Après un premier album ‘This Quietness Booms About On The Walls Like Birds In Panic‘ au titre aussi long que la liste des critiques positives dans la presse spécialisée, Tang se devait de faire aussi bien si ce n’est mieux s’il voulait faire une nouvelle fois l’unanimité. Pour cela, le groupe a mis toutes les chances de son côté : après une session d’enregistrement au studio Feeling à Tourcoing avec David Beckandt, il s’est offert un voyage au pays d’Ace Of Base pour squatter le studio Tonteknik à Umea, celui qui a accueilli par le passé Refused, Poison The Well, The Hives, et passer quelques bons moments aux côtés de Magnus Lindberg (Cult Of Luna) responsable du mixage. Le résultat : ‘Another Thousand Days, Out Of This World‘, un album qui, sans aucun doute, ravira ceux pour qui ces milles jours d’absence loin de ce monde ont semblé long, très long….

Car, oui cet album est bon et ce pour trois raisons très simples.

Le travail accompli par nos deux amis du Nord, l’un de la France, l’autre de l’Europe est tout à fait remarquable. Loin de moi l’idée de critiquer celui de Stéphane Buriez sur le précédent opus qui reste de bonne facture mais les deux ‘nordistes’ ont été plus à même de répondre aux attentes du groupe, de lui donner une production plus adéquate à ce style de musique. Tout au long des 10 titres (40 min. environ) on jubile donc à l’idée que Tang a enfin le son qui lui est dû et pour cela, on ne peut que les féliciter d’avoir fait ce choix si judicieux. Plus organiques, moins froides, les guitares se font plus tranchantes, la basse plus présente mais plus douce et la batterie plus percutante.

Même si Tang utilise la même recette, celle d’un mélange savoureux d’emocore, de post-hxc et de noise à l’image de ‘Waiting For The Dragon Lady‘, un titre de plus de 6 min. qui nous fait voguer entre ces diverses influences, il faut avouer que les compositions ont gagné en maturité. Plus aérées, plus réfléchies, elles vont directement à l’essentiel et remplissent à merveille leur objectif, celui de nous émouvoir. Car, l’émotion est ici encore plus présente que sur This Quietness (…) Comme sur ce ‘Our Childish Behaviours‘ dont la session rythmique parfaite emmenée par des guitares plaintives nous enlève dans un tourbillon sonore que seul un break vient interrompre pour mieux nous entraîner dans une chute dont on ne sait voir la fin. On reste là, le regard hagard comme si l’on venait de comprendre que ce que l’on a perdu ne reviendra pas. Oui, la musique de Tang est une musique qui vous pousse à l’introspection. Mais il n’y a pas que votre esprit qui est pris à parti, votre corps aussi avec ‘World Necklace‘ dont le battement accéléré rappellant celui de votre pouls est brisé par un mur de guitares rageuses ou comme sur ‘Ripples Of A Forgotten Radio‘ où l’ombre d’un Yage n’est pas loin. ‘Another Thousand Days‘ (…) vous plonge dans un univers torturé où la mélancolie n’a pour seule amie que la fureur à peine contenue, où le cri et le piano (‘The Highest Branch‘) n’est pas un contraste mais une normalité. ‘Loma‘ finit de nous achever en nous noyant dans un torrent d’émotions.

Vous faut-il vraiment une troisième raison pour vous lancer à l’écoute de cet opus ?

1000 jours ont passé et Tang revient en forme. Loin d’avoir bu la tasse, le groupe nous livre là un album aux ambitions clairement affichées, celles de nous amener vers « un nouveau monde d’intensité, d’émotions et de passion ». C’est réussi ! Un vrai petit joyau d’emo(lu)tion !