L’année dernière, les polonais de Vader sortaient ‘The Art Of War‘, un MCD six titres qui, on aurait pu le croire, annonçait un changement de cap dans la musique du groupe : des riffs plus complexes et modernes, des tempos encore plus poussés que d’habitude… Bref, une bonne grosse tuerie qui laissait présager d’un excellent prochain album. Il aura tout de même fallu l’attendre encore une longue année ce fameux album, mais il est bel est bien là et il se nomme ‘Impressions In Blood‘.

Et depuis qu’il est en préparation, Peter, leader de la formation, ne s’est pas gêné pour faire saliver les fans, prométant des compositions plus brutales que jamais, ou encore un opus qui relèverait encore la barre qu’avait fixé le monumental ‘Litany‘ il y a déjà six ans de cela. Joli programme, mais au final la question qu’on a envie de poser c’est si oui ou non ce petit dernier a su garder la pêche et la fraîcheur grâce auxquelles ‘The Art Of War‘ avait sû surprendre tout le monde ?

En tout cas on se rend vite compte que s’il y a bien une chose qu’Impressions In Blood a retenu de son prédécesseur, c’est son côté symphonique grandiose et tous ses accents épiques qui se manifestent sous la forme d’intros accompagnées d’ensembles de cordes, cuivres, percussions guerrières et autres instruments divers qui donnent cette inspiration très théatrale au tout. ‘Between Day And Night‘ c’est donc le nom de ce court prologue orchestral qui met tout de suite dans l’ambiance de l’album. Les intros de ‘Predator‘ ou encore ‘The Book‘ sont d’autres exemples de ces parenthèses classiques qui même si elles n’ont rien de révolutionnaire contribuent à installer le sentiment de puissance et de grandeur qui règne sur ces onze titres.

Pour ce qui est du reste, ou plutôt du principal, pas d’inquiètudes, le groupe n’a en fait pas dévié tant que ça du style qu’il pratique depuis toutes ces années. Vader c’est donc du death très rapide, plutôt technique et basé en très grande partie sur une utilisation presque savante et scientifique du blast. Rares sont en effet les groupes à avoir développé un savoir aussi poussé du bourrinnage. ‘ShadowsFear‘, le titre qui ouvre les hostilités, en est un parfait exemple : le tout commence par des riffs à leads superposées aux mélodies subtiles sur un mitraillage de double pédale pour enchaîner sur des couplets plus thrash terminés par un solo bien oldschool, chaotique comme il faut et à toute vitesse.

Et les compositions de ce ‘Impressions In Blood‘ sont pour la plupart construites de manière très similaire. Du coup, comme d’habitude avec Vader, après avoir écouté n’importe quel titre ou presque, on a l’impression de s’être fait emporter, trainer et écraser par une déferlante sonore des plus impressionantes. Le genre de murs de sons implacables qui rendent les quelques secondes de silence qui les suivent presque inquiétantes. Mais s’il a sû garder l’aspect inhumainement brutal de ‘The Art Of War‘, ce nouvel opus n’a pas non plus laissé tomber la grâce et le côté plus aérien qui m’avait personellement énormément plû dans ‘The Beast‘.

Et oui, nottament avec ‘Predator‘ qui ralentit le tempo en plein milieu de l’album, on retrouve le caractère plus envoûtant et atmosphérique du groupe comme avaient sû le révéler auparavant de magnifiques titres tels que ‘The Sea Came In At Last‘ ou ‘Creatures Of Light And Darkness‘. En parlant de comparaisons, si on devait désigner le gros défaut de cet album, ce serait sûrement celui de rappeler trop souvent d’anciennes compositions du groupe. ‘Red Code‘ sonne comme un ‘Torch Of War‘ bis, la lead de ‘Warlords‘ rapelle étrangement celle de ‘Reign Forever World‘, ‘They Live‘ possède de grosses similarités avec ‘Silent Empire‘ et les exemples ne manquent pas. Ceux qui ne sont pas si familiers que ça avec la discographie du groupe n’y verront aucun problème. Ceux qui le sont risquent par contre de retrouver très souvent des tournures rythmiques et mélodiques déjà entendues à maintes reprises.

Impressions In Blood‘ est donc un bon album, efficace, profond et qui s’écoute beaucoup plus facilement que ‘The Beast‘. Du coup, il surprend beaucoup moins aussi et n’est peut-être pas exactement aussi original que ce qu’on attendait suite à ‘The Art Of War‘. Sans conteste aussi brutal que ‘Litany‘, mais peut-être pas encore aussi inspiré.