4 Novembre. Cette date à priori anodine pour nous français est lourde de conséquences aux States, puisque vous n’êtes plus sans savoir qu’elle désigne très souvent le nouveau président des Etats-Unis (pour cette fois, c’est un certain Baraque en Alabama). Mais il était évident que cela ne pouvait se disputer en amont sans l’intervention musicale (aussi minime en termes d’impact soit-elle) du super héros accordé en D Tuning, The Nightwatchman.

Après un premier album lorgnant du côté du blues et de la folk, Tom Morello nous est revenu il y a quelques semaines avec un premier single plutôt sympathique, ‘Whatever It Takes‘ (célèbre formule visible sur ses guitares). Entraînant à souhait et peut-être plus fédérateur encore qu’à l’accoutumée, Tom peut ici compter sur sa une gratte dont le style évoque quelque peu la période Audioslave. Pour le reste de l’album, l’artiste reste dans le registre qu’il a abordé avec ‘One Man Revolution‘, une folk revendicatrice (le titre ‘The Fabled City‘ qui ouvre l’album en témoignant).
Et si l’album démarre plutôt sur des titres bénéficiant d’une certaine rythmique et donc agréables à écouter (‘The King Of Hell‘ sur lequel la voix façon Johnny Cash fait merveille), ‘Night Falls‘ plus lent se révèle tout aussi agréable malgré son côté un peu convenu accentué par le piano et les interventions sporadiques de violon. Ces arrangements musicaux plus riches ne suffisent pas pour autant à en faire de bons titres à chaque fois (‘The Lights Are On Spidertow‘ et sa guitare sautillante volée aux Gipsy Kings). Pas plus que la rythmique, puisque force est de constater que ‘Saint Isabelle‘ ne remportera pas plus les suffrages si ce n’est en Irlande d’où l’inspiration musicale semble avoir été prise ! Et même si les arrangements sont souvent soignés, recourrant ici par exemple à l’harmonica ou encore la mandoline, à l’inverse la voix de Morello ne peut suffire. Cela a beau être (selon moi) un atout chez l’artiste grâce à son timbre entre Leonard Cohen et Johnny Cash, elle ne peut pas toujours se révéler bouleversante (pour preuve, l’aride ‘Midnight In The City Of Destruction‘ accompagné de la simple gratte acoustique sur près de 5mn ou encore l’ennuyeux ‘Rise To Power‘ qui clôt l’album).
Et si Tom se permet une incursion irlandaise, il en fait une autre plus tard au pays de Walker Texas Ranger sur ‘The Iron Wheel‘ que l’on zappera assez aisément nous européens, car comportant un featuring vocal de Shooter Jennings, chanteur de country faisant ici… de la country ! Plus intéressant, la participation de son gauchiste de pote Serj Tankian sur ‘Lazarus on Down‘, à priori anecdotique, les choeurs de Serj font néanmoins leur effet avec ce titre mid-tempo servi par un délicat piano et des arrangements musicaux d’une grande finesse.

Alors je vous le dis, j’aime Tom Morello, j’ai même aimé le premier album avec la surprise qu’il représentait, prouvant que Tom était capable de se diversifier malgré sa lourde étiquette qu’il se trimballe en tant que zicos mais, je dois dire que The Fabled City ne bénéficie plus de cette surprise. On se retrouve du coup avec un album « convenu » pour le vengeur musical qui ne recèle que peu de surprises (pour la plupart peu agréables) là où on aurait aimé entendre Tom avec des titres dans la lignée de ‘Whatever It Takes‘. Le registre folk montrant quelque peu ses limites quand on sait de quelles prouesses est capable le vengeur musical.

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