In-Quest, ce sont un peu les Fear Factory belges. Avec leur quatre albums, et surtout avec le dernier en date, ‘Epileptic‘, ils ont réussi à se forger une réputation en béton nottement grâce à la présence au sein de la formation de Sven De Caluwe, formidable hurleur de Aborted et autres. Mais alors qu’apprends-je ? Sven n’est plus de la partie et a été remplacé par Mike Löfberg, suédois de chez Blockhead ? En même temps il pouvait se le permettre de lacher une groupe, il lui en reste moulte autres… Mais est-ce le début du déclin pour In-Quest ? Point du tout ! ‘Comatose Quandaries‘, ce quatrième album relève plutôt d’un énorme progrès et d’une évolution vers quelque-chose de nouveau et positif que d’une perte de vitesse.

Mais alors quoi de neuf pour In-Quest… Pour ceux qui ne connaissent pas, le quintet belge produit un death aux accents industriels, métalliques, embelli d’effets, samples et autres arrangements qui rendent le tout riche et complexe même si quelque fois assez froid. Froideur encore accentuée par la précision mécanique et chirurgicale des musiciens. Ça rappelle souvent Meshuggah pour les structures et les effets, beaucoup Fear Factory pour l’ambiance générale, l’atmosphère mélangeant termes cliniques et technologiques, mais globalement la brutalité l’emporte sur les mélodies. Ceci est d’autant plus vrai avec l’album dont il est question, puisque le groupe a su habilement mélanger à tous ces lourds mid-tempos aux rythmiques chaotiques qui font sa marque de fabrique un taux relativement plus élevé de blasts rageurs qu’auapravant.

Il suffit d’entendre quelques secondes de ‘Difuse Pattern Recognition‘ pour comprendre à quel point la brutalité (qui ne va pas nécessairement de paire avec la rapidité) va prendre au long de l’album de plus en plus souvent le pas sur la nuance. Cela est d’ailleurs en grande partie du à la voix de Mike qui, très loin d’immiter Sven, sait imposer sans problèmes son timbre rugeux, plus épuré et résolument plus axé hardcore que celui de son prédécésseur. Sa voix est également plus facile d’accès pour ceux qui n’apprécient pas forcément les grognements caverneux pur death.

Au niveau des compositions, on aura droit à tout. Allant du classique ‘Audiotoxic Binaries‘ et ses riffs hachés à la rythmique complexe à l’extraordinaire pont en lead planante de ‘Systematic Arhytmetic Hate‘ en passant par la quasi-instrumentale aux accents de marche militaire ‘Warpath‘ et son intro entrainante, on ne peut se lasser une seconde de découvrir les nouvelles trouvailles de ces copositeurs décidément très inspirés. En parlant d’intro, certaines sont de véritables petits bijoux comme celle de l’envoûtante ‘Socioneutral Geneticism‘ et son chant clair qui mène a une montée en puissante extraordinairement efficace ou encore celle de ‘Comatose Quandaries‘, et son mitraillage précédé d’un sample qui rend la surprise encore plus percutante. Des samples, d’ailleurs, on en trouve pas mal et assez judicieusement placés, juste assez recalés au second plan pour ne pas devenir envahissants.

Pour ce qui est de la production, c’est impressionnant de voir à quel point le son global dégage une sensation de simplicité malgré tous les effets qui l’englobent. Il suffit d’écouter l’intro de ‘Warpath‘ pour se rendre compte qu’on est pas obligé d’avoir une grosse caisse qui sonne comme une boite en carton pour faire du death. De l’ampleur, ce son en a indéniablement et encore une fois on ne peut que constater que Tue Madsen sait ce qu’il fait. Ceux qui ont apprécié ‘Epileptic‘ aimeront donc aussi sans aucun doute ‘Comatose Quandaries‘. Alors oui, les riffs de ‘Crytron Frequency‘ et son solo, ceux de ‘Sigmoid Signal‘ et quelques autres ressemblent à s’y méprendre à du Meshuggah…Mais c’est très lourd, assez original pour qu’on ait pas à s’ennuyer et même si c’est loin d’être une révolution dans quelque domaine que ce soit ça reste d’un tel niveau que ça serait dommage de passer à côté.