Sidilarsen, ils pourraient nous balancer un album dance-metal à chaque fois, on ne leur en voudrait même pas. Et puis ‘faut avouer que l’accent toulousain rend le groupe encore plus sympathique. Bref. Avec ‘Une nuit pour sept jours‘, le quintette cite comme influences Rammstein, Nine Inch Nails, The Prodigy et… Noir Désir. Dans l’idée de faire un disque coup de poing ?

Un vrai album de Sidi’ ne peut pas commencer sans son premier titre bulldozer, et ‘Deuxième Vie‘ remplit parfaitement son rôle. Carré, puissant, remuant, martial. Excellent. Toujours dance-metal les toulousains ? Non, pas tant que ça. Ce troisième album comporte son lot de ‘tubes’ (quel mot de merde — ‘Acide Occident‘, ‘Jusque sur Mars‘, ‘Retourner la France‘), mais l’ensemble est beaucoup plus rock. Et le rock, ce n’est pas ce qu’ils font de mieux, à l’image du titre ‘Le prochain été‘. Le single ‘En Vidéo‘ représente bien la nouvelle facette de Sidilarsen : pas fade, mais pas transcendant. Le genre de truc que les gars n’ont pas réellement laissé entrevoir dernièrement. Il faut avouer que le reprise du ‘Breathe‘ de The Prodigy, mise en ligne en juillet dernier, et absente de cette galette, m’avait donné pas mal d’espoir.

Avec ‘Une nuit pour sept jours‘, les toulousains ne frustrent pas. Ils intriguent. Encore plus engagé qu’auparavant, Sidilarsen appelle plus à la réflexion en mettant légèrement de côté le défoulement – même si ‘Appel à la résistance‘, aux paroles aussi bancales que l’intitulé, mais aux instrus agréablement survoltés, est belliqueuse à souhait. Mais maintenant que Noir Dez’ est devenu une blague, il faut bien leur trouver des remplaçants dans la catégorie ‘rock français engagé’, et dans ce rôle-là, Sidilarsen est bien plus supportable que Luke, Enhancer ou les néanmoins agités Mass Hysteria.