déjà bien expérimentés, mais l’esprit de groupe ne semble pas toujours au rendez-vous. Alors quand en plus la production n’assure pas une clarté irréprochable, et c’est particulièrement vrai dans le cas d’un death aussi brutal et lourd, ça devient vite ennuyeux. Quelques bonne idées donc, mais qui n’empêcheront pas l’auditeur de se poser une seule question tout au long de ces neuf titres : à quand la reformation d’Iniquity…?