La Fin des Temps!’ C’est ce que nous annonce AqME pour son retour un an à peine après la sortie de ‘Polaroïds & Pornographie‘. Tout comme Paco Rabanne à l’époque, nous nous poserons une seule et unique question : alors cette fin des temps, elle arrive vraiment avec ce nouvel opus ?

Que les choses soient claires : le chant de Koma m’agaçe. Non pas qu’il ait tendance à chanter faux (quoique parfois, on doit avouer qu’il frôle la limite) mais un type qui donne l’impression de porter le poids du monde sur lui et de le recracher dans son micro au milieu des larmes sur fond de gros de riffs métal, ça me paraît pas vraiment crédible même si d’autres l’ont déjà fait avant. Passé ce petit problème purement subjectif, on va pouvoir s’atteler à l’écoute de ‘La Fin Des Temps‘. Paraît-il que l’on a droit cette fois-ci à une production plus lechée. Il faut bien l’avouer : c’est le cas. Un rendu impecc’ au niveau des saturations de guitares : pile poil ce qu’il faut. On remercie Steve Prestage qui a d’ailleurs déjà bossé pour Black Sabbath, Peter Gabriel… Au niveau du chant, le bât blesse (et ce en toute objectivité). On se demande alors combien de filtres ont été posés sur les vocales pour que ça ressemble à une performance de Bernard Minet chantant un quelconque générique de manga à la sauce métal (‘Pas assez loin‘, ‘Ténèbres‘). C’est dommage, d’autant qu’on sait parfaitement qu’AqME sur scène, c’est toujours différent de ce qui se fait en album. Résultat : un disque lisse, presque trop. L’ex-trio membre de la Team Nowhere, à force de lissage intensif et d’épurage perd de sa force originale, digne d’une bonne publicité de produit aseptisant.

Et ça ne s’améliore pas avec le reste : les mélodies bien qu’accrocheuses semblent se ramollir sous les frappes de batteries lentes. Toutes les introductions annoncent à chaque fois le meilleurs à venir, sauf que sur la longueur la lassitude pointe le bout de son nez. C’est plat malgré toutes les bonnes idées posées sur ‘La Fin Des Temps‘. D’une, bien que l’album ait pris volontairement une tournure moins métal que pour ‘Sombre Efforts‘ ou même ‘Polaroïds & Pornographie‘ -ce qui en soi, n’est pas une mauvaise idée même si la plupart des groupes ayant récemment sorti un album plus rock qu’autrefois s’y sont lamentablement plantés- les titres gardent ce côté sombre propre à AqME. Le style du groupe est ici clairement défini et il faut croire qu’AqME continuera toujours sur cette voie. Sauf qu’à force d’en faire trop, on sature. De deux, les paroles. Il est indéniable que le Koma soit talentueux sur ce point crucial. Sur papier en tout cas ou alors je dois être sacrément psychorigide : un type qui me parle de la lumière d’un ange qui réchauffe son coeur sur fond de riffs assourdissant, j’adhère moyennement. Mais là, je languedeputasse.

Et finalement vient ‘Le Poids des Mots‘. Gros morceau. On se croirait revenu à l’époque où AqME était encore un petit groupe inconnu qui balançait ses démos à qui voulait. On se remet à croire qu’il y a de l’espoir tant le morceau est prenant, tant on commence enfin à croire au message passé par le groupe. Au point d’espérer que l’ancienne scène néo-métal française puisse un jour se relever et non pas tomber dans cette soupe insipide qu’on nous sert sur les ondes radios. D’ailleurs, quelques petits passages dignes de ce titre sont disséminés dans ‘La Fin Des Temps‘ (‘La Belle Inconnue‘ aux riffs torturés) , relevant un minimum le niveau. Alors ? AqME est un groupe sur qui on ne pourra compter que lorsqu’ils cesseront de se la jouer mélodique aseptisé sous un semblant d’ambiance glauque ? Pas sûr, parce qu’il faut tout de même avouer que ‘Ainsi Soit-Il‘ passe haut la main ce petit exercice de style qui n’en est d’ailleurs plus un. Mais bon, c’est tellement peu… et tellement suffisant pour plaire à la masse. En fin de compte, AqME amputé de Koma, ça pourrait être une sacré grande claque.